Le chantier du LEB épuise les riverains et les ouvriers

Transports publicsL’obligation de tenir les délais induit des cadences de travail infernales et des nuisances difficiles à supporter

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Armin Renggli est en arrêt de travail depuis quelques jours pour cause d’accumulation de fatigue. «Je suis pilote de ligne, je ne peux pas me permettre de m’assoupir», justifie ce Prilléran d’une voix douce.

Son manque de sommeil est dû à une cause contre laquelle il est difficile de lutter: le chantier marathon de la nouvelle gare Union-Prilly du LEB et, surtout, du croisement qui permettra aux trains de desservir la gare du Flon toutes les quinze minutes.

«Au départ, on nous avait annoncé vingt-cinq nuits de travaux. Nous en sommes à plus de huitante», soupire l’épouse du pilote, Mariana. Après de multiples démarches, le couple vient de porter plainte auprès de l’Office fédéral des transports.

Leur calvaire va durer jusqu’au 9 décembre, date d’entrée en vigueur de l’horaire 2013. «Ces travaux nocturnes sont indispensables pour que la cadence de quinze minutes entre Cheseaux et Lausanne puisse être introduite avec le nouvel horaire», explique, compatissant, le directeur de la compagnie de chemin de fer, Ulysse Gachet.

Une cadence qui est souhaitée par la compagnie depuis l’ouverture de la gare du Flon en… 2000. «Nous savions dès le départ que la grande promiscuité des lieux rendrait le chantier très pénible pour le voisinage», ajoute le directeur.

Imprévus retardateurs
Directeur du bureau d’ingénieur qui supervise le chantier, Olivier Tappy apporte quelques explications quant à ces nuits supplémentaires. «Les terrains étaient de moins bonne qualité que ce qui était prévu. Cela a engendré des travaux supplémentaires dans un planning qui ne pouvait être étendu. Actuellement, la SUVA nous interdit d’utiliser la grue lorsque les lignes sont sous tension, ce qui nous oblige à réaliser certaines opérations de nuit. Enfin, alors que le planning originel était établi sur huit mois et demi, nous n’avons pu commencer les travaux que six mois avant la date limite. Malgré les efforts fournis, nous n’avons enfin probablement pas débuté le chantier de manière assez intensive.»

Ajoutez encore les intempéries de cet automne qui ont noyé le chantier et vous obtenez une situation qui met tous les intervenants sous pression.

«On veut dormir»
Outre le travail de nuit, le doublement des équipes et la fermeture en journée de la route qui longe le chantier ont aussi permis d’accélérer le tempo. Une rythme intense sans lequel le travail aurait pris trois mois supplémentaires.

En revanche, le remplacement des trains par des bus pour dégager les voies n’était pas possible, selon Ulysse Gachet. «Nous ne le faisons que durant les périodes de vacances ou le week-end, et ce n’est déjà pas très concluant, constate le directeur. Or, un jour de semaine, à l’heure de pointe du matin, la fréquentation horaire atteint 1500 passagers, soit près du double d’un samedi. Transférer ces gens dans des bus est techniquement irréalisable.»

Toutes ces justifications laissent froids Armin et Mariana Renggli, dont la chambre à coucher donne précisément sur le chantier. «Ce n’est pas à nous de payer les erreurs des autres», estime le couple. Les Renggli ne sont pas seuls à se plaindre de ces dérangements. Le tag «LEB: non. On veut dormir» écrit le long d’un escalier témoigne de ce mécontentement. Leur calvaire s’arrêtera dans deux semaines, moment où ils pourront profiter de la nouvelle fréquence du petit train. En attendant, les Renggli dorment à l’hôtel, payé par le LEB.


«Un des plus difficiles de ma carrière»

«Nous sommes allés au bout de ce que l’on pouvait faire.» Christophe Martin est le patron d’une des entreprises qui intervient sur le chantier. «Ce chantier est un des plus difficiles de ma carrière d’entrepreneur. Il est techniquement très pointu, il faut faire très attention à la sécurité, et le planning était dès le départ très serré.» Entre les trains qui traversent le chantier toutes les quinze minutes – cadence à trente minutes actuellement, mais passage une fois dans chaque sens –, les lignes électriques, les travaux nocturnes ou les opérations coup-de-poing de septante-deux heures d’affilée, ses ouvriers ont été mis à rude épreuve.

«Toute l’organisation de l’entreprise a été chamboulée. Nous avons dû engager du personnel temporaire et multiplier les demandes auprès de la commission paritaire pour obtenir les autorisations de travailler de nuit.» Christophe Martin s’est lui aussi rendu plusieurs fois sur le chantier en pleine nuit. «Je tiens à dire un grand merci à toutes mes équipes, ainsi qu’aux riverains, dont la très grande majorité a été compréhensive et agréable.» Et de se souvenir de ces trois grands-papas venus cet été en pyjama en pleine nuit pour regarder les travaux. (24 heures)

Créé: 27.11.2012, 07h00

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