Une charte «Label Nuit» pour pacifier les nuits lausannoises

PréventionL'opération prévention et sécurité qui engage aussi bien le personnel que la clientèle est lancée. Aucune d’obligation d’y adhérer.

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La prévention. Voilà le nouveau dada de la Ville de Lausanne. Après la campagne contre le harcèlement de rue, les autorités dévoilent l’état de leur réflexion et surtout leurs nouvelles actions pour apaiser les boîtes de nuit lausannoises. Et avec eux les citadins.

Le dada ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans une série de mesures mises en place dès 2012 qui ont notamment abouti à la mise sur pied de l’équipe des correspondants de nuit. «En Suisse, nous avons du retard en matière de prévention, dit le municipal en charge de la Sécurité et de l’Économie Pierre-Antoine Hildbrand. Or, on sait, notamment grâce à des études de l’OMS, que c’est dans ce domaine que l’argent est le mieux dépensé.» Les responsables de la prévention ne disent pas autre chose. «En 2014, un rapport sur Lausanne avait clairement montré qu’il fallait rapprocher notre action des établissements nocturnes.»

C’est donc dans leurs murs que les mesures annoncées lundi vont se déployer. Le but: sécuriser les nuits, mais aussi améliorer l’image de la ville et «niveler vers le haut» les pratiques des clubs. Deux axes prioritaires ont été définis, sous la houlette de GastroLausanne, pour pouvoir obtenir le «Label Nuit» de Lausanne.

Employés des clubs

La formation d’abord. Les clubs sont encouragés à faire suivre à leurs employés – les agents de sécurité mais pas uniquement – des cours pour prévenir et lutter contre le harcèlement ou l’usage de substances, par exemple. Et à mettre en place des dispositifs de premiers secours. «Nous sommes en train de travailler pour que les petits clubs bénéficient de subventions pour acquérir un système de premier secours, détaille Thierry Wegmüller, président de GastroLausanne et patron du D! Tous les grands clubs ont leur propre dispositif depuis longtemps.» Une partie des 10'000 francs annuels déboursés par Lausanne sur trois ans pourrait aussi servir à financer cet aspect sécuritaire, tout comme à diminuer la facture des formations.

L’autre volet s’articule autour de la communication. Des panneaux qui détaillent les responsabilités du personnel aussi bien que celles de la clientèle seront affichés et déclinés dans les établissements qui souhaitent adhérer au mouvement. Les premiers s’engagent à accueillir les seconds avec respect. À prévenir la violence, mais aussi à assurer une surveillance dans les abords immédiats des boîtes. Le deal sera aussi immédiatement dénoncé, comme c’est déjà le cas, assure-t-on. La surveillance vidéo pourrait aussi être intensifiée.

Clients aussi responsables

Les fêtards, eux, sont encouragés à la solidarité et à la bienveillance entre eux et à la bienséance envers les professionnels. Les très classiques avertissements sur les vols ou la surveillance de ses boissons complètent logiquement le tableau.

L’action vise «pour le moment» uniquement les quelque vingt-cinq clubs que compte officiellement Lausanne. Et pas les bars. Personne n’est par ailleurs obligé de se plier à ce label. L’idée étant plutôt de placer une «norme» incitative, portée par GastroLausanne. Mais les boîtes pourraient bien trouver un avantage commerçant à se lancer dans l’obtention du label, en plus de l’évident gain d’image et de professionnalisme qu’il apporte. C’est qu’une démarche est en cours en partenariat avec l’Office du tourisme de la ville. Avec pour objectif d’offrir aux touristes une carte qui ferait la promotion d’un circuit «Label Nuit». Une brochure de promotion faisant figurer ceux qui jouent le jeu est aussi au programme.

À côté de la fête, les professionnels de la prévention impliqués dans le label (Be My Angel de la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme, l’équipe Georgette in Love de la Fondation PROFA, le Levant - CAP Centre d’aide et de prévention et AACTS pour la région de la Riviera) ainsi que les patrons de clubs s’engagent aussi à collaborer pour des actions ciblées. Les patrons de clubs souhaitent aussi relancer annuellement «C’est beau Lausanne la nuit», dès août 2019, via des portes ouvertes, des tables rondes ou encore des conférences. (24 heures)

Créé: 14.05.2018, 16h54

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