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Le chasselas efficace contre le coronavirus?

Une cave de Puidoux vante les vertus du chasselas contre le Covid-19 dans une publicité décalée

Bryan Tettoni, administrateur de la cave Arc-en-Vins, a réalisé son faux magazine par le biais d'un site internet.
Bryan Tettoni, administrateur de la cave Arc-en-Vins, a réalisé son faux magazine par le biais d'un site internet.
DR
La mise en page fait réellement penser à un magazine santé.
La mise en page fait réellement penser à un magazine santé.
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Les informations au coeur du texte sont presque toutes vraies... sauf l'info de base: le chasselas n'a aucune vertu contre le virus.
Les informations au coeur du texte sont presque toutes vraies... sauf l'info de base: le chasselas n'a aucune vertu contre le virus.
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Le cépage roi de notre canton pourrait-il nous prémunir du coronavirus? C'est ce que prétendent deux scientifiques interrogés dans la revue «Santé», le magazine romand de la santé, dans son édition du mois de mars 2020.

Selon eux, «boire une bouteille de chasselas par jour réduirait de 99% la chance d'être atteint par le virus». La raison: les vitamines, oligo-éléments et acides organiques contenus dans les baies de fendant roux. Mais aussi, la fermentation qui transforme le sucre en alcool, «meilleur stérilisant et désinfectant pour le corps humain».

Le hic, c'est que le magazine «Santé» n'existe pas. Et que les deux «experts» sont en fait le vigneron-œnologue Sébastien Chappuis et le gestionnaire Bryan Tettoni, de la cave Arc-en-Vins à Puidoux. «On essaie d'innover un peu au niveau de la communication», sourit le deuxième, auteur de la fausse publication.

Postée le 3 mars sur Facebook, elle a déjà touché plus de 14'000 personnes, indique-t-il. Un bon score pour le duo qui mise sur ce marketing réservé aux réseaux sociaux pour faire parler de la cave de Lavaux et toucher une nouvelle clientèle.

En décembre, les deux cousins avaient déjà frappé avec leur bouteille de Dézaley scotchée au mur et prétendument vendue 462'000 francs, évoquant une certaine banane d'art contemporain...

#fakenews

N'ont-ils pas peur d'être pris au premier degré et de provoquer une crise sanitaire augmentée d'un taux élevé d'alcoolisme? «Je ne crois pas qu'on puisse prendre cela au 1er degré, réagit Bryan Tettoni. C'est typiquement une «fake news», où presque tout est vrai (ndlr: des infos sur le raisin et le vin aux recommandations de la Confédération en passant par les formations des experts, Changins et la HEIG-VD!) mais l'info de base est fausse.» Le hashtag #fakenews accompagne d'ailleurs la publication Facebook.

La publicité décalée est aussi un appel à consommer du vin suisse, dans une période de morosité. Les experts d'Arc-en-Vins le disent: «À ce jour, les résultats de nos recherches n’ont pas été concluants pour les vins issus de l’étranger.»

Bryan Tettoni admet un certain agacement, comme lorsqu'il feuillette le dernier magazine de Denner. Swiss Wine Promotion a payé une pleine page de publicité. En face, Denner vante les crus de ses étals: que des vins étrangers.

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