Chassez les corbeaux freux, ils reviennent illico

LausanneLa Ville de Lausanne s’est chargée jeudi matin de détruire les nids de ces volatiles trop bruyants pour leurs voisins humains.

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Figures acrobatiques, jeudi matin au bas du Valentin. Des taches orange fluo mènent un drôle de bal entre les branches d’un gigantesque hêtre rouge. Les bûcherons, horticulteurs et autres employés du Service des parcs et domaine de la Ville de Lausanne sont perchés de bon matin à cause des corbeaux freux. Les sombres volatiles ont l’avantage d’être très intelligents, disent les experts. Heureux de nicher en pleine ville, avec de la nourriture très facile d’accès et dans un arbre majestueux, ils n’ont plus vraiment de prédateur immédiat. Les rapaces ne s’aventurent guère en environnement urbain. Surtout, les corbeaux connaissent une croissance démographique plus importante que ceux qui pourraient les menacer.

Les employés des parcs et domaines de Lausanne suivent une formation pour pouvoir effectuer ce type d’opération.

«Un effet à très court terme»

Bref, le corbeau freux est un oiseau heureux. Si des employés de la Ville se retrouvent à jouer les funambules c’est parce que les volatiles agacent fortement les humains qui vivent près de leur arbre. Les habitants d’un bel immeuble du bas du Valentin n’en peuvent plus de les entendre croasser. Il faut dire que le corvidé est très bavard. Et qu’il vit en communauté. Les habitants, qui alertent régulièrement la Ville pour qu’elle trouve une solution, en comptent parfois septante. Et plus d’une dizaine de nids.

Alors ces voisins exaspérés ont été heureux il y a quelques jours, de recevoir une lettre de la Commune leur signifiant qu’elle allait procéder à la destruction des nids de corbeaux freux. Suspendus entre les branches, munis de perches, les quatre varappeurs arboricoles se sont exécutés durant une petite heure. Une dizaine de nids ont soit été détruits, soit projetés au sol encore entiers. Sans faire d’omelette, puisque l’heure n’est pas encore à la ponte.

«Nous profitons de faire ça maintenant parce que la date limite est fixée au 15 février par la loi fédérale», souligne le garde-faune Stéphane Mettraux. Il a lui aussi fait le déplacement, peu après que les employés de la Ville aient retouché terre. Non pas pour jouer l’inspecteur des travaux finis. «Je suis en tournée pour voir si je peux faire un tir de dissuasion», lâche le garde-faune. Là aussi, il reste moins de dix jours pour s’exécuter. Pourquoi faire? «Parce qu’ils dérangent beaucoup les habitants. Et que détruire les nids n’a qu’un effet à très court terme.»

La solidité des nids de l’an passé les fait résister à une chute de plus de 15 mètres. «Ce sont de vrais architectes!»

Mythe de Sisyphe

Les acrobates du jour tout comme les riverains abondent. Le volatile, effrayé le temps de l’intervention humaine, reprendra fort probablement ses quartiers dans les heures ou les jours suivants. Et recommencera à faire son nid, en prévision de la ponte de ce printemps.

Natacha Litzistorf, municipale écologiste en charge de la problématique, veut croire aux méthodes douces. Consciente que c’est le Canton qui a in fine la responsabilité de s’occuper des animaux sauvages de sa ville, l’élue affirme sa volonté de tout tenter avant les tirs. «En plus, il y a visiblement une autre méthode qui va être testée: pendre des cadavres d’oiseaux dans les arbres.» La Verte n’est pas enthousiasmée par l’idée. «Je suis convaincue que nous avons les moyens de lutter en enlevant systématiquement les nids. Ou en utilisant des prédateurs naturels. Ces mesures vont être intensifiées ces prochains jours. Si elles ne font pas leurs preuves, il faudra se résoudre à tester des mesures plus violentes.» L’élue fait état de nombreuses plaintes d’habitants liées au bruit. «On ne peut pas les ignorer car on doit préserver la qualité de vie et le sommeil des habitants.»

Créé: 08.02.2019, 06h57

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