Les cheerleaders de Renens ont ravi PyeongChang

Jeux OlympiquesDe retour de Corée, l’équipe des Lausanne Angels a représenté la Suisse et défendu un sport peut-être bientôt olympique.

Les 25 athlètes réalisent un programme lors de la pré-cérémonie de clôture des Jeux Olympiques en Corée du Sud.
Vidéo: Lausanne Angels

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«Ils sont épuisés. Ça se voit sur leurs visages!» Épuisée elle aussi, mais aux anges, Florence Léchot coache le tout premier entraînement des cheerleaders de Renens après leur folle aventure olympique. La semaine passée, les 25 athlètes des Lausanne Angels sont revenus de PyeongChang, en Corée du Sud, où ils ont officiellement représenté la Suisse en marge des derniers JO d’hiver.

Dans la salle de gym du Collège de Verdeaux, à Renens, l’équipe reprend sa routine en pratiquant des figures acrobatiques à vous donner le tournis. En synchronisation, quatre jeunes femmes – debout et droites comme des «i» – sont portées et propulsées en l’air par leurs coéquipiers. Culbute, puis réception achèvent le numéro, qui demande une bonne dose de force et de confiance mutuelle. Qu’on se le dise, les cheerleaders n’ont pas grand-chose à voir avec le cliché des pom-pom girls.

Opération séduction

En Corée, l’équipe renanaise est venue non pas pour participer aux compétitions, mais pour promouvoir un sport qui pourrait bientôt être reconnu par le Comité international olympique (lire ci-contre). «Nous étions déjà fous à l’idée de partir, mais cette expérience a été au-delà de nos espérances», confie Florence Léchot. Le club qu’elle préside fête ses dix ans d’existence en 2018 et c’est peu dire qu’il le fait en beauté. L’invitation à venir en Corée, tous frais payés, est venue de l’association des cheerleaders coréenne: «Ils étaient à Lausanne pour une visite au CIO l’an passé et ils ont cherché à nous rencontrer. Quand ils ont fait cette proposition, on a cru à une caméra cachée!»

Les Lausanne Angels ne sont pas la seule équipe à avoir fait le voyage en Corée: «Ils ont sélectionné les pays les plus médaillés aux JO d’hiver. C’est pour ça que nous avons été choisis!» précise la coach. Parmi les huit invités, il y avait une équipe des États-Unis, du Canada, d’Allemagne, de Russie, de Norvège, des Pays-Bas et de Corée du Sud. «Toutes sont très fortes. C’était formidable de pouvoir les côtoyer. Dans d’autres pays, le cheerleading est mieux connu. Les athlètes s’entraînaient depuis qu’ils sont tout jeunes. Ce n’est pas du tout le cas ici.»

À PyeongChang, les cheerleaders de Renens ont animé les remises de médailles et la précérémonie de clôture des JO, ainsi que d’autres événements en marge des compétitions, notamment à la Maison Suisse, point de ralliement de la délégation olympique helvétique. «La reconnaissance provisoire du cheerleading remonte à un peu plus d’un an. Et il y avait beaucoup de représentants du CIO à PyeongChang. On était là pour montrer ce qu’on sait faire. C’était comme un test. Il y avait pas mal de pression!» souffle Florence Léchot.

Bientôt en Floride

L’opération séduction semble en tout cas avoir marché auprès du public. «Ce sont des gens qui ne connaissaient rien à notre passion, mais ils étaient derrière nous. Ils étaient très réactifs et chaleureux», se souvient Florence. Le cheerleading est pourtant bien plus implanté en tant que sport en Corée qu’en Suisse. «Les cheerleaders Coréens s’entraînent quatre jours par semaine pendant quatre heures. Nous seulement deux fois deux heures, remarque Mélisande Mazreku, une des cheerleaders de l’équipe. En plus, là-bas, c’est beaucoup plus un sport d’homme!» Les Lausanne Angels, quant à eux, comptent aussi des garçons, mais en minorité.

Après les Jeux de Corée, les Lausanne Angels n’ont pourtant pas fini de se faire une place sur la scène internationale du cheerleading. L’équipe a été sélectionnée pour participer aux championnats du monde de la discipline, qui aura lieu en avril prochain à Orlando, en Floride. «Il y aura une forte compétition, mais la Corée a été un bon entraînement. Ils seront prêts», juge Irene Emenike, elle aussi coach de l’équipe. (24 heures)

Créé: 10.03.2018, 08h20

Reconnaissance attendue

Le choix des Lausanne Angels pour représenter la Suisse aux JO ne tient pas au hasard. Parmi les 15 clubs du pays, dont deux seulement en Suisse romande, c’est l’un des plus grands, avec en tout plus de 90 membres. La fédération nationale, la Swiss Cheerleading and Cheerdance Association (CCVS), regroupe quant à elle 1000 passionnés, dont 600 à 700 pratiquent le sport activement.

Fin 2016, le CIO a accordé une reconnaissance provisoire de trois ans à la Fédération internationale de cheerleading. Le directeur des sports du CIO, Kit McConnell, a récemment déclaré que toutes les exigences étaient remplies pour la rendre définitive, non sans préciser qu’un sport reconnu n’entrait pas automatiquement dans le programme de compétitions des JO.
«Le cheerleading compte de véritables athlètes, y compris en Suisse, lance Cristina Hengartner, présidente de la fédération suisse. Pour nous, le plus important est qu’il soit reconnu en tant que sport. Ce ne sont pas des filles qui agitent des pompons au bord d’un terrain!»

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