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Choc des perspectives sur Rovéréaz

Trois bâtiments au sud de cette campagne divisent les élus. Mais peu de chances que la ville puisse et souhaite s’y opposer.

«Je suis né sur cette terre il y a 69 ans et je l’ai cultivée pendant cinquante ans.» L’UDC Jean-Luc Chollet, seul représentant du secteur primaire élu au Conseil communal de Lausanne a parlé avec ses tripes mardi, au moment de lutter contre ce qu’il qualifie d’«erreur d’urbanisme».

En ligne de mire, un projet immobilier à proximité du Château Fallot. Cette maison de maître sise au sud de la campagne de Rovéréaz pourrait en effet bientôt avoir de nouveaux voisins. Trois bâtiments de six logements chacun font actuellement l’objet d’une demande de permis de construire.

Les Verts inquiets

«Un saccage», pour la Verte Marie-Thérèse Sangra qui a déposé une interpellation pour tenter d’empêcher la réalisation du projet. Trois de ses collègues de parti l’ont épaulée. Une pétition (752 signataires) est aussi pendante.

«L’édification de bâtiments, tel que le permet l’actuel PPA, dénaturerait les caractéristiques naturelles, topographiques et paysagères des lieux», disent ceux qui s’opposent aux constructions. En somme, si elles se réalisaient, elles casseraient l’unité de cette campagne, qui est, sauf pour les terrains concernés, entièrement en mains publiques.

Les puissants alliés socialistes n’ont sur ce coup pas suivi les écologistes. «Je crois qu’on fait d’un cas particulier un combat d’une ampleur qui dépasse la réalité du projet», a tout d’abord argué le chef du parti, Benoît Gaillard. Il a poursuivi par ce rappel: «Au PS, nous ne souhaitons pas faire de l’ISOS ou de la LATC des raisons de figer des terrains non bâtis». En clair, pas question de se reposer sur des inventaires et des lois cantonales pour défaire des projets qui sont dans la légalité.

Car il n’est ici question ni de protéger une bâtisse existante – ce que permet l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse ISOS – ni de déclasser du terrain agricole pour le rendre constructible. Le syndic socialiste, Grégoire Junod, l’a d’ailleurs rappelé: les élus ont confirmé le caractère constructible de cette portion de territoire lausannois en 2011.

Pas le rôle du Conseil

Le PLR Mathieu Carrel a aussi prévenu les élus: il n’est pas dans leurs prérogatives de discuter de l’attribution ou non de permis de construire. Ce serait «faux et dangereux», dit le chef de groupe.

Dans sa réponse écrite à l’interpellation des Verts, le syndic explique que «la stabilité des plans» est une notion fondamentale en aménagement du territoire. Entamer aujourd’hui une démarche pour changer le statut de ces terres serait difficile à argumenter. Elle pourrait en outre s’avérer «très coûteuse pour la collectivité». Et de souligner encore qu’une telle démarche «doit reposer sur des motifs d’intérêt public et respecter le principe de proportionnalité».

Le projet d’agglomération Lausanne-Morges inclut d’ailleurs le secteur dans le «périmètre compact» et donc disponible pour la densification du tissu urbain. Le tout est de savoir où s’arrête la ville et où commence la campagne.

En la matière, comme l’a dit Benoît Gaillard, «il n’y a pas d’absolu sur la taille que doit avoir le tissu urbain». Il a cependant volontiers admis que si l’histoire devait être réécrite, il n’est pas certain que la zone soit aujourd’hui aussi aisément dévolue à des immeubles.

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