«Le choix rapide du site pour le musée n’a rien d’étonnant»

ÉCLAIRCISSEMENTPrésident du groupe cantonal d’évaluation, Bernard Decrauzat explique la démarche qui a conditionné le choix d’un site lausannois pour le futur Musée cantonal des beaux-arts. Publié le 14 octobre 2009

Bernard Decrauzat devant le dépôt de la gare de Lausanne, finalement retenu par le Conseil d’Etat, alors que le groupe d’évaluation des sites pour un nouveau Musée cantonal des beaux-arts recommandait la place de la Riponne.

Bernard Decrauzat devant le dépôt de la gare de Lausanne, finalement retenu par le Conseil d’Etat, alors que le groupe d’évaluation des sites pour un nouveau Musée cantonal des beaux-arts recommandait la place de la Riponne. Image: Valdemar Verissimo

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Au début de l’après-midi du 30 septembre, une délégation du groupe d’évaluation des sites pour un futur Musée cantonal des beaux-arts présentait sa recommandation au Conseil d’Etat: sur la place lausannoise de la Riponne, face au Palais de Rumine. Deux heures plus tard, le gouvernement annonçait officiellement sa décision: d’accord pour Lausanne, mais sur le site du dépôt CFF des locomotives. Jusqu’au parlement, cette célérité à fait naître des doutes quant à la transparence de la procédure qui a mené à cette préférence. Les autorités de Morges ont même laissé entendre que les dés étaient pipés. Président du groupe d’évaluation, Bernard Decrauzat, ancien directeur du CHUV, ne se laisse pas démonter. Pour la première fois depuis l’annonce du choix final, il apporte ses éclaircissements.

– Quel temps votre groupe a-t-il consacré à ses travaux?
– Nous nous sommes réunis une dizaine de fois entre le 11 mai et le 30 septembre, ce qui représente près de 40?heures en séances pour chacun des 32 membres du groupe.

– Que répondez-vous aux doutes que soulève l’issue de la procédure d’évaluation?
– Pour autant que je puisse lire dans ses pensées, le Conseil d’Etat s’attendait à recevoir de nombreuses propositions lorsqu’il a lancé son appel aux idées de site. Une trentaine ne l’aurait pas surpris. Onze seulement ont été produites, dont neuf présentées par des communes. Ce nombre réduit a conduit le groupe d’évaluation à prendre deux décisions de principe, adoptées à l’unanimité le 8 septembre. D’abord, nous avons renoncé à communiquer nos observations à l’issue de la première phase de sélection. Pour ne pas desservir l’avenir des sites les moins bien cotés. Ensuite, le groupe s’est donné jusqu’au 30 septembre pour boucler ses travaux.

– A quoi vous a servi la méthode Albatros?
– Il faut comprendre que cette méthode multicritère est une aide à la décision, pas davantage. Ses résultats ont servi pendant la première phase d’évaluation. Le site d’Yverdon est sorti très nettement en tête, suivi par la Prairie de Morges, presque à égalité avec les sites lausannois de la Riponne (projet Musée-Cité) et du dépôt des CFF. Les deux propositions lausannoises souffraient d’incertitudes, qui ont été levées à la suite des compléments d’information que nous avons demandés. La visite des sites a aussi eu un gros impact. Aux yeux d’une majorité, le site de la Prairie, à Morges, est apparu coupé du centre-ville par l’autoroute.

– Comment s’est fait votre choix?
– Le 30 septembre, nous avons voté à bulletins secrets. Sont sortis par ordre de préférence: la Riponne, le dépôt des CFF, Yverdon et, enfin, Morges. Les deux premiers sites ont été recommandés au Conseil d’Etat dans cet ordre, Yverdon n’étant présenté qu’à titre subsidiaire. Le projet concernant la Riponne a séduit par la complémentarité qu’il offrait avec les différents musées et la bibliothèque cantonale établis au Palais de Rumine. Mais je crois pouvoir affirmer que la plupart des membres du groupe ont compris la décision du Conseil d’Etat. Encore davantage que nous, il devait tenir compte du critère de faisabilité.

– Quelle fut votre préférence personnelle?
– J’ai penché pour la halle des CFF.

– Les autorités morgiennes laissent entendre que le choix du site aurait été anticipé par le Conseil d’Etat et quelques membres du jury. Qu’en dites-vous?
– Je dis non. Cette accusation se réfère sans doute à une séance avec le Conseil d’Etat, le 23 septembre, au cours de laquelle une délégation du groupe d’évaluation – Brigitte Waridel, cheffe du Service de la culture, Bernard Verdon, architecte cantonal adjoint, et moi-même – a présenté l’état du dossier. Cela faisait partie de la démarche, au cours de laquelle le Conseil d’Etat a été informé régulièrement de nos travaux. C’est avec ce souci que les conseillères personnelles des ministres Anne-Catherine Lyon et François Marthaler ont été intégrées à notre groupe, où siégeaient aussi plusieurs cadres des départements de la Formation, des Infrastructures et de l’Economie. Cela explique que le Conseil d’Etat ait pu arrêter en deux?heures son choix final le 30 septembre. Un choix loin d’être aussi divergeant du nôtre que certains l’ont prétendu. (24 heures)

Créé: 27.12.2011, 12h00

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