Le cirque fait naître toujours plus de vocations

RenensL’École de Cirque Lausanne-Renens a lancé une formation préprofessionnelle il y a deux ans. Elle a très vite fait le plein.

Les élèves de l’École de Cirque de Lausanne-Renens se préparent à participer à Jour de Cirque, un événement qui vise à faire découvrir le travail de jeunes artistes venus de toute la Suisse à Renens.

Les élèves de l’École de Cirque de Lausanne-Renens se préparent à participer à Jour de Cirque, un événement qui vise à faire découvrir le travail de jeunes artistes venus de toute la Suisse à Renens. Image: Chantal Dervey

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une fois n’est pas coutume. Ce soir-là, la grande halle de l’École de Cirque Lausanne-Renens paraît presque petite. Tous les trapèzes du haut plafond sont déployés et l’espace est encombré de trampolines et de tapis de sol. C’est le branle-bas de combat: de vendredi à dimanche, plusieurs élèves présentent un spectacle au Festival international des artistes de rue à Vevey.

Voici deux ans tout juste, l’école a quitté Lausanne pour s’installer dans ses nouveaux locaux à Renens. Deux années au cours desquelles elle a connu une belle croissance, passant de 350 à 450 élèves. Et si la plupart d’entre eux pratiquent le cirque pour leurs loisirs, environ 50 sont inscrits en formation préprofessionnelle, une offre lancée à la faveur de ce grand déménagement. «Beaucoup d’écoles de cirque se sont ouvertes ces dernières années, observe la directrice, Yukié Vauthey. Pour nous démarquer, nous avons décidé de proposer une formation de haut niveau.»

Une filière sport-études

Et les choses sérieuses peuvent débuter très tôt. Dans son justaucorps brillant, Livia, 10 ans, répète un numéro avec d’autres filles de son âge. Comme sa sœur, Laura, 7 ans, elle s’entraîne déjà quatre heures par semaine et un samedi sur deux. «J’ai toujours aimé aller au Cirque Knie. Mes parents se sont dit pourquoi pas. Et quand on s’amuse, ce n’est pas grave si on en fait beaucoup!» Yukié Vauthey s’étonne elle-même de cet engouement: «Quand nous avons créé cette formation, nous pensions qu’il ne serait pas si facile d’attirer des inscriptions. Il y a plus d’heures de cours et cela coûte donc plus cher, mais nous nous sommes quand même retrouvés avec 50 élèves d’un coup.» À 14 ans, Liv vient des environs d’Oron trois fois par semaine et un samedi sur deux: «J’ai fait de la gym pendant un an, mais je n’appréciais pas l’esprit de compétition.» Pas de championnats? Alors pourquoi s’entraîner aussi intensivement? «Plus on fait du cirque, plus on a envie d’en faire!» réplique-t-elle. Car si les arts circassiens la font rêver, rien ne dit qu’elle en fera autre chose qu’une passion.

Il en va autrement pour Nina et Robyn, 17 ans, qui vont entrer en troisième année au Gymnase Auguste Piccard, à Lausanne. Avec quatre autres élèves, tous issus de l’école de Lausanne-Renens, elles suivent depuis deux ans la filière sport-études en section cirque. «Cette année, on se prépare à auditionner pour entrer dans de grandes écoles internationales», explique Robyn, qui rêve déjà des Pays-Bas, de la Suède ou du Canada. Elle admet que la partie n’est pas gagnée: «Il y a beaucoup de candidats. C’est très compétitif!»

Reconnaissance en marche

«Les parents sont de plus en plus ouverts à ce que leurs enfants s’impliquent sérieusement, se réjouit Yukié Vauthey. Mais beaucoup leur demandent de finir leurs études avant. C’est pourquoi, ici, la formation préprofessionnelle se fait forcément en parallèle du gymnase ou d’un apprentissage.»

Yukié Vauthey croit savoir que le cirque en filière sport-études n’est pas une nouveauté. Pourtant, alors que le nombre d’élèves augmente, les formations comme celle que propose son école restent en attente de reconnaissance (encadré) . «En Suisse, nous n’avons pas encore atteint le statut de la danse ou du théâtre.» Mais les écoles de cirque semblent fermement décidées à accroître leur rayonnement. Les 8 et 9 septembre prochain se tiendra à Renens la 2e édition de Jour de cirque, un événement qui vise justement à faire découvrir le travail de jeunes artistes venus de toute la Suisse. Les élèves de l’école de Lausanne-Renens seront bien sûr de la partie.

Festival international des artistes de rue à Vevey, sa et di à l’Alimentarium, artistesderue.ch

Jour de cirque, sa 8 et di 9 septembre à la salle de spectacle de Renens, jourdecirque.ch

Créé: 25.08.2018, 12h01

Vaud concentre les écoles

Selon les estimations, il n’existerait pas moins de 70 écoles de cirque dans toute la Suisse. «C’est peut-être la plus forte concentration en Europe», risque David Largo, président de la Fédération suisse des écoles de cirque (FSEC). Parmi elles, 37 sont membres de la faîtière helvétique, dont 9 sont vaudoises, alors que les autres cantons en comptent au maximum 4.

Ces dernières années, l’École de cirque Lausanne-Renens n’est pas la seule à avoir connu un joli développement tout en ouvrant une formation préprofessionnelle. À Sainte-Croix, LeZarti’Cirque a ainsi inauguré un nouveau centre d’entraînement pas plus tard qu’en mars dernier et comptait alors 300 élèves, tous niveaux confondus.

Reste que, faute de débouchés, les formations préprofessionnelles s’attellent essentiellement à former les élèves afin qu’ils répondent aux exigences des grandes écoles européennes. En Suisse, seules deux écoles proposent une formation professionnelle à plein temps, pendant trois ans, à Genève et en Valais. Toutefois, aucune ne jouit d’une reconnaissance officielle de la Confédération.

Articles en relation

Une ancienne usine entièrement dédiée aux arts du cirque

Balcon du Jura L’école de cirque de Sainte-Croix inaugure un centre d’entraînement unique en Suisse romande. Plus...

Une Yverdonnoise pro de la bascule

Cirque Gianna Sutterlet participera au plus important festival international de cirque du pays. Elle est la seule Suissesse sélectionnée. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 11 décembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...