Des coachs font concurrence aux patrouilleurs scolaires

Sécurité routièrePlutôt que régler le trafic aux passages piétons, Bussigny et Tévenon responsabilisent les enfants avec des anges gardiens.

Laetitia Meyer Drelon est l’une des deux patrouilleuses coachs engagées par la Commune de Bussigny.

Laetitia Meyer Drelon est l’une des deux patrouilleuses coachs engagées par la Commune de Bussigny. Image: Vanessa Cardoso

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est la sortie des classes, vers 15h, à Bussigny. Les enfants qui quittent le Collège du Tombay sont hauts comme trois pommes, et pour rejoindre le quartier voisin certains ont l’habitude de traverser une petite route. Comme la zone est limitée à 30 km/h, ils peuvent traverser même s’il n’y a pas de passage piétons. Mais se souviennent-ils qu’ils n’ont pas la priorité?

«C’est un endroit un peu sensible», observe Laetitia Meyer Drelon. Elle ne quitte pas les écoliers des yeux et entre en scène dès que l’un d’eux s’approche de la chaussée: «Tu te rappelles les règles? On s’arrête, on regarde des deux côtés et on ne passe que quand les roues des voitures ne bougent plus.» Depuis mi-janvier, la jeune femme est l’une des deux «patrouilleuses coachs» engagées par la Commune pour tester un concept qui se répand peu à peu en Suisse romande.

Plus de souplesse

«Nous avions des demandes des parents pour mettre en place un concept de sécurité routière, mais la solution des traditionnels patrouilleurs scolaires nous a paru trop contraignante», explique Laurent Émery, chef de service adjoint à la Cohésion sociale, enfance et culture à Bussigny. Avec leur gilet jaune – et non rose, comme les coachs – et leur palette, les patrouilleurs scolaires sont postés uniquement aux passages piétons et avec un rôle bien précis: réguler le trafic pour aider les enfants à traverser. «Contrairement à eux, les patrouilleurs coachs ne peuvent pas faire stopper la circulation. En revanche, l’avantage est qu’ils peuvent se poster n’importe où et pas seulement aux passages piétons», détaille Laurent Émery. Il désigne la zone30 face au Collège du Tombay. «Nous n’aurions pas pu poster quelqu’un à cet emplacement, par exemple. Nous avions besoin de plus de souplesse.»

«C’est une manière de rendre les enfants acteurs de leur sécurité, même quand il n’y a personne pour arrêter le trafic»

Laurent Émery, adjoint au chef de service de la Cohésion sociale, enfance et culture, à Bussigny

En Suisse, 60% des accidents graves impliquant des enfants se produisent en dehors du chemin de l’école. Cette statistique du Bureau de prévention des accidents est l’autre raison qui a poussé Bussigny à s’intéresser aux patrouilleurs coachs, dont le rôle est essentiellement de faire de la pédagogie et de la prévention. «C’est une manière de rendre les enfants acteurs de leur sécurité, même quand il n’y a personne pour arrêter le trafic», estime Laurent Émery. Après dix jours sur le terrain, Laetitia Meyer Drelon observe que les enfants connaissent bien les règles de sécurité: «Mais il faut insister encore et encore, et leur apprendre à prendre les bonnes décisions, car les automobilistes ne font pas toujours juste.»

Le concept des patrouilleurs coachs vient de Suisse alémanique et a fait son entrée en Suisse romande en 2015 à Collombey-Muraz, en Valais. Depuis, il a lentement essaimé dans le canton pour toucher dix communes aujourd’hui. En août dernier, c’est le canton de Fribourg qui s’y est mis, en introduisant des coachs pour la première fois à Riaz. Vaud n’est pas en reste, puisque Tévenon, dans le Nord vaudois adopte ce système depuis 2017 déjà, pour des raisons très pragmatiques.

Demander à la PolCant

«Nous voulions des patrouilleurs scolaires, mais n’avons pas de passages piétons! Alors la police cantonale nous a parlé de cette autre solution», explique Martine Dell’Orefice, municipale chargée des Écoles, qui est elle-même l’une des sept patrouilleuses coachs actives sur la commune. Après une expérience de plus de deux ans, l’élue relève le côté convivial du système, qui permet d’aller à la rencontre des enfants et de leurs parents. «On nous appelle parfois les anges gardiens, mais il nous arrive aussi de devoir gronder.»

Malgré cette première expérience réussie, Bussigny n’est que la deuxième commune vaudoise à emboîter le pas à celle de Tévenon. La police cantonale, qui forme et encadre les patrouilleurs coachs, ne fait pas spécialement la promotion du concept. «Il faut qu’il y ait une demande», explique ainsi la caporale Florence Frei, chargée de communication.

À Bussigny, le concept des patrouilleurs coachs sera testé jusqu’au printemps, essentiellement pour évaluer les emplacements où leur présence est la plus pertinente. «Nous savons déjà que nous allons pérenniser cette solution dès la prochaine rentrée scolaire», indique Laurent Émery.

Créé: 01.02.2020, 16h18

Articles en relation

Le chemin des écoliers va gagner en sécurité

Lausanne Après deux flash-mobs, les parents du quartier de Montoie ont obtenu plusieurs mesures. Notamment un patrouilleur. Plus...

À Bussigny, la possibilité d’une autre agriculture

Initiative Deux jeunes lancent une association de micromaraîchage écologique et sociale. Un modèle en plein essor. Plus...

QoQa se construit un QG façon «Silicon Valley»

Bussigny L’entreprise de vente à prix cassés se construit un siège à l’américaine, qui pourra accueillir d’autres PME et start-up dès 2021. Plus...

La boutique de fripes à vocation sociale se bat pour sa survie

Bussigny La vente d’habits de seconde main a permis à des dizaines de femmes de s’intégrer depuis 2015. Faute d’aides suffisantes, elle devra devenir rentable. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.