Le collectif R s'insurge contre le renvoi de femmes enceintes

AsilePlusieurs dizaines de personnes ont protesté ce mercredi devant les locaux de la Justice de Paix de Lausanne. Elles dénoncent des mesures de contraintes contre des familles.

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«Un scandale!» a lancé le député Jean-Michel Dolivo (SolidaritéS). Il manifestait avec plusieurs dizaines de personnes ce mercredi après-midi devant la Justice de Paix de Lausanne.

Le collectif R et plusieurs personnalités ont dénoncé l'assignation à résidence d'une femme enceinte avec cinq enfants au foyer de l'EVAM (Etablissement vaudois d'accueil des migrants). Cette Erythréenne, enceinte de 6 mois, ses enfants et le père des enfants (hébergé par le collectif R) devraient être renvoyés vers l'Italie, dans le cadre du processus d'asile de Dublin.

«Ce n'est pas une question de compassion pour les personnes concernées, c'est un devoir citoyen»

L'intéressée devait être convoquée par la Justice de Paix ce mercredi, ce sera finalement jeudi. «Je suis indigné, a expliqué Jean-Michel Dolivo, parce que la résolution votée par le Grand Conseil qui demandait de stopper les renvois vers l'Italie - par exemple pour des motifs médicaux - n'est pas appliquée.»

Selon le collectif R, ce genre de cas devient monnaie courante. Une femme soudanaise et ses deux enfants (7 et 12 ans) ont également été assignés à résidence, de même qu'une autre Erythréenne, enceinte de 7 mois. Le Canton, estime le collectif R, «viole sciemment plusieurs dispositions relatives au droit de l'enfant et au droit de la famille».

«La grossesse n'est pas une maladie»

Stève Maucci, chef du Service de la population du canton de Vaud (SPOP), contacté après la manifestation, confirme que «la grossesse n'est pas considérée comme une maladie, à moins qu'un certificat médical fasse état de problèmes de santé spécifiques.» Dans ce cas la personne requérante doit produire les documents au Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM). «L'assignation à résidence, précise Stève Maucci, ne concerne que les heures de nuit, de 22 h à 7 h du matin.»

Cette manifestation intervenait alors que le Grand Conseil est en train de durcir la législation sur les renvois de requérants d'asile. «Nous avons le devoir de protester, ce n'est pas une question de compassion pour les personnes concernées, c'est un devoir citoyen», a estimé la députée Céline Ehrwein Nihan (Verts). Le durcissement de la loi est «choquant, autant sur le plan humain que juridique», ajoute l'avocat et ancien conseiller aux Etats Luc Recordon.

Le SPOP rappelle de son côté que «le Conseil d'Etat n'a pas décrété de moratoire sur les cas Dublin, mais il a ordonné qu'un suivi soit proposé aux personnes renvoyées dans un pays limitrophe: elles peuvent bénéficier de l'assistance du Service social international (SSI) et ne sont donc pas livrées à elles-mêmes.»

Créé: 22.02.2017, 17h11

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