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Pas de commission des plaintes sur la police

Le Conseil communal a refusé la proposition d'Ensemble à Gauche de monter une instance indépendante pour recueillir les plaintes contre les policiers.

Les dealers (ici à Chauderon) font parfois l'objet d'interpellations qu'Ensemble à Gauche juge discutables.
Les dealers (ici à Chauderon) font parfois l'objet d'interpellations qu'Ensemble à Gauche juge discutables.
PATRICK MARTIN/A

Nouveau débat très tendu ce mardi soir au Conseil communal de Lausanne sur l'action de la police. Après celui de la semaine dernière sur l'interpellation puis le décès d'un Nigerian, un nouvel objet en rapport avec les contrôles de police figurait à l'ordre du jour. Un postulat de Pierre Conscience du groupe Ensemble à Gauche a été examiné, qui proposait la création d'une commission des plaintes sur l'action de la police, à l'instar de ce que recommandent certaines ONG, dont Amnesty International.

La succession de ces deux débats à haute teneur émotionnelle a débouché sur un pugilat verbal émaillé de quelques dérapages que la présidente Marlène Voutat a dû contenir. Au final, la proposition a été recalée à 55 contre 16, avec 7 abstentions.

Pour Pierre Conscience, l'actuelle commission de déontologie de la police lausannoise, composée essentiellement de policiers, n'apporte pas les garanties d'indépendance que l'on peut attendre d'une telle instance. Selon lui, les altercations entre policiers et usagers ont souvent lieu sans témoin et débouchent sur une parole contre une autre avec la prime donnée à celle du policier. Le conseiller communal juge aussi que le ministère public vers lequel échouent les plaintes pénales se trouve «en symbiose» avec la police.

Ces insinuations ont fait bondir la salle. Nombre d'élus ont reproché à Pierre Conscience d'accuser les institutions de ne pas respecter la séparation des pouvoirs. Deux policiers de profession parmi les élus sont venus défendre leurs collègues (Philippe Ducommun, UDC et Nicola Di Giulio, PLC): «Je peux pas vous laisser faire!», a clamé Philippe Ducommun.

Déontologie policière

Plus posément, la PLR Thérèse de Meuron a fait valoir qu'avec 336 cas examinés depuis 2008 et 50 cas de peu de gravité dénoncés, la commission de déontologie a «prouvé son utilité»: «Il y a une capacité de la police de prendre en compte les plaintes.»

Les socialistes ne sont pas entrés, eux non plus, dans les vues d'Ensemble à Gauche. Benoît Gaillard a annoncé que le groupe socialiste allait déposer une interpellation au sujet de la commission de déontologie, notamment dans l'objectif de comparer son action avec celle des autres cantons. «Nous vous tendons la main, a-t-il dit à ses collègues de la gauche dure. Retirez votre postulat et mettons-nous autour d'une table pour examiner ensemble cette question!»

Parmi les rares défenseurs du postulat Conscience, une partie des Verts a estimé que l'idée d'une commission des plaintes allait «dans la bonne direction». Illias Panchard a témoigné que ses amis noirs redoutaient de se fixer rendez-vous à Chauderon où se trouvent de nombreux dealers, de peur de se faire interpeller par la police...

Ces paroles n'ont pas suffi à convaincre une assemblée déjà très remontée. Pour finir, Ensemble à Gauche n'a pas retenu la proposition des socialistes de retirer le postulat de Pierre Conscience, voulant en connaître le score final devant le Conseil communal. Le vote a donc eu lieu, avec inscription nominale même. La commission des plaintes a été clairement recalée.

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