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Les comptes de Prilly «plus que préoccupants»

Faute de rentrées fiscales, les finances de la Ville plongent dans le rouge. Des mesures drastiques sont d'ores et déjà annoncées.

Les séances du Conseil communal de Prilly manquent rarement d’animation. La dernière en date n’a pas fait exception. Le 14 mai, il s’agissait de voter l’octroi d’un crédit de 5,7 millions de francs pour la planification du futur quartier de Malley. Le préavis a passé la rampe, mais les débats ont été très nourris. Et pour cause: les conseillers communaux avaient déjà en main les très mauvais comptes 2017 de la Ville, qui seront à l’ordre du jour le 18 juin prochain.

«La situation est plus que préoccupante», admet Antoine Reymond, municipal en charge des Finances. L’année 2017 se solde en effet par un excédent de charges de 2,37 millions de francs, bien plus que le déficit de 1,4 million inscrit initialement au budget. Mais surtout, pour atteindre ce chiffre, la Commune a dû effectuer des prélèvements conséquents sur le fonds de péréquation et ses divers fonds de réserve. La marge d’autofinancement affiche désormais un solde négatif d’un peu plus de 150'000 francs, alors qu’elle se plaçait encore à 3,38 millions en 2016 et à 6,37 millions en 2015. Quant à la dette, elle est passée de 51 millions de francs fin 2016 à 62 millions fin 2017.

Au niveau des charges, les comptes de la Ville sont notamment grevés par l’amortissement de plusieurs gros investissements réalisés ces dernières années, mais également par la péréquation et l’augmentation des services à la population. Mais le constat est particulièrement dur sur le plan des rentrées fiscales, surtout en provenance des entreprises. Les revenus se sont ainsi révélés bien en dessous des prévisions: «La Municipalité et le Conseil communal ont fait preuve d’un optimisme exubérant», commente même Antoine Reymond.

«Dès que nous avons eu connaissance des chiffres, nous avons pris une série de mesures d’économie»

À la tribune le 14 mai dernier, l’édile a tenté de rassurer sur les capacités financières de la Commune à l’avenir. En effet, à lui seul, le développement du quartier de Malley implique une vingtaine de millions de francs d’investissements ces prochaines années. «Dès que nous avons eu connaissance des chiffres, au mois de mars, nous avons pris une série de mesures d’économie», a-t-il annoncé. En moins de deux mois, près de 531'000 francs ont ainsi été rabotés sur le budget. Il s’agit de dépenses liées au personnel, à la formation, mais aussi par exemple à la bibliothèque. Des mesures d’économie sont annoncées pour les trois prochaines années au moins.

Mais la Municipalité a également agi de manière drastique sur les investissements futurs. Ces cinq prochaines années, elle renoncera ainsi à présenter des préavis portant sur quelque 118 millions de francs. Des projets comme le développement de Malley ne seront pas touchés, assure Antoine Reymond. «C’est notre choix stratégique.» En revanche, des travaux d’entretien et des achats de véhicules seront remis à plus tard. «Il y a des tuyaux qui risquent de sauter et des routes qui seront refaites plus tard que prévu», souffle le municipal. Remettre des investissements à plus tard ne suffira toutefois pas à régler la situation: «Nous allons revoir notre planification pour qu’elle corresponde à la réalité de nos moyens. Nous ne voulons pas nous retrouver avec une masse d’investissements qui nous prendra à la gorge.» La Municipalité pourrait ainsi également repousser des investissements qui ont déjà été validés par le Conseil communal.

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