Le convoyeur braqueur risque neuf ans ferme

LausanneLe procureur a requis des peines allant de 10 mois avec sursis à neuf ans contre les prévenus du braquage de Bussigny, fin 2015.

Le procureur Laurent Maye à l'entrée du Tribunal d'arrondissement de Lausanne.

Le procureur Laurent Maye à l'entrée du Tribunal d'arrondissement de Lausanne. Image: VANESSA CARDOSO

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C’est une sorte de portrait de famille qui se dégage du réquisitoire du procureur Laurent Maye et des plaidoiries de leurs avocats mercredi. Aux commandes du braquage d’un fourgon de transfert de fonds du groupe SOS Surveillance SA, qui a eu lieu le soir du 30 décembre 2015 à Bussigny, se trouve un convoyeur. Il travaillait pour cette entreprise depuis un an et demi. Ce Suisse né au Brésil a mis ses proches à contribution: sœur, fiancé de la sœur, cousin, mère brésilienne restée au pays et belle-mère. Le tout pour un butin de 2,1 millions.

Le prévenu, âgé de 33 ans, risque 9 ans de prison ferme. C’est la sanction réclamée par le procureur Laurent Maye au Tribunal criminel de Lausanne. Il dresse le portrait d’un homme qui a «mûri son idée pendant plusieurs mois». Il a confié son arme de service à un caïd portugais spécialement engagé pour le coup et «a trompé la confiance de son employeur avec une aisance déconcertante».

«On est loin du coup de tête. C’est un projet mûri. Les préparatifs concrets ont duré plusieurs mois et il y a eu des repérages»

Un tableau que l’avocate du braqueur, Me Coralie Devaud, nuance en évoquant de violentes attaques de bijouteries qui se sont soldées par des peines de 7 ans au maximum: «Neuf ans, c’est aussi pharaonique que le butin.» «Mon client, qui rêvait d’une vie meilleure au Brésil, a franchi la ligne rouge, relève-t-elle avant d’ajouter: «Mais, en comparaison, on est un cran au-dessous dans la délinquance.»

Un cousin brésilien âgé de 24 ans a aussi contribué au braquage. «Il pensait pouvoir participer au bénéfice des investissements réalisés au Brésil», souligne le procureur, qui le verrait bien passer 5 ans et demi derrière les barreaux. Son avocat, Me Alexandre Reymond, dresse le portrait d’un «brigand du dimanche» dépassé par les événements. Il n’a touché qu’une part minime du butin – moins de 50'000 francs – et voulait payer l’opération de sa mère.

Des terrains pour un hôtel

La sœur de l’organisateur, 34 ans, n’a pas participé à l’attaque du 30 décembre. Mise au courant du braquage, elle a joué le rôle de «tour de contrôle» ou de «back-office» dans la gestion des fonds à blanchir, avec l’appui de sa mère au Brésil. Près de 500'000 francs ont franchi l’Atlantique. Une partie du montant a servi à l’achat de terrains destinés à un hôtel. Le reste a disparu après les arrestations. Pour le procureur, «elle s’est impliquée dans cette affaire avec une efficacité particulière». Laurent Maye veut qu’elle passe 4 ans en cellule.

Il souligne encore «l’absence de vergogne avec laquelle elle a impliqué son ex-fiancé», un chocolatier vaudois âgé de 27 ans qui a cru à une histoire d’héritage. Des centaines de milliers de francs en petites coupures, des demandes de faux documents pour faciliter les transferts vers le Brésil… Selon Laurent Maye, le chocolatier était amoureux, oui, mais les signaux d’alerte auraient dû lui ouvrir les yeux. Il requiert 15 mois de prison avec sursis. La belle-mère du convoyeur braqueur risque, elle, 10 mois avec sursis pour le blanchiment.

Un complice brésilien

Un seul prévenu n’est pas membre de la famille: un Brésilien de 28 ans qui a servi de chauffeur le soir du 30 décembre. Pour le procureur, il était au courant de tout et mérite 4 ans de prison. «Il n’a fait que ce qu’on lui a dit de faire», nuance son avocat, Me Xavier de Haller. La Cour, présidée par Pierre Bruttin, n’aura pas trop d’une semaine pour peaufiner son verdict.

Créé: 29.08.2018, 18h50

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