Les coquillages s’échouent par milliers à Pully

NatureDepuis quelques jours, de petites coquilles envahissent les berges que longe le sentier des Rives- du-Lac. Explications

La plupart des specimens sont des Corbicula fluminea, une espèce de corbicules, aussi appelées palourdes asiatiques. Mortes, elles ont été charriées par les vents et les courants.

La plupart des specimens sont des Corbicula fluminea, une espèce de corbicules, aussi appelées palourdes asiatiques. Mortes, elles ont été charriées par les vents et les courants. Image: Odile Meylan

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Les promeneurs qui se sont oxygénés durant les Fêtes sur le sentier des Rives-du-Lac, entre la tour Haldimand et le port de Pully, les ont peut-être aperçus. Eux, ce sont les milliers de coquillages qui, en fin d’année, ont envahi les petites plages du littoral ouest de Pully. Par endroits, ils tapissent même entièrement la grève. Ce phénomène intriguant s’explique assez simplement, d’après les spécialistes.

Portés par les courants

«Cette arrivée massive résulte de l’action des vagues engendrées par les vents et courants, révèle Brigitte Lods-Crozet, hydrobiologiste à la Direction générale de l’environnement de l’État de Vaud. Ce n’est pas forcément quelque chose qui est lié à la récente tempête ou qui a été provoqué par une météo particulière.» Dépendante des éléments, cette invasion n’est pas très rare mais reste difficile à prévoir. Les coquillages observés vivent enfouis dans les fonds sableux et sont plutôt difficiles à déloger, indique Brigitte Lods-Crozet. À l’exception de rares coquilles pleines, ce sont d’ailleurs des individus morts qui ont été charriés sur les plages.

Sur les photos fournies par 24 heures, les spécialistes recensent trois variétés différentes. «J’observe quasi exclusivement des Corbicula fluminea, une espèce de corbicules communément appelées palourdes asiatiques, note Alain Thomas, spécialiste des mollusques et conservateur scientifique en Haute-Savoie. Mais il y a aussi quelques spécimens de Dreissena polymorpha, ou moules zébrées, et des Unio tumidus, ou mulettes méridionales.» La palourde asiatique et la moule zébrée sont des espèces invasives tandis que l’Unio tumidus est endémique du Léman.

Venues des eaux lointaines

«Les corbicules peuvent tapisser le fond du lac. Il y a parfois jusqu’à 200 individus au mètre carré. À tel point qu’elles empêchent certaines espèces d’atteindre le limon pour se nourrir. Elles vivent deux à trois ans, puis les courants charrient les coquilles vides», précise le conservateur. Originaires du Sud-Est asiatique, ces palourdes ont été observées dans le Léman à partir de 2008. Les spécialistes imaginent qu’elles ont utilisé d’autres animaux pour s’y introduire. Les jeunes spécimens sécrètent pour cela du mucus qui leur permet de se fixer aux pattes des canards ou aux poissons, rapportent les scientifiques.

La moule zébrée a quant à elle débarqué bien plus tôt dans le Léman. Originaire de la mer Caspienne, elle est arrivée en France en se fixant sur les coques des bateaux et a été observée dans le lac dès 1962. En conséquence, les effectifs de canards plongeurs, friands de mollusques, ont fortement augmenté. Ces derniers jours, nombre d’oiseaux piochaient d’ailleurs dans les amas de coquilles, le long du sentier des Rives-du-Lac. Jusqu’ici, peu d’études ont été menées pour déterminer l’impact potentiel de ces deux espèces invasives sur l’écosystème lémanique. «Elles ont un côté positif puisqu’elles filtrent l’eau, 4 ou 5 litres par jour, ce qui diminue sensiblement la température du lac, souligne Alain Thomas. Mais en même temps, elles rejettent des produits toxiques pour la faune et la flore. Sans compter que la moule zébrée se fixe parfois sur d’autres mollusques comme l’anodonte ou l’Unio, ce qui les étouffe et les tue.» (24 heures)

Créé: 10.01.2018, 06h33

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