Des corneilles agressives abattues à Bellerive

LausanneLes volatiles menaçaient des passants au point que la police a dû boucler le secteur. Un garde-faune cantonal les a tirées.

Un groupe de corneilles, en 2007, à Vidy.

Un groupe de corneilles, en 2007, à Vidy. Image: Philippe Maeder - A

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Le parking de Bellerive, lieu de tournage pour un successeur d’Alfred Hitchcock? Certains passants se sont peut-être posé la question dans l’après-midi du 21 mai. Ils se sont en effet retrouvés intimidés par de grands oiseaux noirs qui ne cessaient pas de leur tourner autour.

Avertie, la police de Lausanne a dû intervenir. Et sécuriser le secteur en bloquant temporairement l’accès au parking de Bellerive, côté Luna Park. C’est ensuite un garde-faune auxiliaire cantonal qui a été mobilisé pour une «opération ciblée», selon les termes de Frédéric Hofmann, chef de la section Chasse, pêche et surveillance au Canton. «Face à ces deux corneilles agressives, il n’y a eu d’autre choix que de les abattre, malgré la période de protection dont elles font l’objet ces temps», poursuit l’inspecteur. Il précise: «Le cas est exceptionnel, surtout au printemps, lorsqu’elles gardent leurs nids.

Le tir ou la capture de corneilles n’est autorisé que du 1er août au 15 février chaque année. Mais nous ne voulions pas prendre le risque qu’elles blessent un enfant. D’autant qu’elles s’attaquent souvent aux yeux…» Qu’a-t-on fait de leur nid? «Nous n’avons pas d’information quant à sa localisation précise», explique Frédéric Hofmann.

La nourriture en abondance contribue à faire augmenter les effectifs des corneilles

Le tir de corneilles est courant à la campagne, lorsque ces volatiles s’adonnent au pillage des cultures. Dans ces régions, lorsqu’elles vivent en bande, elles ne bénéficient d’aucune protection. En ville, le fait de les abattre est très rare. Mais les gardes-faune sont clairs: cet oiseau est parmi les plus agressifs que compte la faune urbaine. Leurs vols d’intimidation mais aussi les coups de bec sur la tête sont fréquents quand elles jugent qu’on s’approche trop de leurs petits ou qu’elles se sentent acculées après être tombées du nid.

Les goélands ont eux aussi tendance à montrer leur énervement de façon insistante. À l’inverse des corbeaux freux, réputés pour leurs nuisances sonores, mais qui ne s’en prennent normalement pas physiquement aux passants et aux autres animaux.

Population en augmentation

Les problèmes avec des corneilles sont de plus en plus souvent signalés aux gardes-faune. «Mais il n’y a pas de réelle augmentation des attaques en tant que tel», souligne Frédéric Hofmann. Pour lui, c’est davantage la médiatisation des cas qui provoque une inflation des signalements. Les attaques, à Lausanne, se limitent à une quinzaine chaque année.

En revanche, le nombre de corneilles en ville augmente. «On constate que certains lieux ont des problèmes répétés avec des individus plusieurs années d’affilée. Cela pourrait signifier qu’elles deviennent de moins en moins craintives et potentiellement plus agressives de génération en génération.» Mais pour l’inspecteur, il n’y a pas de quoi s’alarmer. «Les efforts doivent être poursuivis pour limiter les déchets en ville. La nourriture en abondance contribue à faire augmenter leurs effectifs!»

Frédéric Hofmann poursuit aussi sa démarche de prévention ainsi: «Il n’est pas nécessaire d’appeler les gardes-chasse à chaque fois qu’une corneille est un peu menaçante.»

Comportement à adopter

Le spécialiste donne une série de conseils pour prévenir un accident – ou simplement leur faire peur. Le plus simple consiste à éviter de passer à proximité d’un arbre où une corneille niche et se montre agressive. «Ouvrir son parapluie d’un coup sec, c’est une méthode dissuasive. Et, de façon générale, faire du bruit aura tendance à les effrayer.» L’inspecteur appelle aussi à la prudence lorsqu’on est à proximité d’un chat ou d’un chien, souvent pris pour cible privilégiée des corneilles.

Créé: 31.05.2018, 15h49

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