Il court le Marathon de Lausanne pour l'émancipation des femmes afghanes

SolidaritéUn Lausannois récolte des fonds en faveur d’une ONG œuvrant pour l’égalité des sexes en Afghanistan.

Andrea Münger (ci-dessus) a été marqué par sa rencontre avec les coureuses du Marathon d'Afghanistan, début octobre. Il a décidé de les aider.

Andrea Münger (ci-dessus) a été marqué par sa rencontre avec les coureuses du Marathon d'Afghanistan, début octobre. Il a décidé de les aider. Image: DR

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Dans un pays où faire du sport quand on est une femme est très mal vu, courir un marathon relève de la lutte féministe. En participant au Marathon d’Afghanistan, des femmes afghanes se battent, à leur manière, pour leur émancipation.

Andrea Münger était sur la ligne de départ de la 5e édition, le 11 octobre, dans la province de Bâmiyân. Le Lausannois a rencontré par hasard ces jeunes femmes qui se battent pour une société plus égalitaire et pour être «Free to Run» (libres de courir), du nom de l’ONG qui les soutient.

Des rencontres qui l’ont ébranlé. «C’est fou à quel point ces jeunes femmes sont fortes et solidaires. Leur courage m’a aussi frappé, ainsi que leur degré de politisation.» Les participantes s’exposent à des représailles, voire des menaces de mort. «Certaines doivent aussi faire face à la pression de leurs proches. Je viens de recevoir un message de l’une des coureuses, qui me dit que sa famille lui demande d’arrêter le sport.»

De retour à Lausanne, le trentenaire a décidé de récolter des fonds pour l’organisation Free to Run, qui œuvre pour l’évolution de la condition féminine dans les régions de conflits via la pratique du sport et met sur pied des camps où elles peuvent s’entraîner sans crainte. Une démarche d’empowerment, pour utiliser un terme anglo-saxon à la mode. «Cela va bien au-delà du sport, explique Andrea Münger. L’idée est de faire bouger les codes et de faire évoluer les mentalités dans la société conservatrice afghane. J’ai l’impression que ces jeunes femmes seront les leadeuses de demain.»

Il s’est mis au défi de récolter 4200 francs –clin d’œil aux 42 km de la course– avant le 27 octobre, date du Marathon de Lausanne auquel il prendra part. S’il y arrive, le jeune homme s’engage à courir dans ses habits afghans. «L’un des mots d’ordre de la grève du 14 juin était: Solidarité avec les femmes du monde entier. Suivons-le!»

Créé: 24.10.2019, 09h53

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