Le culte du vaudou dévoile ses mystères à Lausanne

FestivalLa première édition de Voodart propose concerts, expositions et conférences.

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Démoniaque, fou, dangereux, empreint de sorcellerie. Le culte vaudou longtemps réprimé et diabolisé, continue à être incompris et à souffrir de préjugés. Y compris à Haïti où il s’est fortement implanté depuis que les esclaves noirs l’ont apporté. Le festival Voodart entend déconstruire les clichés autour de cette religion polythéiste née en Afrique de l’Ouest.

Lancée à Lausanne mardi, sa première édition propose concerts, performances et autres démonstrations artistiques jusqu’à samedi. «À travers l’art, je veux proposer une ouverture sur cette philosophie et ce mode de vie pour permettre de comprendre son importance dans la société haïtienne», lance Dona Cétoute, une ambitieuse lausannoise étudiante en art et originaire d’Haïti qui a mis sur pied cette manifestation, la fleur au fusil. Et avec pour seuls soutiens le Fonds Culturel Sud Artlink et l’association Fraternité Haïti-Suisse.

Possession et transe

Mardi, le festival a débuté avec la projection de films autour du vaudou qui, selon l’organisatrice, «ont apporté une vision différente des clichés longtemps véhiculés par le cinéma hollywoodien». Il se poursuit ce jeudi avec le vernissage d’une exposition collective (18h) à voir à l’Espace Casona Latina tout le week-end. Des artistes de Suisse, d’Haïti et d’ailleurs présenteront des installations visuelles et sonores, des photographies et des performances en rapport avec les notions de possession et de transe.

Seront notamment présentées des sculptures servant à créer le lien avec les esprits durant les rites religieux. «Les masques, les maquillages, les poupées, le sacrifice, tout ce folklore ne représente pas le vaudou haïtien qui est bien plus sobre. En revanche, les rituels évoquent bien la possession des corps par les esprits des morts, utilisent des potions naturelles. Et sont souvent suivis de phases de transe à fortes connotations sexuelles.»Dona Cétoute, qui dit s’intéresser à la culture de ses ancêtres sans pour autant être pratiquante, est formelle: il ne sera pas question de cérémonies ni de rituels religieux dans son festival mais uniquement d’un discours artistique.

Ainsi, Voodart propose des concerts tous les soirs dès 20h. Le guitariste Jackson Thélémaque (vendredi) revisite par exemple le blues avec des chants et des percussions vaudoues, la rappeuse et DJ marseillaise Moescha 13 (samedi) remixe le RnB de Rihanna ou la trap de Young Thug avec des rythmes proches de la transe, tandis que le percussionniste et chanteur genevois Ted Beaubrun (vendredi) mélange les rythmes traditionnels haïtiens à la pop urbaine. Sans oublier le projet electro Haïti Ground Zero (vendredi) dans lequel un cinéaste et un tambourineur se livrent à des explorations visuelles et sonores.

À l’affiche ce jeudi soir une conférence (20h) menée par des auteurs et des sociologues sur l’origine du vaudou, sa pratique dans la société haïtienne et son rôle dans la lutte contre le système colonial. «Cette religion est devenue un mouvement social en Haïti, explique l’étudiante de 27 ans. Mais il a été tellement diabolisé que le peuple haïtien le pratiquait souvent en secret. Aujourd’hui, les jeunes commencent à l’assumer et à le revendiquer.»

Créé: 30.10.2019, 16h08

Infos pratiques

Lausanne, Casona Latina
Je 31 oct (dès 18h), ve 1er et sa 2 nov (dès 16h)

Le site du Festival
www.voodart.org


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