Deal et violence au nord de Lausanne ?

PolitiqueUne élue PDC s’inquiète pour des jeunes qui pratiqueraient du deal et seraient victimes de violences. La Municipalité lui répond que le phénomène n’est pas attesté par les professionnels.

Le quartier des Boveresses (image d'illustration).

Le quartier des Boveresses (image d'illustration). Image: PHILIPPE MAEDER - A

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Boveresses, Praz-Séchaud, Chailly et quartiers nord de Marseille… Même combat, mêmes violences ? C’est ce que craint l’élue PDC au Conseil communal de Lausanne Sandra Pernet. Elle craint aussi pour sa sécurité, puisqu’elle était accompagnée de son garde du corps, mardi soir au Conseil communal.

Dans une interpellation qu’elle a déposée à la fin janvier, elle écrit: «Dans ces quartiers, des mineurs participent au trafic de drogue organisé par de jeunes adultes. Cet embrigadement a des conséquences telles que le décrochage scolaire et une violence croissante. Cet état de fait complique aussi le cadre éducatif familial.» Elle a pour preuve projeté sur grand écran des extraits de conversations sur les réseaux sociaux entre jeunes et dealers, dit-elle.

«Il n'y a pas d'évolution défavorable pour les actes de violence signalés à la police»

Au-delà de cette entrée en matière, l’élue a posé une série de questions sur l’action des différents milieux de la sécurité et du travail social dans le cadre de cette problématique. Les autorités lui ont répondu mardi soir. Et en substance, elles observent qu’il n’y a actuellement pas d’augmentation de ces phénomènes particuliers dans ces quartiers.

«Concernant l'évolution des interventions et leur gravité dans les secteurs concernés, leur nombre est stable sur les dernières années. Il n'y a également pas d'évolution défavorable pour les actes de violence signalés à la police.» La Municipalité de Lausanne souligne que la police judiciaire municipale suit les problèmes liés au deal sur les réseaux via une coordination entre les brigades des mineurs et des stupéfiants.

Elle ajoute, dans sa réponse: «Pour leur part, les établissements scolaires lausannois n'observent pas, en leur sein, d'augmentation du phénomène mentionné. Les établissements scolaires du nord de la Ville n'identifient pas de problèmes de consommation de substances illicites particuliers dans leur quartier par rapport à d'autres. Du trafic de substances illicites à proximité de certains établissements se fait effectivement jour mais il a plutôt lieu en dehors des heures scolaires et pose davantage problème en raison des incivilités, du littering et du climat d'insécurité qu'il engendre que vis-à-vis des élèves proprement dits.»

Les autorités en ont profité pour rappeler aussi tout le tissu d’intervenants sociaux et sécuritaires, communaux et cantonaux, qui se partagent la gestion de ces problématiques. Pour Lausanne, cela implique notamment une collaboration entre les services de David Payot (POP) et de Pierre-Antoine Hildbrand (PLR).

Mardi soir, en réactions aux réponses fournies par les autorités, Sandra Pernet, au nom de son groupe Le Centre (PDC et Vert’Libéraux), s’est dite «surprise de voir que la Municipalité considère que tout va bien et que les mesures prises sont suffisantes». Elle interroge: «Est-ce une honte de reconnaître qu’on ne fait pas assez?»

Pour l’élue, les problèmes de violence, de manque d’encadrement, «de deal de jeunes en détresse et désoeuvrés» sont bien réels. La démocrate-chrétienne déplore en outre que les réponses soient focalisées d’avantage sur la police. «Or la plupart des responsabilités vis-à-vis de la jeunesse, ce n’est pas l’affaire de la police.»

Les élus ont choisi, à gauche, de ne pas participer à la discussion, tandis que la droite a ponctuellement apporté son soutien à la démarche de l’élue. Principalement en questionnant l’action du popiste David Payot. La gauche radicale n’est intervenue que pour demander une motion d’ordre, soit une obligation de cesser la discussion.

A noter qu’une résolution visant à développer des statistiques sur les 10-18 ans, mais aussi à améliorer l’encadrement de ces jeunes et la coordination entre les différents acteurs touchés, a été refusée.

Créé: 12.02.2019, 22h49

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