Décès de Claude Pahud, fondateur de l'école du même nom
LausanneClaude Pahud, créateur vaudois de la formation des éducateurs, vient de mourir à quelques jours de ses 93 ans. Des compagnons de route témoignent.
Le monde vaudois des éducateurs et des travailleurs sociaux est en deuil. Claude Pahud, fondateur de l’école qui a longtemps porté son nom, est décédé mardi quelques jours avant son 93e anniversaire qui aurait eu lieu le 1er décembre.
Aujourd’hui devenue École d’études sociales et pédagogiques (incluse dans la Haute École de travail social et de la santé), l’école Pahud date de 1954. À cette époque, les standards de prise en charge des enfants dans les institutions spécialisées sont rudimentaires. Les gens qui s’occupent d’eux sont symptomatiquement appelés des «surveillants».
Claude Pahud et son épouse Monique ouvrent cette année-là la première école d’éducateurs de Suisse romande, s’inspirant de ce qui se fait en France. Monique a en outre une formation d’assistante sociale. «Au départ, c’était un peu artisanal», raconte Martial Gottraux, qui fut professeur de sociologie dans cette école et ancien député socialiste.
Puis, le bébé du couple grandit jusqu’à devenir cet institut de formation qui accueille les futurs éducateurs, animateurs socio-culturels, ergothérapeutes et assistants sociaux. «Claude Pahud a fait œuvre de pionnier», poursuit Martial Gottraux.
Né dans une famille d’instituteurs et d’institutrices, l’homme est un humaniste. Mais c’est à Radio Lausanne qu’il commence à se faire connaître, comme «speaker» à la «voix d’or». Son engagement dans le scoutisme et le théâtre achèvent d’en faire un être soucieux du bien commun.
Il aura quatre enfants, trois filles et un garçon. «C’était quelqu’un d’extrêmement ouvert et de très audacieux», reprend Martial Gottraux.
L’actuelle directrice de l’école, Élisabeth Baume-Schneider, parle de la «réelle affection» que le directeur a mise dans son travail, dans son école, dans la défense de sa branche: «Et il n’y avait rien de paternaliste dans tout ça», précise-t-elle.
Claude Pahud était membre du Parti libéral. Il a été député au Grand Conseil et en fut président durant un an. Il était un personnage estimé, une figure des années 1970. Dans le Plans-Fixes* qui lui est consacré, son filleul Jacques Poget, ancien rédacteur en chef de 24 heures, l’interroge cependant sur ses rapports avec son camp. On apprend qu’en 1984, aux trente ans de l’école, certains libéraux lui ont reproché de «former des gauchistes». Il rétorque: «Si c’est être gauchiste de percevoir l’importance des phénomènes sociaux qui peuvent être à la base des difficultés des gens, alors je suis gauchiste.»
Licencié en sciences pédagogiques, Claude Pahud aura marqué l’histoire de l’éducation en Suisse romande. «Il avait foi en l’homme, dit encore Martial Gottraux. Il a pratiqué ce que l’on pourrait appeler un caritatisme intelligent. Et il était généreux. Une rareté en somme.» Lise Bourgeois
*Plans-Fixes, mercredi 6 décembre, une projection aura lieu à la Cinémathèque, à 18 h 30.
Créé: 15.11.2017, 19h37
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