Deux toits tombent du ciel pour reloger les étudiants

Ouest lausannoisAprès avoir dû quitter des immeubles voués à la démolition, l’ALJF cherchait d’autres logements. Elle vient de trouver.

De gauche à droite : Alan Berthet, Kaya Babajee et Zacharie Jourdain rafraichissent la maison de Paula Senn, à Crissier, avant d’y loger.

De gauche à droite : Alan Berthet, Kaya Babajee et Zacharie Jourdain rafraichissent la maison de Paula Senn, à Crissier, avant d’y loger. Image: Jean-Guy Python

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L’Association pour le logement des jeunes en formation (ALJF) peut souffler. La structure bénévole, qui investit des maisons vides sur la base de contrats de prêt à usage, sort d’un été redouté avec le sourire. Et pour cause, en juin, les habitants de deux immeubles «confiés» à l’association devaient quitter les lieux et un troisième bâtiment doit être vidé en octobre.

C’est la règle, stipulée dans les contrats: les jeunes peuvent s’installer dans les maisons inoccupées mais ils s’engagent à partir quand celles-ci doivent être détruites ou transformées. Or les immeubles en question hébergeaient plus d’une vingtaine de personnes. Une grosse perte pour l’ALJF, sans cesse en quête de nouveaux lieux de vie. «Nous avons trouvé des solutions durant l’été, une période à laquelle il y a toujours des chambres de libres, raconte le comité de l’association. Nous nous entraidons pour ne laisser personne à la rue, mais il fallait résoudre ce problème sur le long terme.»

«Dommage de murer»

La première éclaircie est venue d’un e-mail reçu début juillet. Sensible à la démarche de l’ALJF, Paula Senn contacte les responsables. Elle est propriétaire d’une maison promise à la destruction, rue des Alpes 60, à Crissier, et souhaite la mettre à disposition. «Quand un bâtiment est voué à la démolition, la crainte principale est qu’il soit squatté. L’autre solution aurait été de murer cet endroit, mais j’aurais trouvé ça dommage, je préfère qu’il soit vivant», défend-elle.

«Nous nous entraidons pour ne laisser personne à la rue, mais il fallait résoudre ce problème sur le long terme»

Si elle connaît l’ALJF, c’est que son fils a lui-même été logé par l’association, il y a une vingtaine d’années. «Leurs statuts sont clairs et j’ai demandé conseil à ma gérance qui a donné son accord. Ils ne me paient pas de loyer directement mais règlent les différents frais.»

L’EPFL adhère aussi

Depuis quelques jours, des jeunes prennent donc leurs quartiers chez Paula Senn. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, l’ALJF vient de recevoir les clés d’une autre maison, au chemin de Ruchoz 11, à Écublens. Un bâtiment appartenant à l’EPFL avec qui un contrat a été conclu.

«Nous possédons différentes villas, attribuées à l’époque en même temps que le périmètre du campus. Celle-ci a longtemps eu un couple de locataires qui est parti récemment, explique Philippe Vollichard, responsable durabilité à l’EPFL. La cause estudiantine, bien défendue par l’ALJF, nous a amenés à discuter avec eux puis à signer ce contrat. Il nous semble que ça fait sens, avec quelques étudiants EPFL parmi les heureux locataires.»

«Nous avions un contact au sein de l’université, nous avons expliqué correctement notre fonctionnement et ils se sont montrés très ouverts», apprécie le comité. Ce n’est pas la première fois que l’association collabore avec une école puisqu’elle occupe déjà une propriété de l’École hôtelière de Lausanne du côté du Chalet-à-Gobet. «Un site que nous devons quitter aussi. Heureusement, nous avons réussi à prolonger d’un an pour éviter de tout perdre d’un coup.»

Recensement régulier

Active à Lausanne depuis trente ans, l’ALJF voit ces deux solutions comme des preuves de confiance. «C’est rassurant de voir qu’il y a des propositions spontanées, c’est le signe que cela fonctionne et qu’il est possible d’œuvrer en bonne intelligence.» Récemment, l’association menait son grand recensement annuel des maisons vides de l’agglomération. Le nouveau rapport est en cours de finalisation, suite auquel les différents propriétaires seront contactés. À ce jour, l’ALJF compte 17 maisons, essentiellement à Lausanne, et y loge quelque 180 jeunes.

Créé: 10.09.2019, 07h02

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