Le champion suisse de stand-up paddle vogue sur le Léman

PortraitLe paddle-boarder Hakim Dridah a gagné, mi-juillet, la «technical race». Rencontre avec ce Lausannois qui vit sur l’eau.

Hakim Dridah, champion suisse de stand-up paddle, avec
sa planche au bord du lac Léman à Vidy.

Hakim Dridah, champion suisse de stand-up paddle, avec sa planche au bord du lac Léman à Vidy. Image: DOMINIC FAVRE

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Le jeune homme sort du lac avec sa planche sous le bras, un maillot de bain rouge vif et un sourire à faire pâlir de jalousie Mitch Buchannon de la série Alerte à Malibu. Décontracté et chaleureux, Hakim Dridah s’assied sur une table à deux pas du lac avec les vagues dans le dos, comme tout bon surfer. Physiquement, il n’aurait aucune difficulté à jouer les sauveteurs sur la plage de Vidy, juste à côté. Un lieu qu’il connaît par cœur, puisqu’il s’entraîne au Vidy Wind Club, près des Pyramides.

Le paddle-boarder a gagné, mi-juillet, la «technical race». Epreuve reine des 5es championnats suisses qui allie vitesse et technique sur environ 5 km. Ce sportif de 20 ans a découvert cette discipline en Espagne il y a six ans. «J’ai vu quelqu’un ramer sur une planche. Je lui ai demandé si je pouvais essayer et j’ai trouvé ça vraiment cool.»

Pause avant l'Uni

Une activité qu’il a ensuite poursuivie sur le Léman, puis dans des compétitions locales, avec rapidement de bons résultats. Après un contact avec des sponsors, il a décidé de faire une pause avant l’Université pour se consacrer au stand-up paddle. Un sport que le champion suisse compare à la course à pied et à la marche. «On peut à la fois aller se promener et glisser sur le lac, faire de la vitesse, de l’endurance ou surfer quand il y a des vagues.»

La démocratisation de ce sport a amené son lot d’accidents tragiques. Une pratique à risques? Une étiquette que réfute ce passionné. «Non ce n’est pas dangereux, mais les gens oublient qu’ils sont sur l’eau et qu’il faut respecter des consignes de sécurité comme porter un système de flottaison, un leash (ndlr: cordon qui relie le surfer à sa planche) et se mouiller avant de sauter dans l’eau.»

Une grande famille

A écouter le jeune sportif évoquer son parcours, on réalise vite combien son entourage est important pour lui. «Je suis perfectionniste et un peu entêté. Cet hiver, je me suis trop entraîné et les compétitions se sont mal passées. Heureusement, ma famille me soutient et me remet parfois en place.»

Un esprit qu’il retrouve et qu’il apprécie dans le paddle. «Quand je suis arrivé au championnat du monde au Mexique l’année dernière, je pensais être seul, mais tu n’es jamais seul. On s’entraînait tous ensemble alors qu’on était adversaires.» Pour Robert Etienne, président de l’Association suisse de stand-up paddle, qui a soutenu le jeune sportif, «Hakim a beaucoup été influencé par Steve Fleury (ndlr: quadruple champion suisse), c’est une sorte de mentor pour lui». Un impact que confirme l’intéressé. «J’apprends énormément avec lui. Il est à la fois mon modèle et l’homme que je devais battre, et j’y suis enfin parvenu. C’est un ami, on est une grande famille.»

Loin des clichés

En dehors du paddle, le sportif d’élite a aussi la fibre artistique. «Mon rêve de gosse, c’était d’être designer automobile. J’aime beaucoup dessiner et je fais aussi un peu de photo. J’adore aussi la musique, mais je ne l’écoute jamais quand je m’entraîne.» Pour lui, elle ne sert qu’à oublier l’effort. «Ma montre mesure mes performances, mais je dois aussi les ressentir avec ma tête et mon corps.»

Est-il courtisé par la gent féminine sur les compétitions? Le sportif fraîchement en couple écorne le cliché du surfeur blond qui drague sur la plage au coin du feu. «Les athlètes viennent avec leur copine. Après, évidemment on est sur des plages en maillot de bain, il y a des jolies filles, on ne fait pas du curling.»

Soif d’apprendre

En septembre, le paddle-boarder commencera l’Université en sport. Son objectif est de devenir coach privé et de garder un maximum de temps pour ses passions. Une nouvelle étape qu’il appréhende. «Cela fait deux ans que je me donne à fond pour le paddle et ça commence à payer. J’ai un peu peur de mener les deux de front.»

L’athlète suisse d’origine italo-algérienne a soif d’apprendre, y compris sur ses racines. «Je suis de confession musulmane, je ne pratique pas, mais je m’y suis intéressé, car je voulais savoir d’où je venais et aussi pouvoir répondre aux questions que les autres élèves me posaient à l’école sans leur dire de bêtises.»

Après une accolade amicale, le jeune homme retourne s’entraîner et profiter du soleil sur un lac qui n’a ni la couleur ni les vagues d’Hawaï, mais où il se sent bien.

Créé: 06.08.2015, 16h03

Site Web

Pour plus d’informations sur le stand up paddle:
www.assup.ch

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