«Aucun doute raisonnable.» Laurent Ségalat prend 16 ans

Justice Laurent Ségalat, qui n’a pas pris le risque de se présenter vendredi au tribunal pour son jugement, a été condamné pour le meurtre de Catherine Ségalat à 16 ans de prison.

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Dans la salle du Palais de l’Hermitage archicomble, son absence et sa chaise vide n’en étaient que plus remarquables. Laurent Ségalat ne s’est pas présenté, vendredi, face à ses trois juges, pour la lecture de son jugement. Une absence qui n’a pas empêché le président de la Cour d’appel pénale, Marc Pellet, de le condamner et de prononcer son arrestation immédiate en raison… d’un «risque de fuite évident». Selon nos informations, le généticien aurait en fait été hospitalisé dans la journée d’hier.

La sentence est tombée très vite: Laurent Ségalat est reconnu coupable du meurtre de sa belle-mère, Catherine Ségalat, et est condamné à une peine de 16 ans de prison. Les juges de 2e instance ont ainsi suivi en tous points le réquisitoire du ministère public. Ce faisant, c’est tout le jugement rendu par le Tribunal criminel de La Côte – qui avait acquitté le scientifique «au bénéfice du doute», le 1er juin dernier – qui a été balayé.

Pour ce faire, précisait d’emblée la Cour d’appel, c’est «l’entier du dossier» qui a été réexaminé: témoignages, rapports de police, procès-verbaux, expertises et autres pièces. Reprenant à son compte un point du jugement rendu en première instance, selon lequel la cause du décès de Catherine Ségalat ne serait pas accidentelle, la Cour d’appel s’est vite éloignée du jugement de juin pour présenter sa propre interprétation des faits, démontant les éléments du premier verdict un par un. Oui, Catherine Ségalat a été victime d’une agression chez elle, à Vaux-sur-Morges, le 9 janvier 2010, et c’est à juste titre que Laurent Ségalat est tout de suite soupçonné, estime la Cour.

Autre fait incontestable: le corps de l’ancienne municipale des Ecoles de Vaux-sur-Morges a été déplacé par le prévenu, qui a changé deux fois de chemise et dont le pantalon était maculé de sang à l’arrivée des enquêteurs. «La Cour a également été marquée par les photos du visage de Laurent Ségalat (ndlr: qui présentait des griffures) prises le soir des faits», poursuivait le président, Marc Pellet, pour qui ces nombreuses traces ne peuvent s’expliquer que par une lutte.

«Les blessures relevées sur le visage du prévenu ne sont pas compatibles avec l’explication d’un corps inerte que l’on porte», poursuit le jugement, contredisant la version de Laurent Ségalat, selon laquelle il aurait tenté de réanimer sa belle-mère pendant des dizaines de minutes. Sans oublier «le matériel biologique» du chercheur retrouvé sous les ongles de sa belle-mère. «Le prévenu est l’agresseur», assénait encore le président de la Cour d’appel.

Scène de crime nettoyée

Dans une lecture de jugement nettement plus détaillée qu’en juin, la Cour d’appel a également relevé les nombreux «mensonges» de Laurent Ségalat. A commencer par ces fameuses griffures. Justifiées d’abord par les manœuvres de réanimation tentées sur sa belle-mère, puis par des jeux avec sa fille alors âgée de 5 ans ou encore qui seraient survenues à l’occasion de jeux intimes (ce que la compagne de Laurent Ségalat a démenti), ces marques – et leurs différentes explications – ont certainement pesé lourd.

Autre mensonge, accuse la Cour: l’appel au 144, que Laurent Ségalat affirme avoir passé juste après avoir tenté de réanimer sa belle-mère. Problème: aucune trace de sang n’a été retrouvée sur le téléphone ni sur le bottin. «En réalité, Laurent Ségalat s’est changé et s’est lavé avant d’appeler le 144. Tout ça avec un seul objectif: dissimuler ce qui s’était vraiment passé.» Une volonté de dissimulation que la Cour retrouve dans l’opération de nettoyage des lieux. «Ce sont quelque 28 mètres carrés de sang qui ont été nettoyés, on est loin du nettoyage grossier. Il s’agit d’un nettoyage précis dans un périmètre donné: c’est la scène de crime.»

Car, pour la Cour, aucun doute: le chercheur est coupable. Elle balaie au passage «le doute» retenu en première instance: «Il n’est que théorique et inconsistant.» Et d’asséner, en parlant des coups reçus par Catherine Ségalat: «L’acharnement démontre l’intention homicide. Laurent Ségalat doit être condamné pour meurtre.»

Recours au TF

A peine le verdict connu, les filles du condamné éclataient en sanglots tandis que ses avocats, qui annoncent qu’ils feront recours au Tribunal fédéral, accusaient le coup. «Le combat continue, Laurent Ségalat est innocent», lançait Me Stefan Disch. A ses côtés, Gilles-Jean Portejoie ne cachait pas sa déception. «Comme si trente mois d’enquête et les sept jours du procès en première instance n’avaient servi à rien.»

De l’autre côté, Eric Cottier, procureur général, se réjouissait d’avoir été suivi par la Cour d’appel avant de préciser que «la Cour a rendu le jugement que j’attendais, le processus judiciaire a abouti». Enfin, Me Jacques Barillon, conseil des proches de Catherine Ségalat, rappelait qu’il n’a jamais cru en l’innocence du chercheur. «Il n’a pas cessé de manipuler les enquêteurs et l’opinion publique .» (24 heures)

Créé: 01.12.2012, 09h31

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