«Être de droite ce n’est pas accepter les injustices sociétales»

Sans-papiersL’élu lausannois PLC Nicola Di Giulio emboîte le pas de l’UDC zurichois Claudio Zanetti et veut régulariser les sans-papiers.

Le PLC Nicola di Giulio, lors de la manifestation contre le deal de rue à Lausanne, en mai 2018.

Le PLC Nicola di Giulio, lors de la manifestation contre le deal de rue à Lausanne, en mai 2018. Image: Maxime Schmid

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Le conseiller communal Nicola Di Giulio, PLC (Parti libéral conservateur, ex-UDC), affiche sur les réseaux sociaux sa volonté de lancer le débat sur la régularisation des sans-papiers. L’élu, par ailleurs policier à Lausanne, s’explique.

Vous voulez régulariser les sans-papiers… Êtes-vous encore vraiment de droite?
Sans aucun doute! Être de droite, ce n’est pas accepter les injustices sociétales. Pour qu’une société organisée fonctionne, il faut avant tout être humain et s’adapter aux défis que notre société rencontre. Donc être pragmatique.

Pour quelle raison faudrait-il donner des papiers aux clandestins?
Premièrement, je ne pense pas qu’il faille régulariser tous les sans-papiers que nous avons, pas d’angélisme! Cependant, et sans aucun doute, notre législation doit évoluer pour répondre à une réalité que notre classe politique se doit de gérer et non d’éluder.

Quelle est cette réalité dont vous parlez?
Le fait qu’il y a dans notre pays des travailleurs sans papiers qui respectent nos lois et s’intègrent dans notre société, et cela depuis des années, mais qui ne contribuent ni pour les prestations sociales ni pour les prestations fiscales. Par ailleurs, en cas d’accident du travail, ils se retrouvent tout simplement démunis et sans solutions viables. Cette situation revient aussi à les précariser pour leurs vieux jours, car ils n’auront bien évidemment jamais cotisé à cet effet. En d’autres termes, c’est la double peine appliquée au quotidien pour des personnes qui sont intégrées.

Mais alors, qui est concerné?
Premièrement ceux qui en feront la demande. Ensuite il faudra des critères tangibles qui devront être débattus par les parlementaires, les autorités compétentes et qui devront tenir compte de l’expérience du milieu associatif. Au final, nous ne parlons que d’un petit nombre de personnes que le système ne peut intégrer pour l’instant, et c’est aux élus d’y répondre. En effet, une personne qui a fui la misère ou les violences pour se construire un avenir sain ne mérite-t-elle pas qu’on l’écoute?

Pensez-vous que votre idée puisse s’étendre aux dealers de Lausanne?
Non.

Sur quels critères faudrait-il baser ce processus?
Ce n’est pas à moi d’y répondre. Mais disons que le sens commun et de la rigueur devraient permettre de trouver des critères suffisamment pertinents pour intégrer une population qui ne demande qu’à vivre dignement dans notre pays.

Votre électorat va-t-il vous suivre, la question des étrangers étant centrale dans la politique de la droite nationaliste…
Du moment que vous expliquez la situation et les répercussions d’une inaction politique face à un entêtement idéologique, je suis convaincu que le citoyen saura faire preuve de discernement.

Vous êtes policier. Votre métier influence-t-il votre perception de cette problématique?
Il n’y a pas vraiment de corrélation entre mon travail au quotidien et cette problématique en particulier. Mes opinions ne se forgent pas uniquement par le prisme de mon travail, même s’il m’a indéniablement construit.

Vous parlez pourtant, sur les réseaux sociaux, du «terrain» et de «pragmatisme». Que voulez-vous dire?
Mon métier m’a enseigné beaucoup de choses durant toutes ces années, notamment l’humilité face à la détresse humaine et le sens du devoir face à des ADN sans scrupule. Je pense que c’est une expérience à forte valeur ajoutée politiquement, d’où mon engagement.

Comme élu communal lausannois, qu’allez-vous proposer de faire?
Dans un premier temps, il s’agit d’ouvrir le débat public. En parler, c’est déjà avancer dans la bonne direction, et M. Zanetti (ndlr: un élu UDC zurichois) l’a bien compris. Ensuite, déposer éventuellement un postulat pour tendre à plus d’inclusion n’est pas à exclure.

Créé: 30.12.2018, 18h13

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