Droite et gauche dure tirent à boulets rouges sur le budget

LausanneLe Conseil communal a accepté mardi soir les prévisions financières pour 2020. Non sans de fortes critiques qui ont fini par s'annuler entre elles.

Le PLR Matthieu Carrel juge

Le PLR Matthieu Carrel juge "sidérant" le déficit du budget 2020 de Lausanne. Image: FLORIAN CELLA/A

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le Conseil communal a adopté le budget 2020 de la Ville de Lausanne après un long débat mardi soir. Et un vote à bulletin secret. Déficitaire à hauteur de 47,6 millions sur un montant global des charges de 1,8 milliard, la prévision pour l'an prochain a suscité des commentaires très critiques du côté de l'opposition de droite. Se retrouvant en alliée de circonstance du camp bourgeois, la gauche dure n'a pas mâché ses mots non plus, mais pour des raisons totalement opposées.

Malgré la conjonction de ces deux fronts, la copie municipale a passé la rampe à une confortable majorité. Le contexte est cette année marqué par une légère baisse du coefficient d'impôts, en lien avec l'accord passé entre Canton et Communes.

Droite critique

Pour les trois partis de la droite du conseil et le groupe du Centre, Lausanne se trouve dans une situation financière catastrophique et devrait maintenant songer à réduire ses charges. Le chef du groupe PLR Matthieu Carrel juge «sidérant» le montant du déficit et déplore que le Plan structurel d'améliorations financières (PSAF) que déploie la Municipalité depuis huit ans rapporte moins d'économies qu'à ses débuts.

Il constate aussi que la dette enfle et redoute qu'elle atteigne bientôt son plafond légal. L'élu suggère que l'Exécutif apporte désormais des «mesures structurelles» propres à infléchir la tendance baissière. Il faut, dit-il, «réfléchir au périmètre de l'action publique».

UDC et PLC ne trouvent pas de mots assez durs pour qualifier le budget de la Municipalité. Fabrice Moscheni (UDC) estime qu'il faudrait voter l'«urgence financière» plutôt que l'urgence climatique. Valentin Christe (PLC) se dit pour sa part «consterné» par «l'inexorable dégradation des finances de la Ville».

Rapport de minorité

La gauche radicale a quant à elle produit un rapport de minorité assorti de dix propositions d'amendements qui ont toutes été refusées. Aux yeux d'Alain Hubler, la Municipalité a pris le biais coupable de s'engager sur la «pente glissante des baisses d'impôts», tout en pratiquant «la politique des caisses vides».

Son groupe verrait bien davantage des investissements massifs en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique ou à destination des jeunes familles qui ne trouvent pas de place de crèche, pour ne citer que ces exemples.

Au nom du groupe du Centre, le PDC Axel Marion note que toute action politique doit se trouver «en équilibre avec ce que la collectivité publique peut fournir». Un gage de durabilité, ajoute-t-il. En bon centriste, il reconnaît cependant que Lausanne a des «circonstances atténuantes» en tant que ville-centre qui dépense beaucoup pour des prestations profitant à toutes les autres communes.

Verts et PS unis

Socialistes et Verts n'ont pas eu besoin de parler énormément. Le chef du groupe des roses, Vincent Brayer, s'est dit «fier» d'un budget qui continue malgré tout de mettre l'accent sur l'accueil de jour des enfants et la sécurité dans les rues. D'emblée, il a été annoncé que tout amendement serait malvenu. Le budget, rien que le budget, comme on dit au Canton. Les Verts (Daniel Dubas) ont suivi la même ligne au nom de la «cohérence».

La municipale Florence Germond a reconnu que la situation de la Ville était «difficile» et le contexte «compliqué». Elle explique que Lausanne a été privée de revenus sur plusieurs plans, pour des raisons qui ne sont pas de son fait. L'évolution du marché de l'électricité et les aléas du Canton lui ont fait perdre beaucoup d'argent. Le statut de ville-centre de la capitale n'est en outre que très peu pris en compte: les autres cantons ont plus de considération pour ce phénomène. Mais la Municipalité n'est pas restée les bras croisés: la PSAF a permis jusque-là des économies à hauteur de 75 millions.

Créé: 11.12.2019, 09h06

Articles en relation

Lausanne se retient de trop baisser les impôts

Budget 2020 La capitale prévoit un déficit de 47,6 millions. Le coefficient d’impôt communal ne baissera que d’un demi-point. Plus...

Les sanglots longs du budget 2019 de Lausanne

Conseil communal Le corps délibérant de la capitale a amèrement regretté, mardi, le gros déficit pour 2019. En cause, la responsabilité du Canton et la réforme fiscale qu'il a anticipée. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 16 janvier 2020
(Image: Bénédicte) Plus...