Comment l'Ecole hôtelière parvient à conquérir le monde

RestaurationBasée à Lausanne, l'EHL a mis au point une certification qui fonctionne dans neuf pays et concerne quelque 4300 étudiants.

L'expansion de l'Ecole hôtelière de Lausanne

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L’Algérie se profile-t-elle comme une future destination touristique pour le grand public? Des signes d’une telle évolution apparaissent. Un indice parmi d’autres: l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) pourrait octroyer une certification aux cours de l’Ecole supérieure d’hôtellerie et de restauration d’Alger qui reçoit des conseils venus de Suisse. «Le gouvernement algérien souhaite faire progresser le tourisme. L’école d’Alger, avec laquelle nous sommes en relation, s’est développée», explique André Mack, directeur de Lausanne Hospitality Consulting SA (LHC), une filiale de l’EHL, qui délivre des conseils et de la formation dans le monde entier.

Lorsqu’un pays vit une expansion de son secteur touristique, les chances sont fortes de le voir se tourner vers l’expérience en formation hôtelière cultivée avec soin par l’institution lausannoise depuis sa création, en 1893. L’expansion mondiale de l’école a commencé de manière emblématique au Kenya, qui s’est mué en destination prisée pour ses parcs nationaux et ses magnifiques paysages à partir des années 1970.

Encadrement précis
Sur une idée de la Confédération, impliquée dans des projets de développement en Afrique, les experts de l’établissement, situé depuis 1975 au Chalet-à-Gobet, dans les hauts de la capitale vaudoise, ont partagé leur savoir-faire, de 1970 à 1974, avec le Kenya Utalii College Hotel, à Nairobi.

D’autres collaborations ont suivi dans les années 1980-1990: Singapour, Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, Genting, en Malaisie, Shanghai, en Chine. En 2004, la direction de l’école lausannoise a décidé de systématiser et d’encadrer avec précision son expansion dans le monde en se fondant sur une certification dotée de critères précis et exigeants: «Nos professeurs ne partent pas enseigner dans des écoles à l’étranger. Nous formons les enseignants sur place selon les principes de notre école et en tenant compte des besoins locaux. Quand nos critères sont remplis, l’EHL certifie le programme ainsi que les professeurs de l’institution étrangère. Celle-ci doit rester leader dans son pays, c’est notre objectif», explique André Mack.

Ainsi croît l’influence de l’établissement du Chalet-à-Gobet dans le monde. Sur les marchés locaux à l’étranger, l’intérêt des professionnels se porte sur les institutions dont le programme a obtenu le sésame de l’EHL. Et cette dernière devient une référence internationale de la formation aux métiers de l’accueil. Aujourd’hui, le réseau d’écoles bénéficiant de la certification lausannoise s’étend dans neuf pays (voir infographie ci-dessus). «Nous avons ainsi certifié quelque 4300 étudiants dans le monde», affirme le directeur de LHC.

Formation pratique
Quels sont les principes appliqués à l’étranger, qui attirent les écoles candidates à une certification? André Mack cite la sélection rigoureuse des professeurs et des étudiants ainsi qu’un programme exigeant. Mais ce qui fait la spécificité de la formation proposée par l’école suisse, c’est la place de la pratique dans la formation et les relations étroites avec les entreprises du tourisme. Ces arguments devraient servir l’expansion de l’EHL en Asie, où elle a ouvert deux bureaux chargés d’une prospection conquérante. Ou encore en Arabie saoudite, où une certification se dessine à Jeddah.

La relation qui se construit en Algérie ouvre, de son côté, des perspectives originales. «Nous avons l’idée de faire venir des grands-mères algériennes, pour qu’elles puissent nous montrer leurs recettes. Il faut retrouver la culture culinaire algérienne qui s’est perdue sous l’influence française», relève André Mack. L’hôtellerie est en grande partie une affaire d’émotion. L’école souhaite ainsi créer une histoire en lien avec une terre. (24 heures)

Créé: 02.02.2015, 12h11

Une petite entreprise spécialisée dans l’expansion

Le rayonnement mondial de l’Ecole hôtelière de Lausanne peut se mesurer à ses 25'000 anciens étudiants. Mais c’est une petite entité, Lausanne Hospitality Consulting (LHC), qui s’occupe de l’expansion dans le monde. La création d’un département de conseil en entreprise et de formation pour les cadres remonte à 1976. En 2009, LHC est devenu une société autonome, filiale de l’Ecole hôtelière de Lausanne, chargée notamment de développer les activités à l’étranger: conseils, formation continue et suivi des institutions certifiées par l’école lausannoise. Elle emploie 14 collaborateurs dans ses bureaux d’Epalinges et deux dans chacune de ses deux représentations en Inde et en Chine, qui ont comme objectif de trouver des mandats et de faire connaître l’institution lausannoise. Son chiffre d’affaires, en 2014, se montait à 6 millions de francs. «En 2002, nous nous trouvions à moins de 1 million de chiffre d’affaires», se souvient André Mack, directeur de LHC. Combien coûte une certification pour une institution étrangère? Le budget se situe entre 600'000 et 1 million de francs sur quatre à six ans, à quoi s’ajoute une rétribution de quelques centaines de francs par étudiant certifié.

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