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Elle écope de 8 ans pour avoir tiré sur sa fille

L’accusée est l’auteure d’une tentative d’assassinat, dit la Cour. Mais elle a bénéficié d’une certaine clémence, notamment demandée par sa victime.

A la lecture du verdict, l'accusée n'a pas bronché.
A la lecture du verdict, l'accusée n'a pas bronché.
Gilles-Emmanuel Fiaux

Dans le huis clos d’une famille monoparentale, composée d’une femme de 63 ans et de sa fille de 27 ans, l’acte principal d’un drame humain s’est joué en 2017 à Lausanne, lorsque la mère a tiré à plusieurs reprises sur son enfant. La jeune femme a échappé de peu à la mort, mais reste paralysée. L’enjeu du procès, qui s’est tenu cette semaine au Tribunal criminel d’arrondissement, consistait à établir la responsabilité de la mère. Avait-elle agi en préméditant froidement son acte ou était-elle, notamment, sous l’emprise de son addiction pour certains médicaments? Vendredi, la Cour a clairement tranché cette question en déclarant la mère coupable de tentative d’assassinat.

La peine aurait pu être bien plus sévère que les huit ans ferme dont cette femme a écopé. En rendant son verdict, la Cour a souligné la culpabilité «écrasante» de cette mère qui, tirant une première fois dans le dos de sa fille, a continué à faire feu après que sa fille s’est retournée, incrédule, prenant même le temps de débloquer son arme qui s’était enrayée. Une «froideur extrême» et une «absence particulière de scrupules», se sont accompagnées d’un mobile «parfaitement égoïste»: la vie de cette pharmacienne reconvertie dans l’immobilier, ainsi que le parcours de sa fille, n’ont pas été à la hauteur de ses ambitions. Et si elle a voulu emporter la vie de sa fille en même temps que la sienne, c’est parce qu’elle considérait sa fille «comme sa chose», note la Cour.

Ce terrible constat est toutefois partiellement résorbé par les psychiatres, dont l’expertise conclut à une diminution «moyenne» de la responsabilité. Troubles de la personnalité divers et un état dépressif ont joué un rôle dans cette affaire. Le tribunal en a largement tenu compte. C’est que, en face, il y a cette jeune femme, rendue paraplégique par les projectiles tirés par sa mère, qui espérait un verdict clément. En regard des dix ans requis par le Ministère public, il l’a été. Mais peut-être pas assez aux yeux mêmes de la victime. «Ce verdict est une nouvelle sanction dans sa vie, commente son avocate, Me Coralie Devaud. Ma cliente a pardonné l’impardonnable à sa mère et espère encore investir sa vie avec elle.»

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