«El País» fait de Lausanne la capitale du crime

PresseLe quotidien espagnol a relayé le débat sur le deal de rue en présentant la capitale vaudoise sous un jour particulièrement défavorable.

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Le correspondant d’«El País» en Suisse n’y va pas avec le dos de la cuillère. Quelques jours après l’irruption du cinéaste Fernand Melgar dans le débat sur le deal de rue, enflammant les réseaux sociaux et provoquant une tempête médiatique dans la foulée, le journal espagnol, qui revendique plus de deux millions de lecteurs, s’est emparé de l’affaire. Et, après un bref rappel des faits, force est de constater que la charge est sévère.

«Lausanne est devenue une ville infâme en Suisse pour l’insécurité, le vol à l’étalage ou le harcèlement sexuel des femmes dans la rue. À cela s’ajoute la vente de drogue à la sortie des écoles. Le tout face à l’impuissance des autorités municipales et de la police, incapables de réprimer le trafic et la violence croissante», écrit en substance le correspondant, dont les origines espagnoles du cinéaste expliquent en partie l’intérêt pour le sujet.

De son côté, Fernand Melgar, pourtant peu avare en critiques ces derniers temps, admet que l’article manque singulièrement de nuances. «Il est vrai que le journaliste force un peu le trait, même beaucoup. On a l’impression d’entendre parler du Bronx dans les années 1970. L’article va un peu loin, lâche le cinéaste, que le journaliste avait contacté en amont. Il m’a dit qu’il n’avait pas besoin de me voir, qu’il avait tout ce qui lui fallait.»

Le journaliste ne cite donc pas Fernand Melgar. De même qu’il ne donne la parole à aucun élu vaudois. «Je n’ai pas été contacté, et la police non plus en vue de cet article», confirme Pierre-Antoine Hildbrand, municipal de la sécurité, qui évoque par conséquent «des sources limitées: si ce journaliste nous avait questionnés, nous aurions pu lui dire que la criminalité est en baisse depuis 2012. Mais là, c’est Baltimore-sur-Léman.»

Publié par Fernand Melgar sur Facebook il y a quelques jours, l’article d’«El País» n’a pas manqué de faire réagir. À ceux qui soutiennent la publication, à ceux qui saluent la croisade de Melgar et enfin, à ceux qui dénoncent les raccourcis de l’article et n'y reconnaissent pas leur ville, le correspondant, Rodrigo Carrizo Couto a passé une partie du week-end à répondre. Lundi après-midi, il ne voulait plus commenter son article.

Créé: 04.06.2018, 16h26

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