Les élèves de Floréal proviennent de 49 pays différents

MulticulturalismeUn sondage réalisé auprès des enfants scolarisés dans l’établissement a montré la diversité culturelle qui y règne.

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«Lorsque Kai a commencé l’école, j’ai constaté à quel point le collège de Floréal était multiculturel, explique Jennifer Petree. Il suffit d’entendre les différentes langues parlées dans la cour tous les matins pour s’en rendre compte.»

Cette Américaine, mère de deux garçons, a donc souhaité en savoir plus sur les origines des camarades de son fils scolarisé à l’avenue de Cour. Elle a mis sur pied un collectif d’une dizaine de parents qui a élaboré un sondage. Ville de naissance du père et de la mère, langues parlées par les parents, lieu de naissance des enfants, langues parlées à la maison font partie des renseignements demandés aux 160 familles qui ont un ou plusieurs enfants scolarisés dans l’école de Floréal.

«Cent vingt-cinq familles ont joué le jeu, nous sommes très contents d’avoir obtenu autant de réponses, se réjouit Jennifer Petree. J’ai été surprise de constater à quel point une école typique de la classe moyenne lausannoise peut être si multiculturelle.» Pour rappel, le Collège primaire de Floréal accueille environ 250 élèves des classes allant de la 1P à la 6P.

Les résultats du sondage sont éloquents: 49 pays différents y sont représentés. La moitié sont des pays européens (Suisse incluse), l’autre moitié englobe des nations d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. Dans le désordre, on retrouve ainsi le Japon, le Monténégro, la Nouvelle-Calédonie, le Chili, le Pérou, l’Ukraine, le Sénégal, la Bosnie, l’Ethiopie ou encore le Maroc, les Pays-Bas, la Turquie, entre autres.

Autre point intéressant: deux tiers des élèves parlent plus d’une langue à la maison. Les parents de ces jeunes Lausannois parlent 35 langues différentes au total.

Lausannois d’aujourd’hui

«Les élèves sont presque tous nés ici, précise Jennifer Petree. Alors que leurs parents sont, pour plus de la moitié, nés ailleurs. Je trouve très enrichissant de voir des enfants qui baignent dans plusieurs cultures sans que cela soit conflictuel. Le but de ce sondage est de pousser à une vraie réflexion sur ce que veut dire être un jeune Lausannois aujourd’hui. Nos enfants seront les têtes pensantes de demain et ils auront grandi dans une ville multiculturelle et ouverte d’esprit.»


«La multiculturalité est une richesse incroyable pour la ville»

«Le multiculturalisme est une réalité à Lausanne, confirme David Payot, conseiller municipal à la Direction de l’enfance, de la jeunesse et des quartiers. La proportion de personnes étrangères en ville dépasse les 40%. Il est donc très important de maintenir une continuité entre la culture familiale et la culture scolaire pour tous ces jeunes qui sont issus de familles migrantes.»

Dans cette optique, la Ville met à disposition des locaux dans les bâtiments scolaires pour que les élèves puissent y suivre des cours de leur langue d’origine. Albanais, portugais, espagnol, tamoul, grec, entre autres…

«Les chiffres du Service des écoles primaires et secondaires montrent que ces élèves ne sont pas si étrangers que cela puisque la plupart sont nés et ont grandi ici, poursuit David Payot. Ils sont à cheval entre deux cultures et l’école se doit d’être un lieu ouvert qui inclut les parents. Pour Lausanne, c’est une richesse incroyable et nous avons à cœur de faciliter le plus possible l’intégration de ces enfants.»

Afin que le multiculturalisme lausannois soit un succès, la Ville propose aussi les devoirs accompagnés ou encore l’accueil préscolaire pour les enfants allophones. A noter que le Centre de ressources pour élèves allophones, qui gère les classes d’accueil et offre appui et coordination aux élèves et aux établissements lausannois, vient de fêter ses 10 ans.

Accédez à la page Facebook du collectif de parents ici. (24 heures)

Créé: 15.06.2017, 08h14

Tunisie

Nora Ksontini évolue dans une famille particulièrement multiculturelle. Ses parents, aujourd’hui divorcés, sont Tunisiens d’origine. Sa mère, Leila, est née en Suisse et a été naturalisée. Le beau-père de Nora est Uruguayen, mais a vécu au Brésil, là où sont nés trois enfants issus d’une première union. Aujourd’hui, Nora vit donc avec le plus jeune enfant brésilien de son beau-père, mais aussi avec Noam, 6 mois. Le petit dernier de Leila et son second époux. On parle donc portugais, espagnol, français et aussi un peu arabe à la maison! «J’adore l’ambiance qu’il y a en Tunisie et aussi la nourriture piquante que je mange régulièrement chez mes grands-parents qui ont une maison là-bas, mais vivent ici», explique la fillette. Sa mère précise: «Elle mange même des tartines au beurre et à l’harissa!»

Etats-Unis et Mexique

Jennifer Petree est l’une des instigatrices du sondage distribué aux élèves de l’Etablissement scolaire de Floréal. «Je suis une fille de Californie qui a grandi dans une culture peu diversifiée et monolingue.» Elle est arrivée en Suisse en 2004 lorsque son compagnon mexicain, Daniel Gatica, a trouvé un travail en Valais. Un an plus tard, le couple s’est installé dans la capitale vaudoise. «Nos enfants sont nés à Lausanne. A la maison, nous parlons anglais et aussi un peu espagnol», précise la maman de Kai et de Noah. «Lausanne, c’est la ville d’où je viens, les gens sont sympas et la nature est belle, explique Kai, 10 ans, dans un français impeccable. Lorsque je vais aux Etats-Unis, les enfants parlent ma langue préférée qui est l’anglais.» Et de conclure: «Je ne me sens pas juste Suisse, j’ai d’autres intérêts bien qu’ici, je me sente chez moi.»

Madagascar

Sabine Rakotondramoma a l’habitude d’épeler calmement son nom de famille chaque fois qu’on le lui demande. Cette native de Pully a épousé un Malgache avec qui elle a eu deux enfants: Allan, 17 ans et Estelle, 10 ans. La fillette est scolarisée à Floréal: «J’adore aller en vacances à Madagascar. Là-bas, j’ai plein de cousins, mais c’est à Lausanne que vivent mes meilleures amies.» Les parents d’Estelle sont séparés, mais son père vit toujours en Suisse. Du pays paternel, la jolie brunette adore le bord de mer et les énormes coquillages qu’elle collectionne. Elle aime un peu moins le riz, servi à outrance. «Lorsque l’on vit tout le temps dans une seule et même culture, on s’essouffle un peu, explique Sabine. Quand j’étais petite, une famille du Laos s’est installée dans mon immeuble. C’était un événement, aujourd’hui c’est classique et c’est tant mieux.»

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