Des vidéos pour vulgariser la politique

RenensMaximilien Anhorn, conseiller communal Vert à Renens, réalise des films pour sensibiliser les jeunes aux enjeux de la vie publique


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«Mon souhait était de montrer à des gens de mon âge que la politique n’a rien d’inaccessible.» Maximilien Anhorn, 20 ans, est à chaque fois révolté quand il voit le taux de participation des jeunes lorsqu’il faut se rendre aux urnes. «Lors des dernières élections fédérales de 2015, à peine plus de 30% d‘entre eux ont voté. C’est clairement insuffisant», affirme-t-il.

Pour essayer de sensibiliser ses pairs, l’élu renanais a décidé de suivre les codes du moment: réaliser des vidéos au contenu léché, puis les publier sur les réseaux sociaux. «L’impact de Facebook et de YouTube est incommensurable, explique Maximilien Anhorn. Je suis persuadé qu’avec un travail de vulgarisation ludique mais précis, on peut toucher des gens qui ne se sentent pas du tout concernés.»

Si ces vidéos ne cumulent pas des milliers de vues – plusieurs centaines au total –, elles ont toutefois séduit le Service du développement territorial du Canton de Vaud. «Après avoir vu une de mes réalisations sur l’Ouest lausannois, on m’a demandé de faire une vidéo de quelques minutes pour expliquer le PALM, détaille Maximilien Anhorn. Je devais synthétiser plus de 400 pages au langage parfois difficile et en simplifier le contenu. J’ai donc alterné entre la lecture du feuillet officiel, des blagues plus ou moins réussies (rires) et du montage audiovisuel.» Le résultat a été montré le 6 octobre 2016 lors de la conférence d’agglomération, où des centaines d’élus de la région lausannoise étaient réunis. «J’ai eu de très bons échos, mais aussi des retours plus mitigés. Certaines personnes trouvaient que mes propos n’étaient pas assez formels», poursuit le jeune conseiller communal.

Le PALM 2016 vu par Maximilien Anhorn

Gare au langage

Les propos trop formels sont justement le cheval de bataille d’Easyvote, la plate-forme de vulgarisation de la Fédération suisse des parlements des jeunes (FSPJ), qui enverra 100 000 brochures explicatives aux nouveaux votants en septembre. «Le langage utilisé par les politiques est le premier frein pour les nouveaux électeurs qui n’y connaissent pas grand-chose, assure Barry Lopez, porte-parole romand d’Easyvote. Il faut assurer une base d’éléments expliqués simplement. Nous essayons justement de proposer du contenu neutre et vulgarisé.» Et de poursuivre: «Une fois qu’une personne se rend compte que la politique n’est pas une chose inaccessible, elle approfondira ses recherches par elle-même.»

Maximilien Anhorn, à l’instar d’Easyvote, cherche à déclencher la petite étincelle qui pourrait pousser plus de jeunes à participer à la vie politique. «Dans la vidéo où j’explicite mon mandat de conseiller communal en faisant un peu d’humour – je me mets en scène et incarne deux personnages qui se répondent –, j’essaie justement de séduire des personnes qui ne connaissent pas le système en place, explique-t-il. Les gens de mon âge retrouveront des codes utilisés par des youtubeurs à succès, et peut-être que la forme de mes vidéos suscitera plus d’intérêts que des papiers officiels ou que ceux écrits par les partis. C’est mon but en tout cas.»

Du côté d’Easyvote, on ne souhaite pas se substituer à la documentation partisane, même si l’organisation ne la trouve pas adaptée à tous les publics. «Il faut savoir que ce sont les parents, suivis des enseignants, qui sont le premier facteur d’influence sur le vote des jeunes, explique Barry Lopez, qui est aussi l’assistant parlementaire d’Isabelle Moret (PLR/VD). Les informations des partis arrivent très loin derrière. Cela montre bien que d’autres types de supports informatifs sont une absolue nécessité.»

«L’intention est excellente mais, sur la forme, les vidéos sont un peu longues (ndlr: 4 à 5 minutes), donc les internautes risquent de zapper, analyse Jean-Luc Duvoisin, associé et directeur de création de DO! L’agence SA et expert dans les écoles de design et de communication ERACOM et SAWI. Cela dit, des vidéos comme celles de Maximilien Anhorn ne peuvent qu’avoir des effets bénéfiques puisqu’elles permettent de définir simplement des éléments qui peuvent paraître nébuleux de prime abord. Si cela sert, ne serait-ce qu’à une seule personne, à s'éveiller au sens civique et à la politique, il a réussi sa mission.»

Barry Lopez est lui aussi convaincu de l’utilité de ce genre de contenu. «Certains politiques ne comprennent pas que même si ce n’est pas le mot exact qui est utilisé lors d’une vulgarisation, le message essentiel est passé.» Et de conclure: «C’est par la suite que les jeunes vont s’intéresser au langage politique. Ce n’est pas l’essentiel de ce que nous proposons avec Easyvote.»

Créé: 24.06.2017, 18h44

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