Les élus se déchaînent sur l’animation des quartiers

LausanneLe Conseil communal demande plus de lisibilité à David Payot sur sa politique des quartiers.

En septembre 2014, la caravane des quartiers faisait halte à la Maison de quartier de Chailly et proposait des danses albanaises sous la yourte. Ce type de manifestation constitue un des piliers de la politique d'animation socioculturelle de Lausanne. Image: PHILIPPE MAEDER/A

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Le récent rapport de l’IDHEAP sur l’animation socioculturelle lausannoise a beaucoup inspiré le Conseil communal lausannois, mardi soir. Les résultats sévères de l’institut universitaire (Institut de hautes études en administration publique) ont entraîné un débriefing de plus d’une heure et demie où ont été examinés à la fois la politique des quartiers et le malaise au sein de la Fondation pour l’animation socio-culturelle lausannoise (FASL). Subventionnée à 99,2% par la Ville, elle traverse une période tumultueuse à l’interne. Les responsables ont d’ailleurs opportunément changé au moment de la sortie du rapport.

Dans une interpellation, la socialiste Latha Heiniger, travailleuse sociale de profession, demandait à la Municipalité (David Payot) de donner des précisions sur l’articulation temporelle entre le traitement des questions sur la FASL et celui de la future politique des quartiers. Cette action publique vise, pour rappel, l’intégration au sens large et encourage l’interaction entre les gens, avec l’espoir de lutter contre l’isolement ou le désœuvrement.

Le souci de l’interpellatrice est de ne pas mettre la charrue avant les bœufs. On parle de la politique des quartiers et de ses prochaines mesures, comme le budget participatif, mais aussi des remèdes pour une meilleure lisibilité de la FASL: «Il y a pas mal de tensions, dit Latha Heiniger. Il faut prendre le temps de comprendre.»

Après une première réponse de David Payot où le municipal a expliqué les grandes lignes de sa politique, le débat s’est notamment porté sur les animateurs socioculturels de la FASL. Ces professionnels sont parfois envisagés comme des gens «formatés pour remettre en cause l’autorité» (Axel Marion, Le Centre), dans un contexte où la gouvernance globale (de la fondation, de la Municipalité), n’est pas jugée bonne. Comme le dit le PLR Philippe Miauton, il faudrait «gagner en qualité» et poser des objectifs communs pour tous les quartiers. Or, la réalité est diverse entre Bellevaux, Sous-Gare ou Chailly.

Les élus d’Ensemble à Gauche ont milité pour que les animateurs gardent leur liberté. Cela ne cadre pas avec la volonté d’une majorité de monitorer et, en partie, d’homogénéiser l’action publique qui coûte tout de même une dizaine de millions. L’enquête de l’IDHEAP, à cet égard, a été mal prise par certaines maisons de quartier, comme celle sous-gare, présidée par l’indépendante de gauche Marlène Voutat. Les questions standardisées ont heurté: «Au bout de dix minutes, je n’en pouvais plus!» La présidente a invité les élus à venir voir ce qui se passe réellement sur place, où, en définitive, les usagers sont contents.

Un autre débat aura lieu dans quelques semaines sur l’avenir de la FASL, que le PLR aimerait «communaliser».

Créé: 19.09.2018, 15h39

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