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PolitiqueLes élus lausannois fustigent la Municipalité dans le scandale de Malley

Le Conseil communal a consacré un débat houleux aux responsabilités du Conseil d'administration après les plaintes des salariés de Vaudoise aréna.

Le Centre sportif de Malley a occupé une bonne partie de la séance du Conseil communal de Lausanne, ce mardi soir.
Le Centre sportif de Malley a occupé une bonne partie de la séance du Conseil communal de Lausanne, ce mardi soir.

Le scandale des employés surmenés du Centre sportif de Malley (CSM) a rebondi ce mardi soir au Conseil communal de Lausanne. Répondant à trois interpellations qui avaient été rédigées avant la crise sanitaire, le municipal des Sports Oscar Tosato a défendu la position de la Ville, jugeant que les procédures ont été globalement respectées, même si la grande effervescence due à la mutation du site et aux manifestations organisées de manière concomitante ont pu mettre les protagonistes en tension. Pour rappel, des employés ont dénoncé, peu après les JOJ de janvier, une situation de surmenage dans un contexte d'intimidations où, de surcroît, la loi sur le travail n'aurait pas été respectée.

Le responsable municipal ne nie pourtant pas que des problèmes ont pu avoir lieu; des compensations sur les heures supplémentaires et le travail de nuit sont d'ailleurs désormais promises, tandis que les questions légales sont examinées par le SECO. En début de discours, Oscar Tosato a en outre rappelé les succès des dernières manifestations qui se sont déroulées au CSM.

Kyrielle de résolutions

Cet «auto-satisfecit», selon le mot du PLC Valentin Christe, a fait mauvaise impression dans le contexte d'indignation assez généralisée qui régnait ce mardi soir parmi les élus. Une kyrielle de résolutions (c'est-à-dire des vœux que le Conseil communal adresse à la Municipalité) ont été déposées, donnant lieu à un très long débat, parfois émaillé d'acrimonie.

Aux yeux de la gauche radicale, la Municipalité, largement représentée au Conseil d'administration, a totalement manqué à son devoir de surveillance. «Elle doit aujourd'hui assumer les conséquences politiques et sociales de cette affaire, lance Pierre Conscience. On a vanté des JOJ low cost et c'est à ça que ça mène?» Le groupe demande la tête de Jean-Jacques Schilt, ancien syndic de Lausanne et président du Conseil d'administration, ainsi que celle du directeur du centre.

Le socialiste Benoît Gaillard note quant à lui que la Ville cautionne une partie des investissements et qu'elle a des responsabilités évidentes. Il salue le fait que les employés auront droit à des compensations mais demande expressément qu'il n'y ait pas de menace sur l'emploi. Il invite en outre le CSM à négocier avec les employés qui ont saisi le Service cantonal de l'emploi.

Et la présomption d'innocence?

Du côté du PLR, Florence Bettschart-Narbel exige que les conclusions de l'audit soient rendues publiques. Elle s'insurge de la «virulence» des propos d'Oscar Tosato, qui s'interroge sur le poids des déclarations des employés, les qualifiant au passage de «lanceurs d'alerte». Son collègue Jean-Daniel Henchoz demande quant à lui une professionnalisation du conseil d'administration.

De toutes les interventions, seule celle de l'UDC Jean-Luc Chollet est allée dans le sens d'une prise de recul par rapport à l'intensité de la période vécue par le CSM ces derniers mois: «On est toujours plus intelligent après.» Une parole qu'Oscar Tosato a relevée, exhortant la salle à ne pas faire de procès avant de connaître les conclusions de l'audit: «Il faut respecter le principe de la présomption d'innocence», a-t-il conclu.

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Le rapport d’audit a été rendu

Vice-président du conseil d’administration, Alain Gillièron nous a confirmé mercredi soir que les administrateurs de CSMSA avaient pris connaissance dans la journée du rapport d’audit rendu par le cabinet Vicario Consulting. «Nous n’avons pas encore pris de décision car nous avons besoin de temps pour absorber tout cela, relève le syndic de Prilly, l’une des communes actionnaires. Nous ne voulons pas nous mettre sous pression. Au-delà des employés concernés, c’est toute la problématique de la gestion de la Vaudoise aréna qui transparaît dans ce rapport. Une synthèse suivie de décisions seront communiquées fin juin.»

De leur côté, les employés et ex-employés concernés disent s’être sentis «reconnus dans leurs souffrances» lors de la séance du Conseil communal de Lausanne mardi soir. «On a enfin cessé de dire qu’on était des pauvres petites choses qui n’avaient pas supporté la pression des JOJ», témoigne l’une d’entre eux. À la fin de l’an dernier, onze collaborateurs avaient sollicité le Service de l’emploi pour dénoncer leurs conditions de travail et les difficultés relationnelles rencontrées avec leur direction.

Six mois plus tard, cinq personnes sont toujours en arrêt maladie alors que deux ont démissionné en raison des mêmes problèmes. Ces derniers sont multiples, et touchent le secteur administratif aussi bien que technique. Face aux employés réunis lors d’une séance très tendue au mois de décembre, le président du conseil d’administration, Jean-Jacques Schilt, avait admis que CSMSA était dans l’illégalité: non seulement elle ne compensait pas les heures effectuées de nuit, mais en plus elle n’avait jamais demandé d’autorisation pour ce type de travail.

Société propriétaire de la Vaudoise aréna, CSMSA appartient aux Communes de Lausanne, Renens, Prilly, ainsi qu’à Lausanne Région. Le syndicat Unia, qui défend les employés, se dit satisfait des déterminations du Conseil communal lausannois. «Il est par contre regrettable que la Municipalité s’arc-boute sur ses positions et ne fasse pas amende honorable, commente Arthur Auderset, secrétaire syndical. Nous espérons qu’elle respectera les vœux du Législatif et nous attendons avec impatience l’ouverture de négociations, attendue depuis six mois par les collaborateurs.» Le syndicat table sur une première rencontre la semaine prochaine, dans la foulée du rapport d’audit.

Ce dernier a été effectué à la demande du conseiller d’État Philippe Leuba. En février, Unia avait fustigé l’attitude du Service de l’emploi, qui avait tardé selon lui à prendre en main le problème. Il avait saisi le Secrétariat d’État à l’économie en tant qu’autorité de surveillance au niveau fédéral. Ce dernier ne s’est pas prononcé, selon le syndicat. Camille Krafft

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