Les élus lausannois unis contre le harcèlement de rue

PolitiqueLe programme de lutte contre le harcèlement des autorités a été largement salué par les élus, même si trop sécuritaire pour certains. Seule l'UDC a dit non.

Ce clip écrit par Yann Marguet vise à dénoncer le harcèlement de rue.


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Il n'y a pas que le clip qui veut mettre le harcèlement de rue au musée dans l'arsenal de lutte contre le phénomène que la Ville de Lausanne est en train de développer. Mardi soir, les élus lausannois étaient chargés de valider un ensemble de mesures présentées en décembre dernier.

Formation des policiers, application pour mieux suivre le phénomène en recensant les faits observés par la police, formulaire en ligne pour que le public puisse enregistrer des actes sans déposer forcément de plainte, prévention dans les écoles... Bref, l'éventail est large.

Et les élus n'ont pas manqué de souligner le sérieux avec lequel Pierre-Antoine Hildbrand, municipal responsable de la Sécurité, a empoigné le problème. Problème mis sur le devant de la scène par la députée Verte Léonore Porchet, lorsqu'elle était conseillère communale.

Des critiques se sont tout de même élevées, à gauche mais aussi à l'extrême droite. La Verte Sara Gnoni a dit toutefois regretter que le préavis «soit très centré sur la thématique de la sécurité et la majorité des réponses soient policières». Le PLC Valentin Christe dit craindre une tendance qui voudrait que les femmes auraient besoin de l'aide de l’État «pour pouvoir aller et venir dans la rue».

Pour les écologistes, le problème ne peut être résolu «à coups de sifflets, de caméras de surveillance ou de présence policière accrue».

L'UDC Anita Messere n'est pas d'accord, puisqu'elle déplore l'absence d'un dispositif de vidéosurveillance visant à «dissuader» les harceleurs. Elle a refusé le projet des autorités, le jugeant «insuffisant». Deux de ses collègues de parti ont fait de même. Et ils ont été les seuls élus à dire non. Alors que l'autre parti de la droite dure, le PLC, s'est abstenu.

Éduquer dans les écoles
La popiste Céline Misiego a pour sa part souligné que le préavis s'attaquait moins au problème du harcèlement comme produit de la structure sociale que comme une affaire de morale et de bonnes mœurs. Le groupe Ensemble à Gauche a toutefois largement soutenu les mesures proposées par les autorités. Tout en insistant sur le fait que la prévention en milieu scolaire devrait être une mesure pérenne et dispensée pas uniquement par des policiers.

Le Parti socialiste a apporté un soutien plus franc. Par la voix de sa vice-présidente Anne-Françoise Decollogny, il a relevé le fait que la copie municipale était le fruit d'un travail «fait très sérieusement». L'élue a souligné qu'elle avait pu constater, avec les années, que le phénomène du harcèlement de rue s'était aggravé et qu'il en allait de la sécurité des femmes d'agir contre lui.

«Le phénomène n'est pas nouveau»

Une remarque qui a fait réagir la libérale radicale Françoise Piron: «Je m'insurge! Ma première agression dans la rue c'était en 1967, j'avais 4 ans. Le phénomène n'est pas nouveau.» Mais simplement moins tabou, selon elle.

La libération de la parole des victimes est «essentielle» selon le Vert'libéral Jean-Marie Fürbringer. Il a aussi avoué: avant l'ouverture de ce grand débat des derniers mois, en tant qu'homme, il ne se rendait pas compte de l'ampleur de la chose.

Sa collègue PDC Sandra Pernet a tenu à souligner que la démarche visait, à son grand regret, uniquement les hommes. Et que des femmes étaient aussi des harceleuses. Alors que le Vert Xavier Company a rappelé que le harcèlement ne touche pas uniquement les femmes mais aussi notamment les personnes LGBT.

«Des mesures et des campagnes plus spécifiques viendront en cours de législature»

Le municipal Pierre-Antoine Hilbrand s'est exprimé sur ce dernier point. «Nous voulions d'abord traiter de ce qui constitue la grande majorité des cas. Mais des mesures et des campagnes plus spécifiques viendront en cours de législature.»

Il s'est aussi défendu de faire du tout sécuritaire. La sensibilisation, la prévention et le suivi du phénomène en sont des exemples, a-t-il dit. Il a aussi rappelé que le processus ne faisait que commencer.

Sa collègue de parti Thérèse de Meuron a d'ailleurs souhaité faire un peu d'histoire et rappeler que le radical Jacques Martin, au début des années 90, avait été à l'origine du deuxième bureau du pays dédié aux questions d'égalité hommes-femmes. Et qu'un numéro existait déjà à l'époque pour pouvoir recueillir les plaintes des femmes victimes. Avant d'ajouter non sans humour: «Bon, ils ne répondaient pas pendant la nuit. C'est pour ça qu'il est toujours mieux d'appeler le 117 en cas de problème.»

Créé: 22.05.2018, 21h56

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