Passer au contenu principal

Les élus refusent d’étudier l’idée d’une «artothèque»

Les Verts du Conseil communal lausannois proposaient de mettre des œuvres d’art en prêt ou en location pour ouvrir les citoyens à l’art. En vain.

Léonore Porchet proposait un dispositif permettant aux simple quidam d'emprunter ou de louer des oeuvres d'art plutôt que de les conserver sans visibilité dans les soutes des musées.
Léonore Porchet proposait un dispositif permettant aux simple quidam d'emprunter ou de louer des oeuvres d'art plutôt que de les conserver sans visibilité dans les soutes des musées.
ODILE MEYLAN/A

Pour sa dernière séance du Conseil communal de Lausanne, mercredi soir dernier, la Verte Léonore Porchet, élue désormais au Grand Conseil, a dû ravaler sa déception. Revenant d’un séjour à Berlin, la jeune élue avait en tête de monter à Lausanne une «artothèque» telle qu’il en existe dans la capitale allemande et en France, notamment. Après un assez long débat, la majorité du corps délibérant a choisi de ne pas la suivre, à 43 contre 25.

L’écologiste proposait dans un postulat de faire étudier par la Municipalité le principe d’une mise à disposition d’œuvres d’arts pour les particuliers, les écoles ou toute autre association, à la manière de ce que font les bibliothèques. Pour Léonore Porchet, c’est une forme de médiation culturelle qui aurait l’avantage de rapprocher de la création artistique tous ceux qui ne fréquentent pas les musées.

Assurances chères

Dans les rangs du Conseil communal, la proposition a paru utopiste, du moins à en croire les différentes déclarations des élus. Parmi les plus opposés, les socialistes ont prédit que c’était se lancer dans une aventure beaucoup plus onéreuse qu’il n’y paraît. Philippe Mivelaz a ainsi fait valoir que les œuvres seraient trop chères à assurer. Son collègue Vincent Brayer a quant à lui estimé qu’il faudrait équiper l’artothèque de copies.

Tout cela ne garantirait pas, toujours selon les socialistes, que le dispositif parvienne à abattre la «frontière symbolique» qui empêche les classes défavorisées de franchir le seuil des musées.

Les roses verraient plutôt que l’on encourage le bon peuple à prendre des cours d’«éducation artistique» ou que l’on organise des «musées temporaires dans les quartiers défavorisés». L’argument a suscité l’indignation de l’extrême gauche: «C’est une façon un peu bourgeoise de faire les choses», a commenté Alain Hubler d’Ensemble à Gauche, qui juge l’attitude des socialistes «arrogante».

En commission, neuf des onze commissaires avaient voté pour le renvoi du postulat à la Municipalité. L’idée consiste aussi, selon les défenseurs du projet, parmi lesquels figure l’UDC Anita Messere, à donner une vie aux œuvres qui gisent dans les soutes des musées. Pour Léonore Porchet, qui s’est exprimée en fin de débat, il s’agit de ne pas «opposer les différentes formes de médiation». «Les gens qui ont peur du milieu de la haute culture rentrent plus facilement dans une artothèque», a-t-elle ajouté en précisant que toute forme d’encouragement est bonne à prendre.

Une réalité en Valais

L’élue a aussi mentionné que la Ville de Sion était en train d’organiser une artothèque, sur le modèle de la bibliothèque: «Je ne vois pas pourquoi Sion pourrait le faire et pas Lausanne.» Mais rien n’y a fait. Le plénum a préféré rejeter l’idée pour épargner les finances lausannoises.

En sortant de la séance, Léonore Porchet n’a pas démordu: «Je présenterai l’idée au Grand Conseil!»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.