Encore une pierre dans le jardin d’Aligro City

Chavannes-près-RenensAttendu depuis 25 ans, ce projet doté de 600 logements et d’un centre commercial récolte un recours de l’Association Transports et Environnement.

Les images du futur quartier ont été présentées en 2010 à l’issue du concours d’urbanisme remporté par l’architecte Rudolf Rast.

Les images du futur quartier ont été présentées en 2010 à l’issue du concours d’urbanisme remporté par l’architecte Rudolf Rast. Image: DR

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C’est l’un des projets d’urbanisme qui doivent redessiner l’Ouest lausannois. A Chavannes-près-Renens, Aligro City est dans les cartons depuis 1992, qui marque l’achat d’un vaste terrain en bordure d’autoroute par l’entreprise de vente en gros. Objectif: y déplacer le siège d’Aligro, implanté sur la commune depuis 1969, construire un nouveau centre commercial et développer un quartier doté de quelque 600 logements. Ces ambitions devront attendre. Encore.

Le projet (voir l'infographie ci-dessous) fait l’objet du plan de quartier En Dorigny, qui a été adopté par le Conseil communal de Chavannes-près-Renens en avril 2016 déjà. Il aura fallu attendre le mois de juin de cette année pour qu’il soit validé par le Canton, mais voilà qu’un nouvel obstacle apparaît. L’Association transports et environnement Vaud (ATE Vaud) vient de recourir en justice contre la levée de son opposition au plan de quartier, déposée dans le cadre de la mise à l’enquête.

«C’est un projet important en termes de développement de l’agglomération, commente Valérie Schwaar, secrétaire générale de l’ATE Vaud. Nous ne nous opposons pas du tout à ce qu’il se réalise, mais certains éléments en lien avec le trafic sont hautement contestables.» Pour l’association, le plan de quartier accorde tout d’abord trop de places de parc au centre commercial Aligro. «Il existe une norme qui fixe la dotation en surfaces de parking par rapport aux surfaces de vente. Nous demandons qu’elle soit respectée», indique Valérie Schwaar.

L’association craint une augmentation importante du trafic dans une zone où la mobilité douce devrait régner, avec l’implantation du Campus Santé de l’autre côté de la route, qui accueillera d’ici à 2025 un centre de formation clinique destiné aux professionnels de la santé, la Haute Ecole de santé vaudoise (HESAV) et des logements étudiants. Mais l’ATE épingle aussi la Commune de Chavannes-près-Renens pour un manque de coordination entre le plan de quartier et la requalification de la route cantonale qui passe devant. «On prévoit de développer une vraie petite ville, alors qu’une route traverse la zone avec une limitation de vitesse à 80 km/h et sans piste cyclable», relève Valérie Schwaar.

«Nous nous sommes montrés particulièrement arrangeants pour ne pas allonger la procédure d’approbation»

«C’est une mauvaise nouvelle pour nous, réagit Jean-Pierre Rochat, syndic de Chavannes-près-Renens. Le projet va à nouveau perdre un temps considérable.» Du temps, le plan de quartier en avait déjà perdu en passant plus d’un an entre les mains du Canton avant de recevoir son approbation. «Il est de la responsabilité de la Commune de s’assurer de la coordination entre les plans de quartier et les projets routiers, explique Pierre Imhof, chef du Service du développement territorial. Il nous fallait vérifier que cela se ferait et nous nous sommes montrés particulièrement arrangeants pour ne pas allonger la procédure d’approbation de ce dossier.»

Du côté de la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR), on assure que la coordination avec le projet de requalification de la route cantonale doit se faire, mais au moment des premières demandes de permis de construire. Quant à la limitation de vitesse, elle n’est adaptée qu’à partir du moment où la zone est construite. S’agissant de la dotation en places de parc: «Nous en avons vérifié la légalité lors de l’examen préalable du plan de quartier, avant sa mise à l’enquête», relève enfin Federico Molina, chef de la division planification de la DGMR. Le recours de l’ATE Vaud pourrait retarder de plusieurs mois le premier coup de pioche d’Aligro City. «Les plans pour la demande de permis de construire sont pratiquement prêts, regrette Jean-Pierre Rochat. C’est un plan de quartier important pour la commune. Aligro doit absolument rester à Chavannes-près-Renens.»

Créé: 27.08.2017, 21h10

Un projet miné par plusieurs écueils

Achetée en 1995, la parcelle En Dorigny aurait pu accueillir rapidement le centre commercial Aligro. C’était compter sans une première pierre d’achoppement, lorsque, en 2002, un moratoire est décrété dans l’Ouest lausannois pour limiter les constructions fortement génératrices de trafic. En 2010, le projet refait surface avec un concours d’urbanisme remporté par Rudolf Rast, ancien directeur de l’architecture et de la construction d’Expo.02. Mais il fait face à une nouvelle tuile avec la nouvelle loi fédérale sur l’aménagement du territoire: afin de rendre la parcelle constructible, un échange de droits à bâtir est nécessaire avec un autre terrain prêt à être dézoné. La solution est trouvée l’an dernier avec un terrain à Veytaux, au prix d’une compensation qui n’a pas été dévoilée. La transaction a été approuvée par le Canton, mais reste soumise à l’adoption définitive du plan de quartier.

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