Des enfants sont blessés, les parents s'insurgent

LausanneUne pétition a réuni plus de 100 signatures après le choc qui a vu trois enfants blessés par un chauffard ivre le 21 décembre.

Jessica Décosterd et son fils Matheo, devant un des passages pour piétons qui inquiètent les parents. Le garçon de 8 ans a eu un accident le 8 novembre 2018 à cet endroit, avant celui de la veille de Noël qui a blessé trois enfants sur un autre passage à quelques centaines de mètres.

Jessica Décosterd et son fils Matheo, devant un des passages pour piétons qui inquiètent les parents. Le garçon de 8 ans a eu un accident le 8 novembre 2018 à cet endroit, avant celui de la veille de Noël qui a blessé trois enfants sur un autre passage à quelques centaines de mètres. Image: Odile Meylan

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Alors que les préparatifs de Noël battaient leur plein, trois enfants de 8 à 10 ans étaient blessés sur un passage pour piétons à l’avenue des Figuiers, dans le sud-ouest de Lausanne. Ils se rendaient, le 21 décembre vers 8h, à leur école, quand un trentenaire sous l’emprise de l’alcool a grillé le feu rouge et les a renversés.

La blessure la plus grave a été infligée à une fillette de 8 ans, une habitante du quartier qui souffrait d’une fracture ouverte du tibia. Elle a définitivement pu sortir de l’hôpital pendant la semaine de Nouvel-An. L’accident n’aura pas que des suites pénales dans le cadre d’une enquête toujours en cours. L’émotion est forte. Elle ravive un thème qui a déjà provoqué des discussions dans le secteur: la sécurité des écoliers face à un trafic intense. Des parents du quartier populaire de la Bourdonnette, à environ deux kilomètres du site de l’accident, ont réuni ces derniers jours plus d’une centaine de signatures. Ils réclament des mesures pour protéger leurs enfants, des patrouilleurs ou la mise sur pied d’un bus scolaire. Une lettre doit être adressée ces jours à la direction de l’établissement de Floréal où leurs enfants sont scolarisés.

Pourquoi la Bourdonnette? Selon les parents, deux des trois victimes, une fille de 9 ans et un garçon de 8 ans, venaient de cet endroit. Mais que font-ils aux Figuiers alors qu’il y a une école dans le quartier où ils habitent? «Dès 8 ans, parfois 7, nos enfants doivent prendre un bus des TL pour se rendre dans les collèges de Montoie et des Figuiers, rattachés à Floréal. Ce sont sûrement les seuls enfants aussi petits qui doivent faire un trajet aussi long. Avant, ils allaient à Malley mais il y a eu une réorganisation des établissements», expliquent deux mères de la Bourdonnette.

Cette préoccupation concerne entre trente et quarante élèves de 5P et 6P. Dès la 7P, les enfants de 10 ans et plus qui vont au Collège de l’Élysée sont considérés comme suffisamment âgés pour se débrouiller.

L’accident du 21 décembre révèle une mobilisation qui, expliquent les deux mamans, remonte à au moins deux ans. Des parents avaient déjà fait part de leur inquiétude et avaient présenté des propositions. Autre découverte: un garçon de 8 ans, qui se rendait de la Bourdonnette au Collège de Montoie, a été heurté par une voiture le 8 novembre 2018, quelques semaines avant l’accident provoqué par le conducteur ivre. Le petit s’était élancé au mauvais moment sur un passage pour piétons doté de feux, situé à quelques centaines de mètres au-dessus du lieu du drame de la veille de Noël.

«Par chance la voiture roulait à 30 km/h. Mon fils a eu le bassin déplacé et le thorax un peu écrasé. Une ostéopathe remet cela en place. Mais le plus dur, c’était le choc. Mon fils a perdu la mémoire pendant un mois et il ne dormait plus. Plusieurs de ses amis présents lors de l’accident ont dû rentrer chez eux tellement ils pleuraient. La directrice et une psychologue sont intervenues pour aider les enfants témoins», raconte Jessica Décosterd, la maman. Après cet événement, une réunion a eu lieu avec les responsables scolaires. Sans résultat concret, regrettent les parents.

«Boule au ventre»

Dans leur lettre, les parents font part de leur angoisse: «Nous envoyons nos enfants à l’école avec une «boule au ventre», cette inquiétude nous ronge de l’intérieur chaque matin.» Parmi les sources d’inquiétude figure le trajet en bus lui-même: «Dans le bus, ils sont confrontés à des inconnus et à des adultes qui ne sont pas toujours accueillants et bienveillants vis-à-vis des enfants.»

Dans le détail, les parents proposent d’engager, au minimum, des patrouilleurs scolaires sur trois endroits dangereux. «Les derniers accidents ont bien démontré que les feux n’étaient pas une solution à notre problème. Malgré les feux, les enfants ne sont malheureusement pas conscients du danger que représentent ces axes routiers. Comme vous le savez, ce sont des routes très fréquentées», relèvent-ils. Le grand giratoire de la Maladière, où débouche l’autoroute, est en effet tout proche.

Une grande partie des familles, pourtant à revenu modeste, serait disposée à contribuer à raison de 50 fr. par mois à l’organisation d’un bus scolaire. La dernière proposition consiste à mettre en place des classes supplémentaires à la Bourdonnette. Les petits élèves pourraient ainsi aller à l’école plus longtemps près de leur domicile, sans grande route à traverser. (24 heures)

Créé: 18.01.2019, 21h26

«Nous devons évaluer les différentes options»

Entre 30 et 40 enfants de 8 à 9 ans qui arrivent en groupe et en bus TL: l’ambiance est au jeu et à la bousculade dans une zone à fort trafic. Selon le municipal de l’Enfance, de la Jeunesse et des Quartiers, David Payot, cet enjeu est identifié. Mais il nuance le lien entre cette situation et l’accident du 21 décembre 2018: «Vu les circonstances, cet accident aurait pu se dérouler sur un autre lieu.» L’élu rappelle qu’une animation a été mise en place à la pause de midi pour que les élèves ne soient pas laissés à eux-mêmes. À propos des trajets, les responsables scolaires ont proposé un système de «pedibus en bus». Mais il faut trouver des parents accompagnants. Or ils travaillent fréquemment. Et les propositions de la pétition? L’idée des patrouilleurs pose problème: ils ne sont pas prévus lorsqu’il y a des feux. David Payot demande un peu de patience: «Nous évaluons les différentes options. Je ne peux pas indiquer de préférence.» En attendant, les enfants ont observé qu’un policier surveillait régulièrement leur arrivée en bus et la traversée. «Nous avons effectivement renforcé notre présence dans le secteur en question, que ce soit en rue avec nos spécialistes de la proximité ou en classe avec nos spécialistes de la prévention routière», affirme la police municipale de Lausanne.

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