L’enquête sur le décès de Jon est au point mort

Drame de RomeLes circonstances de la mort d’un collégien vaudois lors d’un voyage scolaire à Rome, en avril 2014, restent un mystère.

Les élèves du collège lausannois de l’Elysée occupaient tout un étage de la pension romaine.

Les élèves du collège lausannois de l’Elysée occupaient tout un étage de la pension romaine. Image: AFP

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Que s’est-il exactement produit le 8 avril 2014, peu avant minuit, dans la pension romaine où Jonathan Sanchez a perdu la vie? Comment ce garçon de 16 ans, scolarisé au Collège de l’Elysée, à Lausanne, a-t-il pu mourir d’un coup de couteau papillon en plein cœur dans la chambre qu’il occupait avec trois autres camarades? Plus d’une année s’est écoulée depuis le drame, mais ce qui s’est réellement passé pendant les minutes qui l’ont précédé reste une énigme.

La police cantonale vaudoise n’a pas manqué d’entendre les trois compagnons de chambre de Jonathan, ainsi qu’un quatrième camarade, à l’instar du premier président du Tribunal des mineurs, Alain Meister, qui a également auditionné l’enseignant qui a découvert l’élève ensanglanté. Toutefois, en dépit de ces démarches et d’une plainte pénale contre inconnu déposée auprès du Tribunal des mineurs, il y a un an, par Me Véronique Fontana, qui était encore l’avocate de la famille Sanchez, la clé du mystère est toujours entre les mains de la justice italienne, qui semble l’avoir oubliée dans un tiroir.

A l’heure actuelle, alors que la justice suisse n’a toujours pas pu prendre connaissance des résultats de l’autopsie réalisée à Rome quelques jours après la mort de Jon, comme ses amis l’appelaient, le for de l’action pénale demeure en Italie. Les autorités judiciaires transalpines ont en effet deux possibilités: soit elles traitent elles-mêmes l’affaire, soit elles accordent à la Suisse une délégation de poursuite pour instruction et jugement. La seconde solution est évidemment la plus logique: tous les protagonistes sont ici, et il y a fort à parier que personne ne prendra le risque de retourner en Italie pour répondre à une éventuelle convocation, encore moins en cas de jugement.

Sourde oreille

Il y a plusieurs mois, Alain Meister a donc pris soin d’informer les autorités judiciaires italiennes qu’il était disposé à reprendre l’exécution de la procédure pénale. Celles-ci, pourtant, continuent à faire la sourde oreille, sans explications. Pour tenter d’obtenir gain de cause, le président du Tribunal des mineurs a dû passer, c’est une obligation pour lui, par l’Office fédéral de la justice, seul compétent en matière d’entraide judiciaire internationale. Selon nos informations, néanmoins, les rappels réguliers de ce dernier ont laissé de marbre les autorités italiennes, qui n’ont pas communiqué le moindre renseignement ou document au Tribunal des mineurs. Dès lors, ce dernier ignore où en est l’enquête à Rome. Pis: la justice italienne n’a même pas demandé, par voie de commission rogatoire, les auditions effectuées en Suisse, tant par la police cantonale que par le Tribunal des mineurs.

Démarches sans effet

L’Office fédéral de la justice n’a donc pas eu plus de succès dans ses démarches que n’en avait eu l’an dernier Me Véronique Fontana, avant que la famille Sanchez ne prenne la décision de mettre fin à son mandat, vraisemblablement faute de moyens. Si l’avocate lausannoise – qui n’est pas tenue de passer par l’Office fédéral de la justice – était parvenue, grâce à sa ténacité, à entrer en contact avec la procureure Anna Di Stasio, en charge des investigations, elle n’avait pas réussi, en revanche, à obtenir le moindre élément d’une enquête qui devrait être, depuis le temps, largement bouclée. Une lettre à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, destinée à la mettre au courant de l’affaire en cours, n’avait pas produit davantage d’effet.

Désormais, alors que la famille du jeune garçon se mure dans le silence, il est à craindre que l’on ne s’achemine vers un classement de l’affaire et que la mort violente de Jonathan ne demeure un mystère à tout jamais.

Créé: 19.05.2015, 07h11

A 16 ans, Jon, véritable boute-en-train, était la star de son collège. (Image: DR)

Pas de souvenirs vraiment précis

Tout semble calme, le 8 avril 2014 aux environs de 23 heures, à l’étage loué par le collège lausannois de l’Elysée dans la pension Domus Nascimbeni, à Rome. L’un des trois enseignants qui accompagnent le groupe est sur le point de s’endormir quand on frappe violemment à sa porte.

Dans la chambre occupée par trois autres garçons où un élève l’entraîne précipitamment, Jonathan, 16 ans, est allongé sur le sol, en chien de fusil. L’enseignant le met sur le dos et découvre une plaie profonde, sous le sein gauche. Le garçon décédera quelques instants plus tard.

On découvrira alors que les élèves avaient acheté le jour même trois couteaux papillon, dont l’un a mortellement blessé Jonathan. Interrogés lors de leur retour en Suisse, ses compagnons de chambre ont affirmé ne pas avoir de souvenirs vraiment précis des événements, mais ont néanmoins dit se rappeler que leur camarade, peu avant le drame, était couché sur son lit et jouait avec son couteau.

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