L’enseignant brillant abuse de sa pupille

ProcèsUn jeune prof déchu comparaît pour avoir manifesté de manière appuyée son attirance pour son élève adolescente.

Image: Philippe Maeder

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Même les propres parents de la plaignante le décrivent comme un professeur «excellent» dispensant des cours «de haute volée». Mais cet intellect n’a pas pesé lourd face aux émotions de ce professeur presque trentenaire, poète et astrophysicien à ses heures. Devant la jeune fille de 15 ans qui lui était confiée, le brillant esprit s’est égaré: «Quand il y a une femme devant moi, je perds quinze ans d’âge mental», a-t-il argué, plaidant être tombé amoureux et ne pas percevoir le tort infligé à l’adolescente devant le Tribunal de police de Lausanne.

Sur une courte période, entre août et septembre 2018, des leçons privées ont pris une tournure autre qu’éducative: l’acte d’accusation retient des épisodes progressifs de bisous dans le cou, léchouilles, mordillements, baiser profond, corps à corps sans se dénuder, caresses par-dessus les vêtements, coin de short baissé sur la hanche, suivis d’une série de textos autrement explicites, où le professeur détaille ses fantasmes autour d’un rapport sexuel futur, enjoignant son interlocutrice à relater les siens. Des événements restant «au seuil le plus bas du degré de gravité» des actes d’ordre sexuel avec des enfants, a plaidé David Métille, défenseur.

Les dégâts sont pourtant considérables. En dépression, l’élève douée a lâché ses études, se refuse à lire ou à écrire, voit un psychiatre deux fois par semaine. Soutenue par ses parents, elle raconte s’être d’abord sentie coupable de ces gestes qu’elle ne souhaitait pas, de ne pas avoir su les éconduire. Or, a rappelé son avocate, ce n’était pas à elle de poser les limites: «La loi est claire: il y a un devoir général de protéger l’enfant de tout acte sexuel. Il est sans importance qu’il y ait eu consentement ou non et le degré de maturité physique ou psychique de l’enfant n’entre pas en ligne de compte.» Le parquet réclame 150 jours-amendes avec sursis et 900 francs d’amende. La magistrate chargée du dossier pourrait en outre décider d’une interdiction d’exercer auprès de mineurs. Verdict suivra.

Créé: 02.12.2019, 18h21

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