L’éolien divise les Vaudois, mais aussi les Valaisans

EnergieUne expérience de dix ans en Valais, est-ce transférable? Regards croisés des opposants et partisans vaudois.

Les Vaudois débattent au pied de l'éolienne de Collonges (VS) qui fêtait samedi ses dix ans. A gauche, Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage-Libre Vaud qui conteste les parcs éoliens planifiés dans le canton de Vaud, et Gilles Fahrni, président de l'association de soutien au projet d'éoliennes de Sur Grati, à Vaulion et à Premier, dans le Nord vaudois.

Les Vaudois débattent au pied de l'éolienne de Collonges (VS) qui fêtait samedi ses dix ans. A gauche, Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage-Libre Vaud qui conteste les parcs éoliens planifiés dans le canton de Vaud, et Gilles Fahrni, président de l'association de soutien au projet d'éoliennes de Sur Grati, à Vaulion et à Premier, dans le Nord vaudois. Image: MARIUS AFFOLTER

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Les Vaudois qui se rendent en Valais ne prêtent plus attention aux trois grandes hélices situées dans la région de Martigny. Elles font partie du paysage. Et cela depuis dix ans: la première éolienne valaisanne, Cime de l’Est, à Collonges, a été construite en 2005. Cette machine en impose. Et pourtant, surprise: elle est moins élevée, du haut de ses 135 mètres, que les six installations du Nord vaudois envisagées au lieu-dit Sur Grati, à Vaulion et Premier, avec le soutien de Vallorbe. Elles devraient culminer à 201 mètres.

Gilles Fahrni, le président de l’association de soutien au projet de Sur Grati, s’est justement immergé samedi dans la réalité valaisanne à l’occasion d’une invitation à la population adressée par les exploitants des éoliennes de la région de Martigny. 24 heures l’avait invité à confronter son opinion à celle de Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage-Libre Vaud (environ 2000 membres), qui s’oppose aux parcs éoliens planifiés du côté vaudois. Des habitants de Collonges et du village voisin de Dorénaz, aux opinions diamétralement opposées, donnent aussi leur avis sur des points sensibles.

«L’éolienne a un impact visuel auquel je ne m’habitue pas», lance Florence Lattion Richard. Elle habite à Collonges, à un kilomètre de la grande hélice. Elle se bat en justice contre la construction de deux autres éoliennes dans la région. «Une éolienne, c’est joli. Surtout si on la compare avec les lignes à haute tension et l’autoroute qui traversent la région», lancent, à l’opposé, Patrick et Marie-Laurence Ballestraz, qui habitent plus loin, à Dorénaz.

L’atteinte au paysage, c’est ce qui fait enrager Jean-Marc Blanc: «D’un côté, le Jura risque d’être défiguré. Et, derrière moi, dans le Jorat, on projette des éoliennes géantes. Mon environnement sera fait d’éoliennes.» Gilles Fahrni, le partisan de Sur Grati, souligne que les hélices ne sont pas éternelles: «D’abord, la beauté, ça reste subjectif. Mais il faut surtout souligner que les installations éoliennes sont réversibles. Le projet Sur Grati inclut même les frais pour les enlever si elles ne sont plus nécessaires. En Valais, des vallées ont été modifiées pour l’éternité par les barrages.»

Le bruit

«C’est comme un moustique dans la chambre à coucher. Certaines nuits, je ne ferme pas l’œil à cause des infrasons», affirme Florence Lattion Richard. «Nous, on n’entend rien. Mais il faut admettre que les opposants se trouvent plutôt à Collonges qu’à Dorénaz», déclare la famille Ballestraz. Les responsables de l’éolien valaisan affirment que les niveaux de bruit enregistrés par les experts vont de l’inaudible au quasi inaudible et se situent au-dessous des normes. Pour le partisan vaudois Gilles Fahrni, le débat qui agite la région de Martigny n’est pas transposable aux projets du Jura vaudois: «Ici, à Collonges-Dorénaz, c’est encaissé. Les éoliennes se situent au même niveau que les maisons. Les projets du Jura vaudois se situent sur les crêtes, en montagne.»

Pour Jean-Marc Blanc, les éoliennes dressent les Vaudois les uns contre les autres. «L’exemple valaisan, où pourtant les conditions de vent sont les meilleures en Suisse, montre que les gens n’arrivent pas à se mettre d’accord.» Gilles Fahrni tempère: «Ce n’est pas comparable. A Dorénaz, je ne suis pas sûr que je soutiendrais. Chez nous, les projets sont perdus dans les pâturages.» (24 heures)

Créé: 30.08.2015, 19h52

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