Epinglé pour ses publications Facebook, un élu UDC renonce au perchoir

PullyInterpellé par le PLR et le PS, Luc Jeanneret renonce à accéder à la présidence du Conseil communal.

La Maison pulliérane, siège du Conseil communal de Pully.

La Maison pulliérane, siège du Conseil communal de Pully. Image: VALDEMAR VERISSIMO- Archives

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Luc Jeanneret va-t-il trop loin sur les réseaux sociaux? Les publications sur Facebook de cet élu UDC font grincer des dents dans le monde politique pulliéran. En tant que premier vice-président du Conseil communal, la présidence de cette assemblée l’année prochaine lui revenait logiquement. Seulement voilà, la perspective qu’il accède à la fonction de premier citoyen de Pully n’enthousiasme guère les deux partis les plus importants de la ville, le PLR et le PS.

Ils ont fait savoir au Bureau du Conseil qu’ils «ne s’engageaient pas à soutenir la candidature» de Luc Jeanneret si ce dernier ne s’engageait pas, de son côté, à «ne pas tenir publiquement des propos qui peuvent heurter la population, y compris sur les réseaux sociaux».

Le courriel est signé par les présidents du PLR et du PS de la région Pully-Paudex-Belmont ainsi que par les chefs de ces deux groupes. «Nous sommes conscientes et conscients que M. Jeanneret a bien sûr une liberté de penser et de s’exprimer qui lui appartient, écrivent-ils. Nous craignons cependant qu’il n’ait pas pris conscience des responsabilités qui lui incomberont l’année prochaine s’il est élu à la présidence du Conseil communal. En effet, M. Jeanneret n’a pas toujours fait preuve de l’intégrité qui est demandée lorsqu’un membre du Conseil accède à la fonction de premier citoyen de la commune. Ses commentaires sur les réseaux sociaux ont souvent été à la limite du pénal, notamment quand il fait des allusions qui peuvent être perçues comme racistes.»

«Un chat un chat»

Sur le profil Facebook de l’élu, librement accessible, on peut notamment lire des posts visant les musulmans. En 2016, par exemple, Luc Jeanneret relayait ce message: «Ceux qui commettent des attentats meurtriers, ceux qui se font exploser, ceux qui massacrent à la kalachnikov, ceux qui assassinent à coups de couteau, ceux qui écrasent les enfants, les femmes, les hommes, ceux qui tranchent les gorges, etc., ce ne sont pas des déséquilibrés ni des dingues ni des fous, ce sont des musulmans!» Le tout assorti d’un commentaire personnel: «Ose-t-on encore appeler un chat un chat?»

L’intéressé se défend: «Peut-être que je tiens des propos virulents et assez musclés mais je n’ai jamais rien publié de raciste. J’ai toujours fait attention à ce que mes propos ne tombent pas dans la haine. La liberté d’expression, ça existe. Si l’on ne partage pas mon point de vue, on peut me répondre sur Facebook. Je ne me cache pas derrière un pseudonyme.» Il voit dans la démarche du PS et du PLR une «façon de taper sauvagement sur l’UDC».

Nouveau venu en politique (il est entré en 2016 au Législatif pulliéran), candidat malheureux à la Municipalité et au Grand Conseil, Luc Jeanneret renonce au perchoir qui lui tendait les bras. «C’est une fonction qui ne me fait pas peur. Je pense avoir toutes les capacités pour l’assumer. Mais pas dans ces conditions. La majorité du Conseil est contre moi. Imposer quelqu’un qui n’est pas souhaité ne serait pas intelligent.»

Question d’attitude

Yassin Nour, chef du groupe socialiste, se dit «tranquillisé» par cette décision. «Chacun est libre de s’exprimer, mais les propos de M. Jeanneret sont parfois un peu excessifs. Cette lettre est un avertissement concernant son attitude, laquelle peut prêter à polémique. A lui de comprendre qu’il y a des limites en matière de bonne tenue.»

«On attend du premier citoyen de la commune une attitude exemplaire puisqu’il représente notre assemblée», relève Nathalie Jaquerod, présidente du PLR Pully-Paudex-Belmont.

Le tournus entre partis adopté en début de législature – qui prévoit que la présidence du Conseil de Pully revienne à l’UDC pour la période 2017-2018 – n’est «nullement remis en cause», assurent en chœur les sections locales du PLR et du PS. Selon toute vraisemblance, c’est l’ex-députée Lena Lio qui sera présentée par le parti en lieu et place de Luc Jeanneret le 21 juin, jour du vote.

(24 heures)

Créé: 12.06.2017, 06h51

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Publié le 24 septembre 2018.
(Image: Bénédicte?) Plus...