Les éternels insatisfaits marient terroir et affaires

PortraitDepuis leur rencontre à l’université, Landry Pahud et Michael Brülhart forment une paire redoutable en affaires

Michael Brülhart (à g.) et Landry Pahud forment une paire d'entrepreneurs débordant de créativité

Michael Brülhart (à g.) et Landry Pahud forment une paire d'entrepreneurs débordant de créativité Image: Vanessa Cardoso

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«Landry et Michael? Des personnes fantastiques! assure Marc Leumann, gérant du bar à vins Le Cellier à Échallens. Avec des façons d’être très différentes, mais qui forment un tout lorsqu’ils sont ensemble.» «Deux gros bosseurs, qui sont au moins aussi gros déconneurs à côté du travail», complète Daniel Muralti, brasseur des bières artisanales La Challensoise dans le local d’à côté.

Les deux sociétés ont en commun d’être nées dans l’esprit perpétuellement en ébullition de ces deux jeunes entrepreneurs à succès. «Depuis qu’on s’est rencontré dans une classe de HEC à Lausanne, on se challenge en permanence l’un l’autre», explique Landry Pahud, le sociable hyperactif, mais parfois impatient, du duo. «On se fatigue mutuellement, mais on ne peut pas faire autrement», se marre Michael Brülhart, le gestionnaire structuré à l’extrême de la paire. Leur duo fonctionne tellement bien qu’ils limitent leurs rencontres hors travail pour éviter l’autoallumage. «Par contre, on s’affronte régulièrement au badminton. Et comme aucun des deux n’aime perdre, ça peut devenir assez chaud», rigole Michael Brülhart. Petit rappel au passage, sport et entrepreneuriat ont beaucoup en commun: «Dans les deux tu dois te battre pour gagner!»

Des fous furieux

«Nous sommes des malades mentaux, reprend Landry Pahud. Et des fous furieux du détail. Il faut que tout soit toujours parfait: on est capable de se battre sur la couleur des serviettes sur les tables. Ce n’est pas pour rien qu’on se surnomme «Les éternels insatisfaits.» La répartition des tâches n’a par contre jamais été un sujet d’affrontement: elle se fait naturellement, en fonction des compétences de chacun. Même s’ils s’étaient croisés quelques fois auparavant, notamment dans des fêtes de jeunesse, c’est à la Faculté des hautes études commerciales de l’Université de Lausanne que Landry Pahud et Michael Brülhart se sont vraiment rencontrés. Et qu’ils se sont découvert plusieurs points communs: leur esprit d’entrepreneur bien sûr, et un fort attachement à leur coin de pays, le Gros-de-Vaud. Le premier a en effet grandi à Poliez-Pittet et le second à Bioley-Orjulaz. Tous deux ont également pratiqué assidûment le football, mais jamais dans la même équipe. Enfin, ils partagent un amour de la convivialité. Tant Landry que Michael ont grandi dans des familles nombreuses, en partie paysannes. «On aime les endroits où tout le monde se tutoie, sans tenir compte de l’âge, du sexe ou du niveau social.»

Sur les bancs de HEC, ils réalisent vite qu’ils forment un duo redoutable, se lancent leurs premiers défis et obtiennent des résultats. «On n’avait peur de rien. En 2e année d’uni, on est allé à l’UBS chercher un financement et on l’a obtenu!» Et dès la fin de ses études, le duo crée sa première société: ProResto.ch, un site internet recensant les bonnes adresses de Suisse romande. Une année plus tard, ils en tirent un site dédié aux produits viticoles, ProVino.ch. Le Gros-de-Vaud est pourtant plutôt pauvre en la matière. «L’idée nous a été suggérée par des interlocuteurs qui appréciaient notre combinaison d’origines terriennes et de connaissances en marketing et communication. Ça nous a flattés, mais aussi interpellés: comment pouvions-nous être Vaudois, aimer les produits du terroir et ne pas connaître grand-chose aux vins?»

Jusqu’à cent heures par semaine

Si l’aventure viticole démarre en ligne, les deux amis imaginent immédiatement la création d’un lieu bien réel, dédié à ces contacts humains qu’ils affectionnent. Un bâtiment situé en face de leur bureau de la zone industrielle d’Échallens leur tape dans l’œil. «Un bar à vins à côté de la déchetterie, c’était un peu risqué, confirme Landry Pahud. Mais d’un autre côté, le loyer était attractif, on touchait notre réseau de copains, on comblait un manque dans la région et on ne risquait pas de déranger des voisins.» Le concept du Cellier cartonne dès les premiers mois d’ouverture. Il faut dire que le duo s’en donne les moyens: durant la première année, il atteint régulièrement nonante à cent heures de travail par semaine. «On voulait pouvoir s’offrir une terrasse. Parce que sinon tu n’as plus personne en été.» À peine le lieu avait-il trouvé sa vitesse de croisière qu’un de leurs amis – Daniel Muralti – évoque son projet de brasserie artisanale. «Comme le Cellier débordait le vendredi et qu’une bonne partie de la clientèle buvait des bières, on a foncé.» La brasserie La Challensoise voit le jour en 2016. Peu de temps après, le duo répond à un appel d’offres du Canton pour commercialiser les produits de Vaud Œnotourisme. Ses relations avec 200 vignerons et son expérience séduisent les responsables. Le mandat débouchera il y a quelques mois sur la création de la société Swiss Creative Sàrl, constituée avec Yann Stucki, ancien chef de projet de Vaud Œnotourisme et ancien président de la Fédération vaudoise des Jeunesses campagnardes.

«Ce rythme d’une nouveauté tous les deux ans n’est pas un hasard, constate Michel Brülhart. Il correspond au temps nécessaire pour lancer un projet, précisément la période qui nous motive. Dès que les choses roulent, ça devient moins excitant et on se remet à chercher de nouveaux défis.»

Seraient-ils capables de céder tout ce qu’ils ont construit pour passer à autre chose? «Ce n’est pas du tout d’actualité, car on aime nos projets, rassure Landry Pahud. Mais si un jour on trouve une idée qui nous motive tous les deux et qui demande de tout vendre, la question pourrait se poser.»

Créé: 08.05.2019, 09h06

Bio Express

1987
Michael Brülhart naît le 13 février à Lausanne, suivi par Landry Pahud le 16 septembre dans la même ville.
2006
Les deux se retrouvent dans la même classe à la HEC de Lausanne.
2010
Landry Pahud parcourt le monde et notamment le Canada et les États-Unis pour apprendre l’anglais.
2011
Création de leur première société, ProResto SA.
2012
Lancement du site internet ProVino.ch.
2014
Ouverture du bar à vins Le Cellier à Échallens.
2016
Lancement de la bière artisanale La Challensoise avec le brasseur Daniel Muralti et ouverture du bar à bière du même nom à Échallens.
2018
Création avec Yann Stucki de la société Swiss Creative SA proposant des concepts complets de communication.

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