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L’étude lausannoise qui fait tousser Philip Morris

Des scientifiques affirment que, contrairement à ce qu’assure le géant américain du tabac, son IQOS émettrait bien de la fumée.

C'est au Flon que Philip Morris souhaite ouvrir une boutique sur trois étages dédiée à son produit IQOS
C'est au Flon que Philip Morris souhaite ouvrir une boutique sur trois étages dédiée à son produit IQOS
PATRICK MARTIN

L’année où Philip Morris International (PMI) espère ouvrir au Flon à Lausanne le premier magasin au monde dédié à son nouveau produit IQOS, la nouvelle tombe mal. Des chercheurs de l’Institut de Santé au Travail (IST) et de la Policlinique médicale universitaire (PMU) de Lausanne publient ce lundi une communication dans la revue scientifique américaine JAMA-Internal Medicine. Il s’agit des résultats d’une étude indépendante sur l’IQOS (pour I Quit Ordinary Smoking) justement, l’appareil présenté par le géant américain du tabac comme une alternative «moins nocive» à la cigarette. Selon les scientifiques, et contrairement à ce qu’affirment PMI, l’IQOS émettrait bel et bien de la fumée. Il relâcherait aussi des composés toxiques présents également dans la fumée d’une cigarette conventionnelle.

«Ne cherchez pas un organisme de prévention de la santé ou un groupement anti-tabac derrière notre étude: nous l’avons initiée nous-même. Des questions se posaient sur l’IQOS et nous avons voulu y répondre», prévient le professeur reto Auer (PMU). Des questions relatives à la nocivité du produit, un porte-cigarettes qui chauffe à 330 °C une mini-cigarette de tabac. Pour Philip Morris International, l’innovation réside dans le fait qu’il n’y a pas de combustion à l’intérieur de l’IQOS, donc qu’il ne génère pas de fumée ni de cendres mais seulement de la vapeur de tabac.

Un appareil à fumer

Les chercheurs lausannois ont donc comparé le contenu de la fumée de l’IQOS avec ceux d’une cigarette conventionnelle. Ils ont utilisé un appareil à fumer conçu et testé dans le laboratoire de l’IST. «Comme annoncé par le producteur, la température de l’IQOS était plus basse (330 °C) que la cigarette conventionnelle (684 °C). Par contre, des composés organiques volatils - des hydrocarbures aromatiques polycycliques cancérigènes et du monoxyde de carbone - étaient présents dans la fumée de l’IQOS», constatent les scientifiques. Bien que la concentration de la plupart des composés toxiques soit moins élevée que dans la fumée de la cigarette conventionnelle, les chercheurs auraient également trouvé la présence importante d’autres substances nocives.

«Par comparaison avec la cigarette conventionnelle, la concentration monte jusqu’à 82% pour l’acroléine et dépasse même 175% pour l’acénaphtène, deux substances irritantes majeures de la fumée de tabac. La fumée IQOS contenait même 84% de la nicotine présente dans la fumée des cigarettes conventionnelles», avancent les chercheurs. L’IQOS reste-il malgré tout moins nocif que la cigarette? «Probablement, mais la réalisation d’autres études indépendantes est nécessaire pour être en mesure d’évaluer les effets sur la santé suite à l’usage de l’IQOS», concède le professeur Reto Auer.

Contacté, Philip Morris se dit «très surpris» des conclusions de l’étude lausannoise. La société américaine persiste. «En ce qui concerne la vapeur de tabac d’IQOS, notre recherche, au même titre que des études menées à ce jour par des experts indépendants, prouvent qu’IQOS ne génère ni combustion, ni fumée.» Pour ce qui est des constituants toxiques présents dans la fumée d’une cigarette, «ils sont significativement réduits dans la vapeur de tabac d’IQOS en comparaison avec la cigarette». Selon Philip Morris International, les études réalisées à ce jour indiquent qu’IQOS représente «vraisemblablement» une alternative moins nocive pour les fumeurs qui arrêtent de fumer et utilisent exclusivement IQOS. «Nous croyons fermement que ce produit peut contribuer de manière significative à la réduction des risques liés au tabagisme.» PMI se propose de discuter de l’étude en question - ses résultats et sa méthodologie - avec les auteurs.

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