Des étudiants bousculent les codes et redessinent Lausanne

EPFLArrivés au bout de leur parcours, les étudiants en architecture livrent le produit de leur travail de Master. Découvertes.

Avec un diamètre de 110 mètres, la plateforme circulaire de Ricardo Silva Aguiar permet de rêver à une balade lacustre à Ouchy, autant que la possibilité de s’y baigner. En prime, un jardin subaquatique susceptible de filtrer l’eau.

Avec un diamètre de 110 mètres, la plateforme circulaire de Ricardo Silva Aguiar permet de rêver à une balade lacustre à Ouchy, autant que la possibilité de s’y baigner. En prime, un jardin subaquatique susceptible de filtrer l’eau. Image: Ricardo Silva Aguiar

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La volée 2019 des étudiants en architecture de l’EPFL vient de terminer l’année avec la présentation des travaux de master devant un jury. Réalisés seuls ou à deux, ces travaux de fin d’études sanctionnent un semestre de recherche théorique et la réalisation, pendant le semestre suivant, d’un projet architectural complet.

Ces projets s’affichent ces jours au sein de la section d’architecture. Et ils ne sont pas réservés aux seuls étudiants et professeurs. Au contraire, chacun peut venir s’inspirer des fruits de la réflexion menée intensivement sur un thème architectural, voire urbanistique. Cela d’autant plus que bien des travaux ont porté sur Lausanne et ses environs.

Que faire de la ville, comment la rendre plus conviviale ou la densifier? Le travail des architectes a son influence sur les qualités urbaines. Ce passage rituel de fin d’études, avec la soutenance d’un projet concret, a permis aux étudiants de creuser une thématique en toute liberté.

Un cadre idéal pour tester une idée sans avoir à tenir compte des contraintes économiques ou politiques qui rattraperont immanquablement les jeunes architectes dans leur carrière professionnelle. «Contrairement aux deux autres grandes écoles d’architecture, l’EPFL n’impose aucune contrainte. Nous attendons de nos étudiants qu’ils démontrent leur autonomie, leur maturité.» À la tête du Laboratoire de construction et de conservation, le professeur Luca Ortelli se félicite de cette liberté académique, propice à la réflexion.

Visionnaires ou réalistes

Les travaux de cette volée ne l’ont pas déçu. «Il y a des projets visionnaires, d’autres sont plus réalistes, commente Luca Ortelli. Beaucoup ont suscité des discussions passionnantes.» La difficulté pour les professeurs est désormais d’évaluer correctement des travaux qui présentent une diversité folle. Autrefois limitée aux plans et à la réalisation d’une maquette, la présentation des projets est de plus en plus créative. En plus de fournir des images de synthèse, plusieurs étudiants se sont lancés dans la réalisation d’animations plongeant au cœur de leur projet.

Ainsi, la visite de ces projets s’ouvre davantage au grand public. C’est l’occasion de voyager et d’apprécier la mise en valeur esthétique de certains dossiers. C’est le cas notamment de celui présentant une tour d’observation de l’espace, à Jérusalem, qui s’affiche à l’encre claire sur un magnifique papier bleu roi. Il y en a bien d’autres mais, proximité oblige, on s’est focalisé sur les travaux parlant de la région lausannoise.

Le cadre très libre de ces projets universitaires a permis aux étudiants de présenter des idées originales. C’est le cas notamment de cet immeuble d’habitations planté sur une bretelle d’autoroute de Lutry, qui invite à réfléchir à l’utilité de certains tronçons rattrapés par l’urbanisation. Et puis il y a cette plateforme qui s’offre une part d’utopie en proposant du cinéma de plein air, du tennis en toiture et un incubateur pour les start-up, tout cela juste à côté de la gare de Lausanne.

Avec plus de cent nationalités différentes, la population de l’EPFL permet aussi d’amener des regards neufs sur la ville. C’est le cas de ces deux étudiants, tombés un peu par hasard sur la Vallée de la Jeunesse et qui jaugent la nécessité de la remettre en valeur, de lui rendre une visibilité perdue dans les constructions disparates réalisées depuis l’Expo 64. Bref, le parcours de ces projets est inspirant et «24 heures» a choisi d’en présenter quelques-uns. Le reste est à découvrir à l’EPFL jusqu’au 23 juillet.


L’architecture au service des démunis

Outre des lits pour une soixantaine de sans abris, le projet de Thomas Lutz leur promet des activités de jour.

Où vais-je dormir, me doucher, me nourrir? Ces besoins sont une incertitude quotidienne pour les personnes sans abri. Et c’est à ces SDF que Thomas Lutz a consacré son travail de master, afin de leur offrir un toit – avant tout – mais pas seulement. «J’aimerais pouvoir changer le système de logements d’urgence lausannois», déclare-t-il. Thomas Lutz a d’ailleurs prévu de présenter son projet aux autorités publiques. En effet, il le verrait bien s’implanter sur l’ancien terrain de football du FC Renens, en remplacement du Sleep-In promis à la destruction.

Thomas Lutz est parti du principe du «housing first», qui veut que le simple fait d’avoir un toit permet déjà aux nécessiteux d’améliorer leur état, psychologique notamment. Il a conçu un bâtiment de briques rouges qui n’offrirait pas seulement un lit pour une soixantaine de nécessiteux, mais également un espace de stockage pour leurs affaires. «S’il manque des logements, il manque aussi des activités pour ces personnes», dit-il. Ainsi, les abords de son projet seraient constitués d’un parc permettant différentes occupations, à commencer par l’entretien du parc lui-même. Des salles de cours, un café, un petit marché et des arbres fruitiers permettraient, entre autres, d’offrir la possibilité de changer le regard que posent les SDF sur eux-mêmes en les aidant à remettre le pied à l’étrier. «Ils ont tous des qualités, ils savent faire des choses», dit l’étudiant, qui localise son projet à proximité de l’ECAL et d’une autre école. Un atout pour Thomas Lutz, convaincu que ce voisinage peut bénéficier à tous: «Les SDF ont des histoires fantastiques à raconter. Les côtoyer permet aussi de changer le regard qu’on porte sur eux.»


Un «geste fort» pour une vraie plateforme de bain à Ouchy

Avec un diamètre de 110 mètres, la plateforme de Ricardo Silva Aguiar offrirait autant une balade sur le lac que la possibilité de s’y baigner. Avec en prime un jardin subaquatique susceptible de filtrer l’eau.

«En ce qui concerne la baignade dans le lac, Lausanne a du retard sur bien des villes de Suisse.» Le constat de Ricardo Silva Aguiar, fondé sur le recensement des accès à l’eau, est sans appel. Si le quai de Belgique a été le premier lieu de baignade à Ouchy, cette partie du territoire lausannois n’a pas vu passer un maillot depuis belle lurette. «Le bain s’est déplacé à l’ouest de la commune», constate le jeune homme. La création de la piscine de Bellerive, la plage du Bourget et, plus récemment, la Jetée de la Compagnie illustrent son propos. Ce projet de master envisage donc les moyens de rendre les rives du lac plus accessibles au public.

Cette ambition passe par un lien, au travers de promenades continues, entre les différents espaces de détente, ainsi que par des aménagements permettant le bain, été comme hiver.

Mais le geste le plus marquant de son travail est sans conteste le rond de 110 mètres de diamètre dessiné à l’emplacement qu’occupait le bateau Helvétie, devant le Musée olympique. «La Ville va créer une zone de baignade à côté, au Vieux-Port, mais ce projet manque d’audace, estime Ricardo Silva Aguiar. L’est de la rive lausannoise mérite un geste fort car elle a été trop peu utilisée.» Ainsi, le cercle qu’il a imaginé propose autant une balade sur le lac que la possibilité d’une baignade, grâce à différents niveaux. Campée sur des pieux, cette plateforme à double usage bénéficierait aussi d’un travail subaquatique, avec la plantation d’une végétation susceptible de purifier l’eau, comme cela se fait dans certaines piscines. «L’accès à l’eau est un enjeu qui a un impact sur la qualité de vie», assène l’étudiant.


J’habite sur une autoroute

Avec une construction de 800 mètres, Cédric Wehrle propose d’investir la bretelle autoroutière de Lutry.

Que dire de ces autoroutes qui, situées en campagne lors de leur construction, sont aujourd’hui rattrapées par l’urbanisation? C’est à cette question que s’est attaqué Cédric Wehrle en faisant le tour du réseau autoroutier de Suisse. Et son constat débouche sur l’identification de huit tronçons. Entourés d’habitations, ils se caractérisent surtout par le fait qu’ils ne sont pas complètement utiles au réseau de voies rapides, dans la mesure où ils se terminent en cul-de-sac. «C’est le cas du tronçon qui débouche sur le giratoire de la Maladière, à Lausanne», illustre Cédric Wehrle.

Mais c’est sur la commune de Lutry qu’il s’est penché. Sa bretelle de sortie est en effet un vestige du projet, abandonné depuis, d’une voie pénétrante en direction du centre-ville, la fameuse bretelle de la Perraudettaz. «La situation de cette route, sa perspective sur le lac, en fait un terrain très intéressant», dit l’étudiant. Des villas et des immeubles entourent désormais ce tronçon de route et c’est logiquement vers un projet de logements que s’est tourné Cédric Wehrle. Vivre sur l’autoroute? C’est ce qu’il a imaginé en dessinant un bâtiment serpentant sur le bitume actuel. Avec près de 800 mètres de long, la bâtisse pourrait abriter 1000 habitants dans des logements à la typologie particulière, limitée en profondeur par la largeur de la chaussée. Vu du lac, l’ensemble donnerait un mur imposant, parmi les plus longs immeubles de Suisse. «C’est un projet volontairement affirmé, assume Cédric Wehrle. Mais un programme de logements le rendrait viable économiquement.»


Retrouver la Vallée de la Jeunesse

Darine Dandan et Anouar M’Himdat veulent remettre à l’honneur les volumes créés par Michel Magnin en 1964.

Tous les Lausannois connaissent la Vallée de la Jeunesse. Elle fait partie de ces lieux où chacun y a au moins un souvenir. Mais cette évidence n’en est pas une pour les visiteurs et les nouveaux arrivants. C’est ce qu’on réalise en écoutant Darine Dandan et Anouar M’Himdat, qui ont étudié les lieux. «Nous avons été très étonnés lorsqu’on a découvert cet endroit, disent-ils. La Vallée est cachée, au milieu d’un tissu urbain qui ne la prend plus en compte, et on y arrive que si on la connaît déjà.» Et pourtant, cette coulée verte est «un réel atout pour Lausanne», estiment les deux étudiants, qui la mettent en lien avec le développement des quartiers voisins que sont Malley et Sévelin.

Leur travail de master s’applique donc à réhabiliter la Vallée en renforçant son attractivité et en clarifiant ses abords afin de la rendre plus visible. Cet objectif passe par la rénovation de l’ensemble construit par l’architecte Michel Magnin pour l’Expo 64. «Nous avons été touchés par cette œuvre, mais aussi par le destin tragique de l’architecte, dit Darine Dandan. Ces structures sont intéressantes, on n’en fait plus de pareilles, et les Lausannois y sont très attachés.» Aussi, les deux étudiants estiment-ils que cet ensemble, occupé par des fondations privées, doit être rendu au public. Création d’un lieu de restauration, d’une exposition libre font partie de leur programme. Mais les deux architectes se sont surtout employés à retrouver les espaces originaux de Michel Magnin, cloisonnés après l’exposition nationale. «Il faut que la Vallée de la Jeunesse redevienne le terrain de jeu qu’elle a été», résument-ils.


Doper les tours existantes

En y ajoutant de nouveaux volumes, les tours gagnent un appartement par étage.

Sujet sensible par excellence, les projets de construction de tours dans les agglomérations passent bien souvent en votation populaire. Pourtant, les tours d’habitation ont fleuri dans les Trente Glorieuses. Sébastien Rouge en a recensé plus de 600 en Suisse. «Elles atteignent un âge qui nécessite de les rénover, dit-il. Pourtant, les travaux qu’on entreprend ne concernent en général que l’isolation extérieure.»

Son travail de diplôme s’est alors concentré sur les trois tours de Malley, à Lausanne. Le résultat explore le potentiel qu’offrent les tours existantes. Parce qu’elles sont déjà implantées dans le paysage, leur extension pourrait être plus facilement acceptée que la construction d’une nouvelle tour. L’étudiant a élaboré trois scénarios, allant du plus timide au plus ambitieux.

Inscrit à l’inventaire fédéral ISOS, l’ensemble construit dans les années 60 à Malley devrait en principe demeurer en l’état. L’assemblée des copropriétaires a d’ailleurs refusé, l’an dernier, un projet de rénovation de la façade et la mise aux normes de leurs bâtiments. Sébastien Rouge propose ainsi une rénovation «réaliste» de ces trois objets, comprenant l’isolation des façades et le redécoupage des appartements pour les adapter aux modes de vie actuels.

Son deuxième scénario consiste à ajouter cinq étages à ces tours de 50 mètres. «C’est un peu provocateur mais ces tours ont une posture d’entrée de ville et, lorsqu’on passe dans les rues voisines, ont ne les voit pas tant que cela», juge l’étudiant. Son troisième scénario, Sébastien Rouge le juge lui-même «extrême». En dopant le volume des tours, il leur donne une nouvelle forme en ajoutant l’équivalent d’un nouvel appartement par étage. De quoi densifier radicalement des parcelles, sans grignoter de nouvelles portions de territoire.


Mélange des genres à la gare

Un tennis à la gare? Grégory Devaud y a pensé, au sommet de sa plateforme multi-usages.

Alors que la gare de Lausanne s’apprête à vivre sa grande mutation, avec un budget de 1 milliard, il est un lieu tout proche qui a retenu l’attention de Grégory Devaud. Il s’agit du vaste espace composé de l’ancien centre des services postaux.

«Cet espace est aujourd’hui un véritable non-lieu au centre de la ville», dit-il. L’étudiant a alors imaginé ce que cet endroit pourrait être, sachant que son projet devait jongler entre la future place de la Gare et certains immeubles voisins d’époques différentes. L’un d’eux, dessiné par l’architecte Alphonse Laverrière, a dû être considéré comme impossible à raser.

Le résultat fait place à une part de rêve au travers d’une plateforme regroupant plusieurs niveaux, mêlant des programmes divers sans liens directs. «Le rez-de-chaussée se présente comme une continuité de la place de la Gare, qui sera largement piétonne», explique Grégory Devaud. Une énorme rampe rouge embarque le passant dans les étages, qui côtoient aussi bien des espaces modulables dédiés à des start-up que des installations sportives.

Du tennis en toiture, des tables de ping-pong ou des gradins offrant un cinéma de plein air, mais aussi une petite tour dominant l’ensemble: un belvédère permettant d’admirer une bonne partie de l’agglomération. «Le principe que j’ai voulu explorer est celui de la flexibilité, ou de l’instabilité programmatique», souligne l’étudiant, bien conscient que les propriétaires des lieux ont d’autres projets de développement pour cet espace.


Trait d’union entre Sévelin et le Flon

Que faire de l’espace laissé par un éventuel abandon de la caserne de pompiers? Etienne Moulin propose de lier des logements au pont Chauderon.

Au plus fort de la crise du logement, il y a quelques années, le Conseil communal de Lausanne avait eu l’occasion de se poser la question de la création de logements sous le pont Chauderon. Celui-ci forme une sorte de frontière entre le quartier du Flon et celui de Sévelin-Sébeillon. Pour son travail de diplôme, Etienne Moulin s’est lui aussi penché sur cet axe. «La Ville possède encore des friches urbaines qui peuvent être mises en valeur par du logement», constate-t-il. Au pied du pont Chauderon, 2 hectares de terrain sont en effet occupés par la caserne de pompiers et le parc de l’Eracom, dont le bâtiment n’occupe que 10% de l’espace. Or on sait que les réflexions sont en cours depuis des années concernant l’emplacement de cette caserne.

Etienne Moulin a donc imaginé un ensemble de quatre bâtiments – 300 appartements – formant une coursive le long de la vallée du Flon, de part et d’autre du pont. Et puisque, à Lausanne, on «vit dans la pente», son projet revisite cette caractéristique en intégrant le pont aux quatre immeubles, qui forment autant d’ascenseurs entre le bas et le haut. Outre ce lien vertical, l’alignement des constructions forme également un lien entre le quartier du Flon et celui de Sévelin, dont le développement est en cours. «Ce serait aussi une manière de réhabiliter le pont Chauderon, qui a été fortement remblayé par le passé», dit Etienne Moulin. Son étude aborde un thème d’avenir pour cet endroit de la ville. La question se posera concrètement lorsque les autorités auront décidé si la caserne de pompiers doit y rester.


Le palais du sexe

«Eropolis», c’est le nom du projet de Mathilde Berner et Léa Gauchoux. En imaginant un «palais du sexe et de l’amour» implanté au cœur du quartier de Sévelin, les deux étudiantes jouent-elles la provocation? C’est tout le contraire. Les deux femmes ont un point de vue militant, questionnant la place de la prostitution dans la société. Elles ont d’ailleurs collaboré avec l’Association Fleur de Pavé pour leur projet, qui vise à donner un espace adapté au travail du sexe. «Nous le présentons comme une critique du consumérisme de l’acte sexuel, rapide et caché», explique Mathilde Berner.

Les deux étudiantes ont donc imaginé un immeuble doté d’un rez-de-chaussée relativement public. «Plus on monte dans les étages, plus on est coupés du monde extérieur», présentent-elles. Des aménagements tels que des bains sont censés donner un rythme plus lent au passage à l’acte.

Pour ses auteures, le projet devrait être géré par la collectivité publique, afin d’éviter qu’il ne soit un Eros Center de plus, à la manière de ceux qui émergent notamment en Belgique. «Ceux-là sont justement construits en dehors des villes, ce qui stigmatise une fois encore le travail du sexe», dit Mathilde Berner.

Les deux jeunes militantes estiment que si la prostitution ne disparaît jamais, autant qu’elle s’exerce en cohabitation avec le reste de la cité.

Créé: 17.07.2019, 06h58

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