Des étudiants dénoncent le zèle du service de sécurité

UNILDes associations estudiantines affirment que l’institution les empêche de distribuer des tracts. L’alma mater s’étonne et dément.

Image: Sebastien Anex

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Plusieurs associations d’étudiants de l’Université de Lausanne (UNIL) sont en colère. Dans une lettre ouverte adressée à la direction de l’institution, elles dénoncent «les intimidations récurrentes» du service de sécurité de l’Université.

«Ces derniers mois, plusieurs membres de la communauté universitaire ont été pris à partie par le service de sécurité de l’UNIL (UniSEP), les sommant de cesser toute distribution, leur demandant de produire des pièces d’identité, photographiant le matériel distribué et les menaçant de sanctions, par exemple financières. Nous considérons que ces interventions constituent une atteinte à la liberté d’expression sur le campus et demandons que ces pratiques cessent», écrivent les associations cosignataires.

Méthodes «aussi musclées que déplacées»

On en compte sept, dont SUD Étudiant-e-s et Précaires, représenté par Vigen Kühni, qui développe, exemple à l’appui. «La situation s’est dégradée le semestre dernier. Nous distribuions des tracts, comme nous le faisons depuis plus de cinq ans, lorsque le service de sécurité de l’Université est intervenu de façon très virulente. Ils ont relevé nos identités, ont pris nos tracts et nous ont dit de partir», assure l’étudiant, qui s’insurge contre des méthodes «aussi musclées que déplacées».

Fustigeant ces procédés «indignes d’un lieu qui prône la diversité des pensées et la liberté d’expression», Vigen Kühni déplore que l’université empêche la distribution de tracts et mette des bâtons dans les roues des syndicats qui veulent atteindre leurs syndiqués. «L’université demande de connaître les actions qui seront menées en amont. L’institution met également en avant le fait que la distribution de tracts peut causer des nuisances et générer des déchets que l’on retrouve par terre, mais l’argument est fallacieux. En réalité, l’UNIL veut contrôler tout ce qui se passe sur le campus.»

«Pas de veille préventive»

La direction de l’alma mater a découvert la lettre ouverte mardi matin. À sa lecture, Benoît Frund, vice-recteur durabilité et campus, ne cache pas son étonnement. «Nous avons en effet été assez surpris et nous rencontrerons volontiers les signataires pour clarifier les choses», lance d’emblée le responsable, qui l’assure: «Il n’y a pas de mot d’ordre ni d’instruction de la part de la direction de l’UNIL pour empêcher la distribution de tracts ni pour restreindre quoi que ce soit.»

Affirmant encore que «l’université n’empêchera jamais les idées de circuler sur le campus», le vice-recteur explique que lorsque le service de sécurité intervient, il ne s’agit pas forcément d’une instruction de la direction. «Pour garantir le vivre-ensemble au sein d’une communauté de près de 18'000 personnes, il faut des règles. Si des gens se sentent importunés, ils appellent le service de sécurité, qui intervient pour voir ce qui se passe. Il n’y a aucune veille préventive du service. S’ils agissent, c’est que quelqu’un s’est plaint et qu’on les a appelés. Nous autorisons la distribution de tracts pour la communauté de l’UNIL. Pour les gens de l’extérieur, nous sommes un peu plus restrictifs.»

Créé: 05.03.2019, 19h08

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