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Faut-il taxer les surfaces commerciales vides?

La Municipalité de Lausanne étudiera cette proposition du président du PS, Denis Corboz.

La surface commerciale de 1300 m2 située à l’angle du Grand-Pont et du Grand-Chêne est restée vide pendant près de trois ans. La chaîne américaine Five Guys est sur le point de s'y installer.
La surface commerciale de 1300 m2 située à l’angle du Grand-Pont et du Grand-Chêne est restée vide pendant près de trois ans. La chaîne américaine Five Guys est sur le point de s'y installer.

Il y a deux ans, Denis Corboz (PS), se désolait, comme nombre de ses collègues de tous bords, de voir des surfaces commerciales vides au centre-ville de Lausanne. Il déposait alors un postulat visant à taxer les surfaces vacantes.

De quoi constituer un terreau idéal pour une passe d'armes gauche-droite des plus classiques au Conseil Communal, mardi soir. A droite, les défenseurs des commerçants, PLR en tête, s'étranglent à l'idée de taxer les propriétaires de locaux. Le chef de groupe, Matthieu Carrel, a largement développé les multiples raisons qui constituent l'opposition de son camp.

Le vide juridique, d'abord. Comment assurer une contre-prestation de la Ville en échange de la taxe qui serait perçue? «En plus, c'est contre-intuitif de vouloir dynamiser quoi que ce soit en faisant une nouvelle taxe», résume-t-il. Il estime aussi qu'il n'est pas prouvé que les vacances soient dues à «un marché dysfonctionnel». Ou encore que le nombre de locaux vacants soit en train d'augmenter et non pas de diminuer. Il a aussi demandé ce que coûterait une telle taxe à la Ville, elle qui possède quelques illustres et grands locaux vides.

Valentin Christe, membre du Parti libéral conservateur, est lui aussi opposé à cette hypothétique taxe. Il a notamment rappelé que l'ouverture très récente d'un fast-food dans des murs restés longtemps vides provoque pétition et grogne. Notamment à gauche, favorable à cette taxe. Il a parlé d'une démarche qui fait figure de «caricature» du PS. «Quand il y a des difficultés dans un secteur on taxe, puis il y a difficultés alors on subventionne.»

Des questions pratiques se posent aussi, dit la droite. A partir de quand taxe-t-on? Quelle zone de la ville ciblera-t-on? Le PLR Guy Gaudard a lui proposé qu'on favorise plutôt ceux qui s'installent en leur offrant une prime s'ils signent un bail de trois ans.

Denis Corboz a défendu son projet, «simple» à ses yeux. Il a reconnu que l'idée n'était «pas la panacée» dans cette vaste problématique. Il dit imaginer une taxe «progressive» dont les modalités seraient encore à déterminer. Pour ce qui est du lieu, le socialiste estime qu'il est évident que seul l'«hypercentre» de Lausanne serait concerné. Il a enfin rappelé que si les causes d'une vacance peuvent être multiples, un loyer trop élevé en est souvent une. Et que sa taxe se veut en ce sens «incitative». Il a conclu en indiquant que le produit de cette taxe pourrait être versé au service de la promotion économique de la Ville. C'est en tout cas ce que permet la loi sur les impôts communaux, dit-il.

La Municipalité doit désormais étudier la question.

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