Les élèves menacent de boycotter leur cantine et font plier les responsables

EchallensLe Conseil des délégués de l'établissement des Trois Sapins a obtenu des améliorations de quantité et une étude des prix

Simona Krsteva et Jessica Santos, respectivement présidente et vice-présidente du Conseil des délégués des classes de l’établissement secondaire Echallens Trois Sapins, ont mené la fronde pour obtenir une amélioration de la qualité et de la quantité de la nourriture servie au réfectoire.

Simona Krsteva et Jessica Santos, respectivement présidente et vice-présidente du Conseil des délégués des classes de l’établissement secondaire Echallens Trois Sapins, ont mené la fronde pour obtenir une amélioration de la qualité et de la quantité de la nourriture servie au réfectoire. Image: Florian Cella

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Ce n’était pas facile de parler face à des adultes. On avait même peur de se créer des problèmes. Mais finalement, on est très content d’avoir réussi à faire changer quelque chose.» Sans s’en rendre compte, les délégués des classes de l’établissement secondaire Échallens Trois Sapins et leur présidente Simona Krsteva viennent de s’offrir une jolie leçon de civisme: récolte des doléances de leurs camarades, courrier aux responsables, menace de boycott et, enfin, rencontre avec les décideurs débouchant sur des améliorations.

Réfectoire scolaire en cause

À la base de leur action, un mécontentement au sujet de la nourriture servie au réfectoire: tant en matière de quantité, de qualité que de prix. «Le sujet revient régulièrement depuis la création du conseil il y a trois ans, explique la présidente. Nous avions déjà écrit à la direction, qui aurait dû transmettre à l’association scolaire, mais d’après ce qu’on nous a dit, cela n’a pas été fait.»

Toujours est-il que face à l’absence de réponse, le conseil a décidé d’organiser un boycott. Il devait avoir lieu cette semaine, par surprise. Et tout était organisé; même l’achat de nourriture et de boissons de substitution par des classes devant encore récolter des fonds pour leur voyage d’études. Mais le projet a été abandonné à la dernière minute. «Nous avons réalisé que si nous boycottions le réfectoire par surprise, il faudrait jeter la nourriture. Alors nous avons décidé d’avertir le restaurateur qu’une action se préparait.»

Leur courrier a été lu très attentivement cette fois: plusieurs responsables de la société SV Restaurant et de l’Association scolaire intercommunale (ASIRE) se sont déplacés mardi à Échallens pour rencontrer les élèves. «On a l’impression d’avoir été entendu», appréciait d’ailleurs Simona Krsteva au sortir de la réunion.

Selon elle, les responsables ont promis de réétudier le prix des sandwiches (Ndlr: entre 6 fr. et 7 fr. 20 actuellement) et de chercher pourquoi il n’y a souvent plus aucun menu disponible à partir de 12 h 30.

Corrections à apporter

La séance a aussi permis d’éclaircir certains points. Comme le fait que les élèves ont bien le droit de se resservir de légumes et de féculents, et qu’a contrario les quelques enseignants qui dépassaient dans les files d’attente n’auront plus le droit de le faire. Enfin et surtout, le Conseil des délégués sera désormais considéré comme un interlocuteur. «Nous trouvons légitime qu’ils puissent s’exprimer, assure la porte-parole de SV Suisse, Manuela Stockmeyer. Nous attendons plus d’informations de leur part ces prochains jours afin de répondre à leurs attentes de manière adéquate. Notre objectif est d’avoir des clients satisfaits.»

Du côté de l’ASIRE, le directeur Jean-Michel Jacquemet constate que cette histoire met surtout le doigt sur des lacunes de communication. «Je ne peux que féliciter les élèves pour leurs démarches. En tant que responsables de la restauration, nous avons besoin que les informations remontent.» Et de glisser que dans les autres établissements de l’association, les services de SV Restaurant ne suscitent, a priori, pas de critiques.

Quant à la présidente du Conseil des délégués Simona Krsteva, qui pour la petite histoire se verrait bien devenir avocate, elle savoure doublement sa «victoire». Pour une raison particulière: «Pour la première fois, les postes de président, vice-président et secrétaire du conseil sont tous tenus par des filles. Nous avons donc réussi là où les garçons ont échoué.» (24 heures)

Créé: 23.05.2018, 07h30

Articles en relation

Les gymnasiens se réchauffent avec de la soupe

Payerne Deux cents litres de potage aux légumes ont été mitonnés pour les étudiants du gymnase broyard. Leur cantinier a fait faillite. Plus...

La garderie a banni le pangasius, les raviolis en boîte et la purée en flocons

Alimentation A Yverdon, Mathieu Neukomm applique à la lettre les principes de la cuisine locale et de saison défendus par le Canton. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.