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La ferme du campus sera durable et biodynamique

L’UNIL et l’EPFL ont confié l’exploitation de 7 hectares à un jeune collectif mêlant agriculteurs et ingénieurs.

En plus de la production de céréales et de légumes, l’exploitation reposera sur un cheptel de brebis.
En plus de la production de céréales et de légumes, l’exploitation reposera sur un cheptel de brebis.
CHANTAL DERVEY

L’EPFL et l’Université de Lausanne ont un domaine agricole et il sera désormais 100% durable. Après une mise au concours, les deux hautes écoles viennent de choisir un collectif de sept jeunes agriculteurs et ingénieurs agronomes pour gérer la Ferme de Bassenges. Jusqu’en 2017, celle-ci était gérée par un agriculteur du cru, disparu depuis.

Le cadre était déjà unique, puisque la vieille maison du XVIIIe siècle, sa grange et sa maison vigneronne ont une vue imprenable sur le très moderne SwissTech Convention Center en bordure du campus de l’EPFL. Désormais, le domaine entrera dans une nouvelle ère, en passant notamment au bio et même à la biodynamie.

Avec seulement 7 hectares de terres, le domaine a beau être petit, il n’est en pas moins ambitieux et se pose en «microferme agroforestière de polyculture-élevage». Autrement dit, la Ferme de Bassenges multipliera les techniques agricoles, ce qui devrait lui permettre d’atteindre un objectif: «Nous voulons tendre vers un fonctionnement en circuit fermé. Cela veut dire par exemple que nous produirons notre propre compost et notre propre fumier sans les faire venir de l’extérieur», explique Mélodi Binay, l’un des membres du collectif.

Techniques ancestrales

En plus de la production de céréales et de légumes, l’exploitation reposera sur un cheptel de brebis, qui a déjà pris ses quartiers, et accueillera bientôt des cochons, des poules et même deux chevaux de trait. Chacun aura son rôle. «Les chevaux participeront aussi à notre autosuffisance, car nous pourrons nous passer de machines que nous n’avons de toute façon pas les moyens d’acheter», détaille Baptiste Calliari, le maraîcher du groupe. Technique ancienne s’il en est, la traction animale a en plus un avantage écologique: «Le tassement des terres causé par les machines agricoles est un gros enjeu aujourd’hui, ajoute Mélodi Binay. Les chevaux ont moins d’impact, ce qui permet de ramener de la biodiversité dans les sols.»

«On se réapproprie des techniques anciennes en les associant aux connaissances scientifiques d’aujourd’hui»Baptiste Calliari, maraîcher

La Ferme de Bassenges se mettra également à l’agroforesterie, une technique qui consiste à planter des lignes d’arbres entre les lignes de culture. «Cette association améliore non seulement la production, mais aussi la biodiversité», explique Baptiste Calliari, non sans préciser que ce savoir existe depuis des milliers d’années. «On fait en quelque sorte un «retour en avant». On se réapproprie des techniques anciennes en les associant aux connaissances scientifiques d’aujourd’hui. De nombreuses pratiques développées ces dernières années dans l’agriculture ont des impacts négatifs sur l’environnement. On ne garde que ce qui marche.»

Vente directe

Pour exploiter le domaine des hautes écoles, le collectif bénéficiera de certains avantages, notamment un loyer très symbolique de 1franc pour les terres et pour la ferme, où les jeunes agriculteurs habiteront désormais. En contrepartie, ils devront répondre à certaines exigences, notamment convertir l’exploitation au bio. Le collectif ira toutefois plus loin en se mettant à la biodynamie, un mode d’agriculture basé entre autres sur les cycles de la nature.

Autre exigence de l’UNIL et de l’EPFL, la Ferme de Bassenges proposera de la vente directe, pour les usagers du campus et le reste de la population. Il devrait y avoir des produits laitiers dès le mois d’avril, issu du cheptel de brebis, puis des légumes dès le mois de juin, selon la météo.

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