Les feuilles mortes n’ont pas toutes le même destin

LausanneSur le bord des routes, les métaux lourds qu’elles contiennent les empêchent de terminer leur vie dans le compost.

Des employés du Service des parcs et domaines ramassent les feuilles mortes au parc de Montbenon.

Des employés du Service des parcs et domaines ramassent les feuilles mortes au parc de Montbenon. Image: PHILIPPE MAEDER

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Entre la mi-octobre et la mi-novembre, voire le début du mois de décembre, 267 employés de la Ville de Lausanne travaillent sans relâche. Non pas qu’ils chôment en d’autres saisons, mais l’automne n’est pas une sinécure. Cent cinquante collaborateurs du Service des parcs et domaines, le poétique SPADOM, ainsi que 117 collaborateurs du Service des routes et de la mobilité doivent en effet assurer le déblaiement des feuilles mortes sur plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés de trottoirs, des dizaines de kilomètres de routes et des hectares de parcs publics.

Lausanne la verte, dont la Municipalité a décidé de faire de la nature en ville l’une des priorités de son programme de législature 2011-2016, compte environ 8000 arbres le long de ses avenues et 80 000 dans ses parcs. Et chaque automne, ils perdent plusieurs centaines de mètres cubes de feuilles, 400 étant évacués par le seul SPADOM.

Chef de la division des sols et des végétaux, Etienne Balestra dispose dans son service de 60 souffleuses, électriques comme il se doit, indispensables pour amasser les feuilles avant leur ramassage mécanique, de deux autochargeuses, d’un aspirateur de deux mètres de large et de… l’huile de coude quand il n’est pas possible de faire autrement. «Il faut savoir que nous laissons aussi un maximum de feuilles sur place, autour des arbres notamment. Cela crée de l’humus et c’est bien plus écologique, précise-t-il. Le reste est poussé au bord des routes pour que la voirie puisse l’embarquer, alors que les feuilles tombées au cœur des parcs sont, elles, compostées pour répondre aux besoins de la Ville.» Il s’agit donc, de plus en plus, de ramasser de moins en moins.

En route pour TRIDEL

Communément appelé voirie, le Service des routes et de la mobilité, qui collabore chaque automne avec le SPADOM, n’a pas le choix: les centaines de mètres cubes de feuilles ramassées sur les trottoirs et les chaussées en huit à dix semaines de labeur contiennent trop de plomb et de goudron pour qu’on en fasse du compost. Dès lors, enlevées à l’aide des 15 balayeuses en service, de 5 porte-outils qui assurent temporairement la même fonction et autant de brosses à route, elles sont assimilées à des déchets et finissent dans le ventre brûlant de l’usine TRIDEL.

La voirie de Lausanne ne dispose pas du tonnage précis lié à la période automnale, mais relève qu’elle ramasse, au cours des huit à dix semaines concernées, un volume trois fois supérieur à celui du reste de l’année, quand 105 m3 de déchets sont traités chaque jour, pour un coût d’environ 20 millions par an. A l’automne, le cimetière de Montoie constitue à lui seul un défi: avant l’afflux de la Toussaint, le 1er novembre, la voirie doit engager trois brosses de route pendant deux jours pour en assurer le balayage.

A l’occasion de la Journée suisse de l’arbre, aujourd’hui, un séminaire réunit des spécialistes au Casino de Montbenon sur le thème «Quelle place pour l’arbre en ville?» et le Service des parcs et domaines y présentera une brochure intitulée «Les arbres à Lausanne». Il y a fort à parier que le ramassage des feuilles mortes s’invitera dans les débats.

Créé: 16.11.2015, 17h54

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