Le fidèle protecteur des animaux Samuel Debrot s’est éteint

Carnet noirLe vétérinaire dont les engagements ne laissaient personne indifférent est décédé la semaine dernière à 88 ans.

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La nouvelle a pris tout le monde de court mercredi après-midi au Refuge Sainte-Catherine, au Chalet-à-Gobet. Le fondateur de l’institution, son âme et son pilier, le professeur Samuel Debrot est décédé, dans sa 89e année. Même s’il avait pris sa «retraite» en février 2011 pour des raisons de santé et quitté la présidence de la Société vaudoise pour la protection des animaux (SVPA), il passait régulièrement au refuge et y prodiguait ses conseils. La semaine dernière encore, il travaillait à la rédaction du Courrier des bêtes, le journal de la SVPA.

«Il faut avoir de la reconnaissance pour son travail inlassable pour la protection des animaux», souligne Jean-Marie Surer, député et vétérinaire à Bière, qui a été son élève à l’Université de Berne où il enseignait l’hygiène des viandes, sa seconde passion. «C’était un prof extraordinaire, très méthodique, qui a marqué toute une génération des vétérinaires romands.»

Pionnier de la cause animale, Samuel Debrot avait «des convictions profondes qu’il défendait avec vigueur, souligne Alain Zwygart, administrateur du Refuge Sainte-Catherine du Chalet-à-Gobet. En avance sur son temps, il avait une vision de la protection animale.»

Dans les années 1950 il a ainsi contribué à l’élaboration de la première loi cantonale pour la protection des animaux, un texte précurseur en Suisse.

Opposé à l'abattage rituel

Homme de conviction, Samuel Debrot s’est engagé avec force dans de nombreux combats au point de s’attirer les foudres de ces détracteurs. Il n’aimait pas vraiment les chasseurs, ni les spectacles avec des animaux ou les zoos et ne se privait pas de le dire. Soucieux des souffrances des animaux, il s’est opposé à l’abattage rituel et s’est engagé pour l’introduction d’un avocat des animaux en 2011.

Un accident de cheval, à la fin de ses études, l’a contraint à renoncer à l’école d’officier et à devenir vétérinaire de campagne. Il s’est consacré alors à l’hygiène des viandes et a formé ceux qui doivent inspecter les abattoirs. La même année, en 1966, il a pris la tête des abattoirs de Lausanne et de la SVPA. Contradictoires à première vue, ces deux mandats témoignent d’un souci constant de l’animal, jusque dans la manière dont il est abattu. «Il s’est donné totalement à ces deux causes, avec abnégation et de façon désintéressée», relève Jean-Marie Surer.

Sainte-Catherine

Son grand œuvre, c’est bien sûr le Refuge Sainte-Catherine de la SVPA, inauguré en 1968 et qui accueille encore aujourd’hui des milliers de chats et de chats abandonnés. Mais son plus grand plaisir aura été de pouvoir inaugurer un jardin du souvenir et un crématorium pour les animaux à Vidy en 2011. «Il chérissait ces projets, souligne Alain Zwygart, estimant qu’on devait leur offrir une fin digne.»

Guy Herbez, qui a repris son cabinet privé d’Epalinges et œuvre aussi comme vétérinaire au refuge, rappelle l’humanité et la générosité de Samuel Debrot. «Autant à la SVPA qu’au cabinet, il s’est beaucoup occupé des animaux de personnes qui n’avaient pas les moyens de payer les consultations. Il était aussi très à l’écoute des propriétaires d’animaux, mais aussi de tous ceux qui travaillaient avec lui.» Samuel Debrot était en revanche très secret sur sa vie privée, sa famille et ses enfants. Au point de désirer que ses obsèques se déroulent dans la plus stricte intimité.

Créé: 08.08.2013, 07h11

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