Flambée de réactions contre une tour à Renens

UrbanismeUne dérogation est demandée à la commune pour bâtir un immeuble de 47 mètres. Une centaine de riverains fait bloc.

L’immeuble de 12 étages doit se dresser sur une ancienne friche industrielle, dont l’un des bâtiments abritait autrefois les Imprimeries Réunies de Lausanne.

L’immeuble de 12 étages doit se dresser sur une ancienne friche industrielle, dont l’un des bâtiments abritait autrefois les Imprimeries Réunies de Lausanne. Image: Architram

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Parmi les projets immobiliers qui émaillent Renens, en voici un qui est resté plutôt discret jusqu’ici. Pourtant, s’il passe la rampe, il sera difficile de ne pas le remarquer dans le paysage. Une mise à l’enquête s’est achevée la semaine dernière pour un bâtiment qui pourrait culminer à près de 47 mètres au-dessus de la rue de Lausanne. Une perspective qui ne ravit pas tous les riverains: au total, 105 personnes ont signé 19 oppositions à la demande de permis de construire.

Signe particulier, le propriétaire du terrain n’est autre le Groupe Orllati, bien connu dans le secteur de la construction dans le canton de Vaud, mais qui commence aussi à se faire un nom dans le secteur immobilier, en particulier dans l’Ouest lausannois. Son projet d’immeuble de 12 étages est conçu pour accueillir des bureaux et viendrait compléter ce qui est déjà une véritable zone industrielle et artisanale sur l’ancien site des Imprimeries Réunies de Lausanne.

«Déficit démocratique»

Là où le bât blesse, c’est qu’il est prévu d’implanter la tour au pied d’un quartier résidentiel en surplomb, où la vue risque de ne plus jamais être la même. «Un habitant du quartier est passé voir la mise à l’enquête, et quand on a vu de quoi il s’agissait, cela a provoqué une flambée de réactions», relate Daniel Desponds, l’un des opposants, aussi connu pour son engagement sur le thème de la surdensification au sein du Groupe d’Intérêt de Florissant.

Dans la ligne de mire des oppositions, une demande de dérogation doit permettre de construire un immeuble bien plus élevé que ce que permet le Plan d’extension partiel (PEP). Adopté par le Conseil communal en 1969, le document fixe les règles d’aménagement du site et précise en effet que la hauteur des bâtiments ne doit pas dépasser la distance qui les sépare de la parcelle voisine. «La dérogation demandée octroierait au propriétaire plus de deux fois la hauteur à laquelle il aurait droit», estime Daniel Desponds.

300 à 400 emplois

Mais il n’est pas le seul qu’un tel différentiel dérange: «Il y a un déficit démocratique, estime un autre opposant, qui préfère rester anonyme. Ce n’est pas à la Municipalité d’accorder une telle dérogation, mais bien au Conseil communal en adoptant un nouveau plan des constructions, à l’issue d’une procédure complète d’aménagement du territoire.» Les opposants craignent l’appel d’air: «D’autres propriétaires pourraient demander la même dérogation, et les immeubles pousseraient comme des champignons», s’inquiète encore Daniel Desponds.

Les constructions en hauteur n'ont pas fini de polariser. Alors pourquoi opter pour cette solution? Un précédent projet d’immeuble, plus bas mais plus massif, avait en fait déjà été mis à l’enquête il y a un an. Il a pourtant été abandonné suite à l’opposition du Service immeubles, patrimoine et logistique du Canton de Vaud (SIPAL), soucieux de préserver l’harmonie du site. «Nous avons repris l’ensemble du projet suite aux oppositions du SIPAL concernant l’intégration du bâtiment dans ce site. La hauteur et la volumétrie proposées par le nouveau projet sont le résultat de plusieurs études et discussions menées avec la Commune, les services cantonaux et les architectes», assure Robert Ischer, directeur général du Groupe Orllati. Il ajoute que la même dérogation bénéficie déjà aux autres bâtiments déjà construits sur le site. La Municipalité, quant à elle réserve encore sa décision, mais dépend pour cela de l’avis du Service du développement territorial du canton. Celui-ci ne se prononce pas, mais n’exclut pas que le PEP doive être adapté.

En attendant, l’Exécutif défend son intérêt pour le projet: «Il nous séduit, car il offre la possibilité d’accueillir des emplois sur la commune et pas seulement des logements», commente Tinetta Maystre, municipale en charge de l’Urbanisme. L’immeuble peut en effet accueillir 300 à 400 places de travail. Mais un tel projet est-il vraiment viable, alors que d’autres surfaces de bureaux attendent encore de trouver preneur dans les bâtiments voisins? Orllati Real Estate se montre confiant: «Nous sommes d’ores et déjà en discussion avec des partenaires potentiels pour tout ou partie du bâtiment», affirme Robert Ischer.

Créé: 14.11.2017, 06h51

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