Fleur de Pavé cible les abus envers les prostituées

LausanneL’association mène une campagne de sensibilisation qui passe par Saint-Laurent samedi.

L'association Fleur de Pavé veut mettre en lumière les violences et les discriminations qui touchent les travailleuses et travailleurs du sexe.

L'association Fleur de Pavé veut mettre en lumière les violences et les discriminations qui touchent les travailleuses et travailleurs du sexe. Image: Keystone

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Le panel est large. «Agressions, exclusion sociale, discrimination verbale ou encore abus de loyer», liste Sandrine Devillers, chargée de la communication de Fleur de Pavé. L’association lausannoise mène actuellement une campagne de sensibilisation sur la victimisation des travailleuses et travailleurs du sexe. Une affiche a été placardée dans le secteur de Sévelin, où s’exerce la prostitution de rue, et une action est prévue samedi à Saint-Laurent. Des interventions artistiques auront lieu à 10h, 11h, midi et 13h, des messages audio de travailleuses du sexe seront diffusés et des tracts distribués.

Parmi les slogans: «On n’achète pas un corps mais une prestation» ou «Un contrat négocié est un contrat respecté». L’objectif est de pointer du doigt les dérives observées dans la relation prostituée-client. «Il y a toujours eu des abus mais, avec la précarisation croissante des travailleuses, notamment dans la rue, il y a une forme d’encouragement. On nous rapporte des cas de clients qui ne veulent pas payer, qui outrepassent le contrat, qui vont jusqu’à la violence, dont parfois l’acte forcé.» Sont aussi concernés lorsqu’on parle d’abus: les loyers excessifs et l’exploitation sexuelle des réseaux.

«Le premier public cible de cette campagne, c’est le client potentiel, celui qui passe à Sévelin ou qui pourrait se trouver au centre-ville samedi. Plus largement, c’est un message à toute la population pour rappeler qu’il s’agit d’une activité en tant que telle et qu’il existe un cadre moral et légal qui ne permet pas de faire n’importe quoi.» Fleur de Pavé espère une prise de conscience et l’ouverture d’une réflexion «sociétale». Soutenue par FedPol, l’association n’entend pas s’arrêter là. Un dispositif destiné aux travailleuses et travailleurs du sexe est en réflexion, qui pourrait comprendre des ateliers d’autodéfense, des repas communautaires ou encore des cours de français plus accessibles.

Créé: 11.10.2019, 17h28

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